Camair Co a enregistré des pertes cumulées de 34 milliards de FCfa sur la période 2012-2014, et la situation s’aggrave

Camair Co a enregistré des pertes cumulées de 34 milliards de FCfa sur la période 2012-2014, et la situation s’aggrave
Cameroon Airlines Corporation (Camair Co), la compagnie aérienne publique camerounaise, a aligné des pertes successives de 13 milliards de francs Cfa en 2012, un peu plus de 4 milliards de francs Cfa en 2013 et 17
milliards de francs Cfa en 2014. Au total, ce transporteur aérien a perdu 34 milliards de francs Cfa sur la période 2012-2014, soit 3 ans.
Ces chiffres contenus dans le plan de relance de la compagnie, que le constructeur américain Boeing vient de soumettre au gouvernement camerounais, se sont aggravés en 2015, et devraient encore l’être davantage en cette année 2016, soutiennent des sources autorisées au sein de la compagnie aérienne.
En effet, apprend-on, depuis plusieurs mois maintenant, Camair Co peinent à garantir le service minimum, nombre des cinq aéronefs de la compagnie étant cloués au sol pour panne de moteur ou encore absence de pièces de rechange. Il y a quelques semaines, l’Autorité aéronautique locale avait dû temporairement exclure la zone Europe du certificat de transport aérien délivré à cette compagnie.
Mais, de sources proches du dossier Camair Co au sein du gouvernement, ces pertes successives s’expliquent par le type de modèle économique de la compagnie. «Les charges de la compagnie dépassent largement son chiffre d’affaires», révèle notre source. Dans le détail, apprend-on, les frais de carburant, qui doivent désormais être payés cash du fait de l’insolvabilité de l’entreprise, représentent plus de 60% du chiffre d’affaires ; contre 49% pour la redevance à verser à la Société des aéroports du Cameroun (ADC) pour les prestations d’assistance au sol. La masse salariale, quant à elle, représente 20% du chiffre d’affaires, contre 16% pour les travaux de maintenance des aéronefs. Soit plus de 140% du chiffre d’affaires de Camair Co, sans compter la dotation aux amortissements, précise notre source.
«Les passagers ne doivent plus être la seule source de revenus de Camair Co. Il faut relancer d’autres activités telles que le fret, qui génère d’importantes ressources ; internaliser la maintenance qui coûte trop cher à la compagnie lorsqu’elle est externalisée ; mettre sur pied un Centre de formation aux métiers de l’aviation doté de simulateurs, de sorte que ce centre puisse assurer la formation des employés d’autres compagnies aériennes et le recyclage des pilotes, pour lesquels les compagnies aériennes dépensent généralement beaucoup d’argent», suggère notre source.
Et de poursuivre, tout en recommandant aussi l’internalisation de l’assistance au sol des aéronefs : «le plan proposé par Boeing est articulé autour de la multiplication des avions et des destinations. Il ne sert à rien d’avoir mille avions lorsque le modèle économique même de la compagnie n’impulse pas la rentabilité».
Brice R. Mbodiam
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