CAMEROUN :Sommet de l’Ua : Paul Biya encore et toujours absent

Le sommet des chefs d?Etat de la plus importante instance politique du continent africain qui se tient à Kigali, capitale rwandaise s’achève ce jour sans l’ombre du président camerounais, Paul
Biya l’un des doyens des chefs d?Etat d’Afrique. Le 27è sommet de l’Union africaine (Ua) a été ouvert ce dimanche 17 juillet 2016 dans la capitale rwandaise. Plusieurs chefs d?Etat qui comptent sur le continent prennent part à ce rendez-vous annuel dont l’enjeu principal est la succession à la présidence de la Commission, la Sud-Africaine Nkosana Dlamini Zuma. Parlant justement de cette succession trois candidats sont en lice. Il s’agit respectivement de l’Equato-guinéen, Agapito Mba Mokuy, de la Botswanaise Pelonomi Venson Moitoi, et de l’Ougandaise Speciciosa Wandira Kagibwe. Selon nos confrères de Radio France internationale (Rfi), hier dimanche 17 juillet 2016, après la cérémonie d’ouverture, un huis-clos a été observé entre les chefs d?Etat. Si rien n’a filtré de cette concertation entre dirigeants du continent, on sait que l’autre dossier à gérer au cours de ce sommet est la situation au Sud-Soudan qui a été une fois de plus le théâtre des affrontements meurtriers entre les partisans du président Salva Kiir et du vice-président Riek Machar qui ont fait de nombreux morts. Là aussi une réunion qui a regroupé un certain nombre de chefs d?Etat, autour du président tchadien Idriss Deby Itno, n’a pas affiché publiquement ses conclusions. Mais ce que l’on peut dire est que l’Union africaine risque bien d’intervenir au Sud-Soudan, notamment en déployant une force d’intervention et d’interposition dans la capitale du Sud-Soudan. Retour du Maroc à l’Ua ? Pour ce qui est de l’élection d’un nouveau président de la Commission de l’Union Africaine, selon diverses sources médiatiques contactés par Le Messager, les trois candidats retenus pour cette compétition ne font pas l’unanimité des chefs d?Etat. Du moins au cas où aucun des candidats ne sort du lot comme l’indique le règlement de l’Ua, l’élection risque bien d’être renvoyé en janvier prochain, avec l’apparition de nouvelles candidatures. A ce niveau, il se pourrait que d’autres candidatures de consensus entrent en jeu. On pense notamment à celle du Sénégalais Abdoulaye Batilly, actuel représentant du secrétaire général de l’Onu pour l’Afrique central.
 
D’autre part, on parle beaucoup du retour probable du Maroc au sein de l’Union africaine. Cela ne reste qu’une hypothèse. On sait que le Royaume chérifien avait quitté l’Oua, l’ancêtre de l’Ua, suite à l’admission de la République arabe démocratique Sahraoui (Rasd), dont le Maroc réclame être son territoire. Depuis la Rasd siège comme état d’abord à l’Oua, puis à l’Ua. Des poids lourds du continent tels que l’Algérie et l’Afrique du Sud qui soutiennent la Rasd ne sont pas prêts à accepter le vœu du Maroc de voir expulser leur allié de l’Union africaine. Il s’agit donc d’un problème diplomatique sérieux qui risque de ne pas connaître un aboutissement au cours de ce sommet de Kigali. Passeport africain En marge de ce sommet, il sera aussi question du lancement du passeport africain pour l’intégration africaine. Un sujet qui a beaucoup défendu le mandat sud-africain. Il sera aussi question de la création de la Cour africaine de Justice, pour cautionner l’idée de sortie des Etats africains du Statut de Rome qui institue la création de la Cour pénale internationale. Le Cameroun est représenté au sommet de Kigali par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella. Paul Biya, président du Cameroun, qui, avec ses 34 ans de pouvoir fait partie des doyens des chefs d?Etat africain, n’a pas cru bon d’honorer ce rendez-vous, une fois de plus. C’est pratiquement le seul chef d’Etat d’Afrique centrale absent au sommet de Kigali où les enjeux sont pourtant importants pour le continent. On sait que Paul Biya qui n’assiste que très peu au sommet des dirigeants africains sur le continent est aussi réfractaire à présenter des candidats de son pays à un poste aussi stratégique que celui de président de la Commission de l’Union africaine dont l’ancien occupant, Jean Ping défie aujourd’hui publiquement Ali Bongo Ondimba peut faire des émules.
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