Cameroun: Affaire Camair-Co, Michel Fotso revendique une gestion rigoureuse de la compagnie aérienne nationale. il dresse son bilan à la tête de la defunte Camair et répond au député Martin Oyono

 
Depuis la prison secondaire du Sed, Yves Michel Fotso, doublement condamné à perpétuité dans l’affaire Camair-Co, répond ce lundi à Martin Oyono, député du parti au pouvoir (Rdpc).
Dans une tribune intitulée « Gouvernance et CAMAIR-CO : Le choix de la guérison ou de la perfusion? », publiée par le quotidien à capitaux privés, « Émergence », le député de l'Océan (Sud), cite le nom de l’ancien dirigeant de la Cameroon Airlines comme un exemple de mauvaise gestion. Dans sa réaction reçue par KOACI.COM, ce lundi matin, Yves Michel Fotso, indique que sa gestion à la tête de Camair-Co, « n'a porté préjudice ni à la compagnie nationale, ni à l'État camerounais ». Gestion Comme preuves de sa bonne gestion, le multimilliardaire camerounais, précise que la compagnie nationale aérienne, n’a reçu aucune subvention de l’Etat, de juin 2000 à novembre 2003, contrairement aux allégations de l’élu du peuple, qui déclarait que « la Camair-Co ne cesse d'en recevoir.» «A ma prise de fonction, l’endettement global de la société était de 72 milliards FCFA et à la date de mon départ celui-ci avait été ramené à 38 milliards FCFA», Yves Michel Fotso, indique que, « la Cameroon Airlines a vu son chiffre d’affaires croître de 60 milliards de FCFA en 2001 à 92 milliards de FCFA en 2002, soit une augmentation mémorable de près de 65%. Cela n’était jamais arrivé en 30 ans d’existence de la société !!! ». 

Yves Michel Fotso  poursuit, «il n’est pas inutile de préciser à votre appréciation Honorable OYONO que c’est uniquement grâce aux recettes réellement encaissées et aux appuis financiers des sociétés du Groupe FOTSO que, dès juin 2001, tous les frais opérationnels ont été progressivement réglés en vue du redémarrage des activités d’une compagnie réduite à l’état végétatif au moment de ma nomination. » Autres éléments Yves Michel Fotso  revendique une gestion moderne et rigoureuse de la compagnie nationale aérienne sur plusieurs points.  
Les recettes financières engrangées Les pertes cumulées des quatre exercices budgétaires qui ont précédé arrivée de Fotso  à la Cameroon Airlines, soit de 1996 à 2000 s’élevaient à « -33 954 113 000 de FCFA (-Trente trois milliards neuf cent cinquante quatre millions cent treize mille FCFA ». « Pour l’exercice 2000/2001, j’ai non seulement arrêté l’hémorragie, mais j’ai réussi à inverser la tendance avec un résultat bénéficiaire de +1.963.161.000 FCFA (+Un milliard neuf cent soixante trois mille cent soixante et un mille FCFA). En ce qui concerne l’exercice 2001/2002, malgré le début d’interférence du Cabinet APM dès la mi parcours de l’exercice, et les réticences du Commissaire aux Comptes qui avait perdu sa neutralité de valider des comptes encore en amélioration, le résultat négatif a pu être limité à -2.143.713.000 FCFA (-Deux milliards cent quarante trois millions sept cent treize mille FCFA), (…) j’ai réussi à pratiquement équilibrer l’exploitation de la société et cela sans tenir compte du manque à gagner en frais financier lié à la mauvaise volonté du Ministère des Finances à mon égard qui a trouvé le moyen de cumuler jusqu’à 22 milliards de FCFA d’arriérés qui, pris au cours du refinancement auprès des banques de l’ordre de 15% l’an, aurait représenté en termes de frais financier un gain annuel potentiel de 3,3 milliards de FCFA , soit 6,6 milliards sur les deux exercices et j’aurais ainsi réalisé un bénéfice cumulé de l’ordre de 4,5 milliards de FCFA », fait valoir le richissime homme d’affaires. Il ajoute, « l’exercice 2003 n’a malheureusement pas été arrêté, car bien évidemment dès mon limogeage le 3 Novembre 2003, mon remplaçant, s’est bien gardé de maintenir à jour la comptabilité de la société, j'ai cependant reçu les félicitations du Conseil d'Administration par résolution n°04/96 du 24 janvier 2003, pour avoir ramené le découvert bancaire de 18 milliards de FCFA à moins de 7 milliards de FCFA ». 

