Exclusif-Cameroun : Marafa Hamidou Yaya sera bientôt libéré, Aucun Etat n'est au dessus de l'ONU « Procédure injustifée » victime de détention arbitraire, selon l’ONU

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Les défenseurs de Marafa Hamidou Yaya n’exultent pas encore. Pour cela, ils attendent la libération de l’ancien secrétaire général de la présidence du Cameroun, détenu au secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie à Yaoundé. Mais ils espèrent que l’avis du groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, publié jeudi 30 juin, peut ouvrir une brèche dans la cellule de M. Marafa. En novembre 2013, le même groupe de travail avait dénoncé la détention de l’homme d’affaires franco-camerounais Michel Thierry Atangana, lequel avait bénéficié d’une grâce présidentielle quelques mois plus tard, après avoir passé dix-sept années en prison.

Marafa Hamidou Yaya avait été condamné en 2012 à vingt-cinq ans d’emprisonnement. La justice l’a jugé coauteur de « détournement de deniers publics » et de « complicité intellectuelle » dans l’affaire de l’achat avorté d’un avion pour le président Paul Biya, en 2001. En mai 2016, sa peine a été réduite à vingt ans par la Cour suprême.

« Procédure injustifée »

Lors de sa dernière session, qui s’est tenue en avril, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire s’est penché sur le cas de cet ancien haut fonctionnaire camerounais. L’avis ne laisse guère de place au doute :
« Au regard des faits et des preuves présentées, le groupe de travail est convaincu que l’arrestation, la détention et la condamnation de M. Yaya ne se justifiaient pas et que son droit à un procès équitable a été sérieusement nié durant la procédure pénale à laquelle il a fait face », conclut le groupe de travail.
M. Marafa avait été arrêté le 16 avril 2012, après avoir été convoqué pour témoigner dans l’enquête préliminaire contre Jean-Marie Atangana, Yves Michel Fotso et d’autres, tous accusés de « détournement de deniers publics en coaction et complicité ». L’ancien ministre avait alors été arrêté « après avoir invoqué son droit de ne pas témoigner. » Ses avocats maintiennent qu’aucun mandat d’arrêt ne lui a été présenté, ni de raisons avancées pour son arrestation.
L’organe des Nations Unies ne se prononce pas sur le volet politique de l’affaire, en relevant que « le groupe de Travail ne peut parvenir à la conclusion que la procédure contre M. Yaya ait été motivée par ses ambitions politiques, même s’il est évident que cette procédure est injustifiée. Il ne revient pas au groupe de travail de spéculer ». Ancien haut fonctionnaire, secrétaire général de la présidence camerounaise puis ministre des travaux publics. M. Marafa a été cité comme un successeur potentiel de M. Paul Biya, président de la république du Cameroun depuis 1982, notamment dans des télégrammes diplomatiques américains révélés quelques mois avant son arrestation.
 Le Monde.fr avec AFP