RDC: cinq heures de bain de foule pour Etienne Tshisekedi lors de son retour

En RDC, Etienne Tshisekedi, l’opposant historique, est de retour à Kinshasa après deux ans d’absence. En août 2014, victime d'un malaise, il avait été évacué de la capitale congolaise par avion médicalisé. Il ne s'est pas exprimé à l'arrivée à son domicile de Limete. Trop fatigué après cinq heures de bain de foule lors de la vingtaine de kilomètres entre l'aéroport et sa maison au cours desquels le vieil opposant a tenu à saluer la population dans chaque quartier par le toit ouvrant de sa voiture.

On sentait chez les partisans d’Etienne Tshisekedi une impatience au point que, quand l’avion a atterri et que le vieil opposant n’a pas fait immédiatement son apparition, la foule à l’entrée de l’aéroport tapait sur les voitures qui essayaient de sortir en hurlant : « Mais qu’avez-vous fait de notre président ? », « Il est où ? » Finalement, ils ont pu largement en profiter. Escorté par la police, mais aussi par le service d’ordre du parti, son convoi a été assailli par les habitants de ces quartiers populaires que l’on sait favorables au vieil opposant et qui ont démontré une fois de plus la popularité de celui que l’on surnomme le Sphinx après deux années d’absence.
Etienne Tshisekedi n’a pas boudé son plaisir, sortant régulièrement par le toit ouvrant de sa voiture, créant l’hystérie chez ses partisans. La foule immobilisait chaque fois son convoi, chantant des chants en hommage au président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), mais aussi hostiles au chef de l’Etat, Joseph Kabila : « Kabila doit partir », c’est l’un des mots d’ordre de ce retour. Et pour ses partisans, le retour d’Etienne Tshisekedi ramène dans le pays l’espoir d’une alternance.
Des bougies pour le Sphinx
«Des dizaines de milliers de militants qui accompagnent le cortège depuis l'aéroport et de part et d'autres de la route, une foule plus dense encore».
28-07-2016 - Par Sonia Rolley
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Pendant cinq heures et vingt kilomètres, l’opposant a donc pu profiter de ce bain de foule et a même été accompagné, à un moment où il n’y avait plus d’électricité, par des bougies. « On allume des bougies pour Tshitshi », disaient ses partisans.
Du côté de la police, on se félicite aujourd’hui que tout se soit bien passé, en accord avec l’UDPS, et que ce retour ait pu se passer dans le calme. « Du début de l’aéroport jusqu’à destination, à la résidence de l’UDPS, nous avons sécurisé le président de l’UDPS avec tous les politiciens qui étaient à ses côtés, ainsi que ses militants. Et les unités de la police ont travaillé en étroite collaboration avec les militants de l’UDPS qui sécurisaient son président. Et jusqu’à destination, il n’y a pas eu d’incident, il n’y a pas eu de mort, il n’y a pas eu de tir. L’ordre a régné. Même s’il y a eu des provocations, nous nous sommes retenus. La police s’est retenue et on a évité de céder aux provocations », estime le général Charles Bisengimana, chef de la police nationale.
Un retour réussi pour le fils de l’opposant Félix Tshisekedi : « C’est un triomphe. Ça prouve qu’Etienne Tshisekedi est resté le même, toujours très populaire, très adulé par son peuple. C’était vraiment des moments très émouvants parce qu’il est parti pour certains à l’article de la mort, mais nous on savait, on savait qu’il a encore une mission à jouer dans ce pays, pour son pays, pour son peuple, et qu’il allait revenir. Gloire à Dieu, il est là et la lutte continue ».
Félix Tsishekedi qui rassure aussi sur l’état de son père. « Il n’est plus malade », selon lui. Et malgré son âge, Félix Tsishekedi assure que l’opposant tiendra bien meeting : « Il a l’âge qu’il a certes, il porte bien ses 84 ans bientôt. Et je ne pense pas que ça peut l’empêcher de parler ».
Par RFI