Exclusif-Football : Affaire Fovu-Canon. FOVU de Baham gagne son procès au TAS et est réhabilité en première division. La CCA est-elle encore crédible? Pourquoi les décisions de la CCA font toujours problème?

cameroun,affaire,fovu,canon,sentence,tas,attendue,cameroon,CAMEROUN :: Affaire Fovu – Canon. La sentence du Tas attendue :: CAMEROON
Le TAS tranche et Fovu gagne le procès. Revenons sur le résumé de l’Affaire publié par camer-sport.be au mois d’octobre.
Après la décision de la Cca du 17 septembre dernier en faveur du Kpakum, le club de Baham a saisi la plus
haute juridiction en matière de sport au monde.
Les dirigeants et supporters de Canon de Yaoundé devront encore patienter avant d’avoir définitivement le coeur net, par rapport au contentieux qui l’oppose depuis le mois d’août à Fovu club de Baham. Saisie par Canon de Yaoundé au sujet d’une décision de la Commission des recours de la Fécafoot attribuant les points du match de la 6ème journée du dernier championnat de Ligue 1 à Fovu club de Baham, la Chambre de conciliation et d’arbitrage (Cca) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) a cassé cette décision. C’était le 17 septembre dernier, et avec la fin de la saison de la Ligue de football professionnel, l’on pensait que les débats étaient clos. C’était sans compter avec la détermination des dirigeants de Fovu club de Baham qui, convaincus qu’ils ont été condamnés à tort, ont exercé un dernier recours auprès du Tas, la sentence de la Cca de septembre leur en reconnaissant le droit.
La Chambre, « avise les parties qu’elles disposent d’un délai de vingt et un jours, à compter de la notification de la présente sentence pour se pourvoir devant le Tribunal arbitral du sport (Tas, ndlr) à Lausanne », peut-on y lire. Ils ont ainsi saisi le Tas, bien avant le 8 octobre dernier, c’est-à-dire dans ces délais. La requête de Fovu club de Baham est soutenue par un conseil de deux avocats, un Suisse et Me Kamdem Innocent dont le cabinet est à Douala. Que ce soit Serge Kamdem Kouam, le directeur général, Jean-Pierre Keunmeugne, directeur administratif et Me Kamdem Innocent, que nous avons pu contacter au téléphone hier,  tous se limitent à confirmer que leur club a déposé une requête au Tas et « dans les délais ». « Nous avons reçu des instructions de ne pas en parler, pour le moment. Moimême, je reviendrai vers vous le moment venu », nous avons confié Me Kamdem Innocent.
La jurisprudence Bikatal en 2010
Mais selon des indiscrétions, la sentence du Tas devrait tomber dans les prochains jours. Dans sa requête, Fovu club de Baham s’est appuyé sur la jurisprudence dont il a été victime en 2010 dans l’affaire Bikatal. Fovu club de Baham s’était vu retirer les points du match qui l’avait opposé cette année-là à Renaissance de Ngoumou au stade municipal de Bafoussam.
Fovu avait remporté la partie, mais son adversaire avait porté des réserves sur le joueur Bikatal, arguant qu’il avait changé son identité. Joseph Atangana, alors coach de Fovu, avait été cité comme complice pour avoir aidé le joueur dans sa besogne, parce qu’il l’avait utilisé dans son effectif dans Vogt athlétic club, un centre de formation de Yaoundé où il est le directeur technique. Fovu avait alors perdu le match par pénalité et avait été rétrogradé en Elite Two.
Fovu, selon nos informations, a déposé le procès- verbal de cette décision du Comité exécutif de la Fécafoot en 2010 (puisque l’affaire avait franchi tous les degrés de juridictions), à la demande du Tas. Cette semaine encore, le Tas a sollicité du club de Baham, un autre élément d’appréciation, pour accélérer la procédure et rendre le verdict le plus rapidement, selon nos sources.
L’objet du litige pendant devant le Tas porte sur la présence dans les rangs de Canon de Yaoundé, au cours du match querellé de la 6ème journée de Ligue 1, de Kohn Jean Calvin, licence n°940323004. Fovu avait estimé que ledit joueur n’avait pas été libéré par son ancien club, Conquérant de Mekong, (coaché par Dipita, entraîneur- adjoint de Canon ce jourlà).
Bien plus, Fovu avait argué la fraude sur l’identité du joueur, connu auparavant sous le nom Kohn Charles Raoul, et accusait Dipita, de complicité de cette infraction. « Le coach Dipita est le lien aérien entre Canon et le joueur querellé. Donc, il n’y a pas de doute pour nous. Si Canon ne reconnait pas cela, il faut qu’il explique aux gens comment ils ont fait pour que sa licence puisse exister, d’une part, et d’autre part, si le joueur provenait d’Arsenal de Yaoundé, il faut qu’ils produisent des éléments qui le prouvent ou qui le lie à Arsenal de  Yaoundé », accusait Serge Kamdem Kouam, avant la s entence du 17 septembre.
Toutes choses qui ont amené la Commission des recours à rendre le verdict du 18 août 2015, cassé plus tard par la sentence de la Cca. Du coup, Fovu club de Baham ayant terminé le championnat 14ème avec 40 points, s’est retrouvé désormais avec 38 points. Canon s’est sauvé de la relégation, tandis que Fovu prenait sa place en direction de la Ligue 2.
Sérénité dans Canon
La Cca s’était limitée simplement aux questions de procédure, estimant que Fovu club de Baham, avant la saisine de la Commissions des recours de la Fécafoot, aurait dû attaquer la décision d’homologation auprès de la Commission d’appel de la Ligue de football professionnel (Lfpc).
Bien plus, certains se sont interrogés pourquoi cette affaire n’a écalté qu’en juin, soit quatre mois après le match. Au sein de Canon de Yaoundé, l’on est bien au courant du rebondissement de cette affaire, avec la procédure de Fovu devant le Tas. « Pour le moment, nous sommes calmes. Nous nous en remettons à la justice.  Nous attendons que le droit soit dit », nous a indiqué Fabien Omboudou, le président du Conseil d’administration de Canon de Yaoundé, que nous avons joint hier. Châtelain Nkono, le coordonnateur des supporters de Canon de Yaoundé, lui, est plus explicite : « Nous n’avons pas de pression. Nous savons juste que Canon a été rétabli dans ses droits et nous ne craignons rien. Tout le monde est calme ; c’est la sérénité totale. On ne panique pas. La saisine du Tas par Fovu est un non événement pour nous, parce qu’il sera toujours débouté, nous en sommes conscients. C’est le bon droit de Fovu de saisir le Tas, pourvu que cela ait été fait dans les délais.
Quel que soit le verdict qui va suivre, nous le respecterons. Si au Tas on estime que nous n’avons pas raison, nous prendrons cela très sportivement et cela n’enlèvera rien à nos activités. Nous sommes dans une nouvelle ère. Nous avons besoin d’un nouveau Canon, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2 ».
Le TAS à rendu la décision en donnant raison à Fovu de Baham qui doit rejoindre la première division.