Côte d’Ivoire : quel avenir pour Assi Fulgence Assi, le très populaire secrétaire général de la Fesci ?

Tribun hors pair, le secrétaire général de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire affiche ses talents de meneur sans dévoiler ses intentions politiques. 

À la fois posé et véhément, discret et médiatique, le secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), Assi Fulgence Assi – AFA, pour les intimes – s’est imposé comme l’homme qui tient tête au pouvoir, voire le fait reculer.
Le 18 juillet, les étudiants ont organisé un sit-in dans l’université Félix-Houphouët-Boigny pour protester contre la décision de l’État de les « déguerpir » de leurs logements au profit des athlètes des futurs Jeux de la francophonie, mais les choses ont violemment dégénéré avec les forces de l’ordre. Bilan : une trentaine de blessés, dont trois policiers, des véhicules incendiés et plusieurs arrestations.
À peine revenu du sommet de l’UA, qui se tenait à Kigali, le président Alassane Dramane Ouattara désamorçait l’une des plus graves crises connues par le pays depuis les événements de 2010-2011. « Les Jeux de la francophonie doivent avoir lieu ailleurs que sur le campus de Cocody », annonçait-il, tout en interdisant temporairement toute activité syndicale étudiante.
Parcours intriguant et qualités fascinantes
« Ce sont les événements qui créent les leaders, sourit Konaté Navigué, le secrétaire général de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI). AFA était inconnu dans le milieu à l’époque de Gbagbo. Aujourd’hui, il est comme un petit frère. J’admire son indépendance politique, c’est sa force, et c’est ce qui dérange. »

« On ne sait pas pour qui il roule », confirme un intime. AFA, qui entretient le mystère sur sa vie et tait son âge, s’est construit un personnage aussi trouble que séduisant. À son actif, l’étudiant en économie a déjà quelques faits d’armes. Interpellé en avril à Abidjan, après que la Fesci a entamé une grève de cinq jours pour réclamer de « meilleures conditions de vie et d’étude », le chef de la « milice pro-Gbagbo » a déjà été condamné à trois mois de prison.

Tribun hors pair aux manches toujours relevées, le « camarade » Assi Fulgence Assi a tout du parfait meneur d’hommes. Et si la Fesci n’est plus aussi puissante que lorsque Guillaume Soro (1995-1998) ou Charles Blé Goudé (1998-2000) la dirigeait, elle semble avoir retrouvé un chef.
jeuneafrique.com