A l’issue de sa 6ème session extraordinaire, tenue le 14 juillet 2016, le Conseil national de la communication (Cnc) suspend des organes de presse, ainsi que leurs Directeurs de publication pour les faits de manquement
à l’éthique et à la déontologie professionnelle en matière de communication sociale. C’est la quintessence du communiqué signé du 25 juillet 2016 par le président du Cnc.
Le Conseil national de la communication s’est réuni autour de son président Peter Essoka pour le compte sa 6ème session. L’organe de régulation a tablé sur dix cas de diffamation, dont huit organes de presse écrite et une chaîne de radio sont responsables. Dans un communiqué de Peter Essoka daté du 25 juillet, il ressort que une radio est incriminée. « Royal Fm » en occurrence  chaîne Fm urbaine émettant à Yaoundé et rachetée en fin 2015 par Emmanuel Noel Bissai. Le Directeur général de cette radio de proximité et le journaliste Roger Kiyek de Kiki, présentateur de l’émission « On refait l’actu« , ont été établis comme responsables de la diffusion de déclarations non justifiées de nature à porter atteinte à l’intégrité morale de Martial Valery Zang, administrateur civil principal en service au Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Le Cnc a  décidé d’infliger, d’une part,  au Directeur général de Royal Fm un avertissement et, d’autre part, a suspendu, pour une durée d’un mois de l’exercice de la profession de journaliste, Roger Kiyek pour fautes constitutives d’atteintes à l’éthique et à la déontologie professionnelle en matière de communication sociale.
Trois journaux suspendus
Parmi les quatre Directeurs de publication sanctionnés, figure Léopold Clovis Noudio. Le Directeur de publication du journal « L’épervier » écope de deux suspensions d’une durée de trois mois pour la première et d’une durée de six mois pour la seconde. S’agissant de la première affaire, L.C. Noudio est sanctionné pour avoir diffusé, dans le numéro 488 de « L’épervier » du 2 novembre 2015, des déclarations non justifiées de nature à porter atteinte à l’intégrité morale de Eletana Ayina René, intendant adjoint à la Présidence de la République. La seconde affaire qui épingle le journal « L’épervier » est l’affaire Essimi Menye, ancien Minfi, qui a requis le Cnc pour une plainte contre cet hebdomadaire au sujet du numéro 595 du 9 mai 2016. Il y avait été publié des déclarations non justifiées de nature à porter atteinte à son honorabilité.
De plus, le journal « La Tornade » écope d’une suspension de deux mois, « Ades infos regard » s’en tire avec une suspension de trois mois et « Canard libre » une suspension d’un mois. Elisabeth Meka, Maire de Akom2, Louis Richard Njock, ancien Directeur de l’hôpital régional annexe d’Edéa et Sylvestre Ngouchighe, Président Directeur général de Congelcam, sont, chacun, auteurs d’une plainte contre chacune desdites publications. Des avertissements ont été, dans la même veine,  servis aux journaux « The guardian post« , « The median » et « Essigan« . Avaient déposé des plaintes au Cnc pour attaquer, chacun, une publication Me Charles Nguini, avocat au barreau du Cameroun, Martin Belinga Eboutou, Directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République, et Elvis Ngolle Ngolle, Coordonnateur de l’Académie du Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple camerounais). Le 10ème cas, celui du journal « Kalara« , dont le Directeur de publication est Christophe Bobiokono, par ailleurs membre du Cnc, a été reporté pour la prochaine session de l’organe régulateur. En effet, le Cnc a jugé nécessaire de poursuivre ses investigations sur ce cas lié à la prolifération des dérives médiatiques à travers la publication et la diffusion récurrentes de déclarations et d’accusations non justifiées portant atteinte à l’honorabilité et à l’intégrité morale des personnes. C’est un inspecteur d’Etat, Chi Asafor Cornelius, qui est auteur de la plainte contre Bobiokono.
Serge Aimé Bikoi
lavoixdukoat.com