Les déficits budgétaires des Etats de la Cemac sont passés du simple au double entre juin 2015 et juin 2016

Les déficits budgétaires des Etats de la Cemac sont passés du simple au double entre juin 2015 et juin 2016
Entre le 2ème trimestre 2015  et celui de 2016, le déficit budgétaire de l’ensemble des six Etats membres de la Cemac que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la RCA, le Tchad et la Guinée équatoriale, s’est aggravé,
puisqu’il a progressé de 3,5% à 7,9% du PIB de cet espace communautaire ; passant ainsi du simple au double sur une période d’un an.
Le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, la banque centrale commune à ces Etats, a par ailleurs révélé le 12 juillet dernier à Yaoundé, à l’occasion de sa 2ème session ordinaire de l’année 2016, que le déficit du compte courant extérieur s’est également accentué sur la même période. Mais, avec moins d’ampleur, puisqu’il a culminé à 14,8% du PIB à fin juin 2016, contre 14,4% l’année dernière.
A l’origine de cette détérioration de la trésorerie publique dans la zone Cemac, le CPM met à l’index «la persistance des effets de la chute des cours mondiaux du pétrole», dont cinq des six pays de la Cemac sont producteurs. Pour rappel, les recettes pétrolières représentent, officiellement, entre 20 et 80% des recettes budgétaires  des pays de la Cemac.
Par ailleurs, a expliqué le gouverneur de la BEAC, Lucas Abaga Nchama, qui se satisfait des ajustements faits par les Etats jusqu’ici, notamment la baisse des dépenses d’investissements dans nombre de pays ; certains projets structurants pour lesquels les gouvernants se sont engagés vis-à-vis de leurs populations continuent d’engloutir d’importants financements publics. Alors que la courbe des nouvelles recettes collectées est déclinante.
Aussi, pour faire face à cette situation, Lucas Abaga Nchama a-t-il de nouveau invité les Etats membres de la Cemac à œuvrer pour l’amélioration du climat des affaires, l’intégration régionale et, surtout, la diversification de leurs économies ; afin de ne plus être aussi dépendants de la manne pétrolière et des importations massives de produits manufacturiers provenant de l’Occident.
Brice R. Mbodiam
Agence Ecofin