La dévaluation du naira devrait booster les importations camerounaises de produits nigérians

La dévaluation du naira devrait booster les importations camerounaises de produits nigérians
Depuis le 20 juin 2016 est entrée en vigueur la dévaluation du naira, la monnaie nigériane. Ce réajustement monétaire décidé par les autorités de la première économie du continent noir, qui partage une frontière longue
d’environ 1500 Km avec le Cameroun, devrait avoir des répercussions sur les échanges commerciaux entre ces deux pays.
Déjà auréolé du statut de 2ème fournisseur du Cameroun derrière la Chine, selon les statistiques de la direction des affaires économiques du ministère des Finances ; le Nigeria, qui a fourni 13,8 et 17,9% des importations camerounaises en 2013 et 2014 (contre 14,2 et 18% pour la Chine), devrait voir ce statut se renforcer au cours des mois à venir, selon des experts.
«Au plan commercial, la dévaluation du naira pourrait se traduire par l’accroissement des importations des produits nigérians par les pays voisins comme le Cameroun», a expliqué au quotidien gouvernemental l’économiste Henri Ngoa Tabi, enseignant à la Faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université de Yaoundé II-Soa.
En effet, explique-t-il, puisque la «dévaluation diminue le prix des biens nigérians exportés en monnaie étrangère», leur «compétitivité prix sur le territoire étranger se renforce et leur consommation par l’étranger s’accroît. Les exportations s’accroissent».
A contrario, soutient la même source, à cause de cette dévaluation de la monnaie nigériane, «les exportations des pays voisins comme le Cameroun pourraient diminuer en volume, leur coût étant devenu plus important». Tout en s’empressant de préciser que ces «effets de volume ne sont pas immédiats», Henri Ngoa Tabi fait remarquer qu’en pareille circonstance, «les exportateurs étrangers, face à une dévaluation qui leur est défavorable, vont simplement réduire leur marge (prix en monnaie étrangère) de manière à maintenir le prix en naira inchangé. La compétitivité de ces produits n’en sera donc pas affectée».
BRM
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