Yves Michel Fotso, les statistiques sur le nombre de passagers transportés au moment de sa présence à la tête de la compagnie, étaient « importantes». Pour la diffusion de l’image du Cameroun, du prestige et de la crédibilité de la compagnie, «le drapeau du Cameroun n’a jamais flotté aussi haut que pendant la période courant de mi 2001 à mi 2003 », souligne l’ancien Dg de Camair-Co. Sur le plan social, le paiement des salaires des agents était régulier et leur valorisation professionnelle effective, « le personnel de la Cameroon Airlines n'a jamais déclenché de mouvement de grève durant mes quarante mois de direction ». Ajoutant, « lorsque j’arrive à la tête de la Cameroon Airlines, celle-ci est dépourvue de comptabilité depuis près de cinq (5) ans sans que cela n’émeuve personne ; et surtout pas Monsieur Emile BEKOLO, l’actuel liquidateur qui était pourtant l’un des deux associés du Cabinet PRICE WATERHOUSE COOPERS en charge du commissariat aux Comptes de la société. L’ancien DG de  Camair-Co dit avoir reçu à plusieurs reprises les félicitations de plusieurs camerounais de « bonne foi », dont des hautes personnalités et surtout de la reconnaissance du Président Directeur Général d'Air France, Monsieur Jean-Cyrill SPINETTA, au moment de son départ de Camair-Co.  

Acharnement ? 
 « Curieusement, sur le volet de la gestion et de la bonne gouvernance dans l’entreprise, tous les pourfendeurs se gardent bien de mentionner que les multiples forces centrifuges et centripètes, liguées contre ma personne aujourd’hui, ne se servent que des mesures de transparence ré instituées à la Cameroon Airlines durant mon administration pour m'accuser, alors que j’ai remédié à l'absence de baromètre de gestion indispensable pour un management moderne: au lieu d'en être félicité, voilà que cela se retourne contre moi », écrit Yves Michel Fotso. 
Il s’interroge, « comment si réellement détournement il y a eu, Yves Michel FOTSO aurait-il pu avoir détourné seul sans aucun complice plus de 69 milliards FCFA ? Comment était-il possible que le commissaire aux comptes, aujourd'hui liquidateur, ne se soit pas rendu compte du détournement d’une somme aussi colossale avant de certifier les comptes de sa gestion ? « Comment moi, Yves Michel FOTSO, seul parmi près de 1.300 agents, j'aurai pu tromper tout le monde, le Conseil d'Administration, le personnel et le commissaire aux comptes, et détourner plus de 100% du chiffre d'affaires de l'exercice 2000-2001 de la Cameroon Airlines et que ce ne soit que dix (10) ans après que l'ancien commissaire aux comptes devenu liquidateur s'en aperçoive ? » Fotso met quiconque au défit d'apporter la preuve des détournements, « je mets quiconque au défi de prouver que j'ai à un quelconque moment de ma période de gestion de la Cameroon Airlines profité du moindre avantage ou bénéficié d'un quelconque privilège par ma fonction, bien au contraire, comme vous pourrez le découvrir à la lecture de la réclamation de mes droits légaux à ce jour non payés ». La justice camerounaise reproche à Yves Michel Fotso, d’avoir distrait au moins 70 milliards de FCFA, dans le contrat d’achat de deux aéronefs, dont un devait servir aux déplacements du chef de l’Etat et dans les contrats de location d’avions. 
 Accusant la justice de son pays, d’être aux ordres, l’homme d’affaires qui avait cessé de se rendre au Tribunal criminel spécial (Tcs), a été doublement condamné à vie. Il a vu plusieurs de ses comptes gelés et ses biens confisqués. Il continue de clamer son innocence.
Armand Ougock, Yaoundé Votre Média panafricain KOACI.COM est à Yaoundé ! Une info? Appelez la rédaction camerounaise de Koaci.com, au + 237 691 15 42 77. Ou, cameroun@koaci.com. koaci