L’Autorité aéronautique camerounaise exclut la zone Europe du certificat de transport aérien délivré à Camair Co

L’Autorité aéronautique camerounaise exclut la zone Europe du certificat de transport aérien délivré à Camair Co  
Depuis quelques jours, Camair Co, la compagnie aérienne publique camerounaise, n’a plus le droit de desservir le continent européen, notamment la France qu’elle desservait jusqu’ici. Ainsi en a décidé l’Autorité aéronautique
(CCAA en anglais) camerounaise, qui a restreint le certificat de transport aérien délivré à la compagnie en excluant la zone Europe.
Cette mesure, selon Paule Assoumou Koki, DG de la CCAA, est la conséquence d’un «état d’impréparation» de la compagnie à un audit de l’AESA qui compromet les perspectives d’exploitation de Camair Co sur l’Europe. Mme Koki estime par ailleurs que les conclusions de cet audit sont susceptibles d’entamer «la crédibilité de l’ensemble de l’aviation camerounaise». Des arguments que réfute Jean Paul Nana Sandjo, Directeur général de Camair-co, pour qui la compagnie aérienne qu’il dirige n’a «enfreint aucune des lois, règles et autres textes, qui régissent l’exercice de l’aviation civile au Cameroun».
Le torchon brûle ainsi de nouveau entre Camair Co et la CCAA. En décembre 2015, un  bref conseil d’administration de la CCAA avait déjà abouti au limogeage de Pierre Tamkam, alors DG de cette institution, pour avoir refusé de délivrer des certifications aux MA 60 chinois acquis par l’Etat camerounais pour le compte de Camair Co, au prétexte que ces avions n’offraient pas toutes les garanties de sécurité.
Au demeurant, en dépit de ces nouvelles tensions entre la CCAA et Camair Co, l’on devrait être loin du scénario de décembre 2015. Ce d’autant que la décision de l’Autorité aéronautique survient quelques jours seulement après une sortie médiatique du ministre camerounais des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o, qui a dépeint une compagnie déficitaire (1,5 milliard FCfa par mois) et surendettée (35 milliards FCfa) auprès de «fournisseurs dits bloquants pour lesquels la dette est exigible à court terme, et dont le non-paiement peut à tout moment arrêter l’exploitation» de Camair Co.
Brice R. Mbodiam
Investir au Cameroun