Cameroun : que sont devenus les Lions indomptables, champions olympiques en 2000 ?

Ils sont restés les stars olympiques du Cameroun, bien que leur victoire dans le tournoi des Jeux de Sydney date de seize ans. Jeune Afrique a retrouvé la trace des Lions indomptables de l’an 2000. 

Les Jeux de Rio viennent de s’achever et la délégation camerounaise est rentrée bredouille à la maison. Son compteur olympique restera donc bloqué à trois médailles d’or, une d’argent et une de bronze, depuis sa première participation en 1964.
En cette année 2016, bien que les yeux aient été tournés vers le Brésil, et notamment vers Hassan N’Dam, malheureusement sorti au premier tour du tournoi de boxe, l’olympisme était donc davantage présent dans les mémoires que dans l’actualité camerounaise. Or dans un pays où le football est roi, quel souvenir plus marquant que le titre olympique des Lions indomptables en 2000 ?
Personne n’a oublié l’épopée des Samuel Eto’o, Geremi Njitap et autres Patrick Mboma. Mais que sait-on de ce qu’ils sont devenus ? À travers l’Europe, l’Indonésie ou encore l’Arabie Saoudite, quand ce n’est pas simplement au Cameroun, Jeune Afrique est parti à la recherche des Lions indomptables de Sydney, qu’ils aient été titulaires ou remplaçants lors de la finale gagnée aux tirs au but face à l’Espagne. 

Les attaquants

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Samuel Eto’o. Il joue encore au football en Turquie à Antalyasport, après être passé par Barcelone, l’Inter Milan, Chelsea… Eto’o a lancé des écoles de football et est à la tête d’une fondation qui s’occupe des défavorisés, notamment des réfugiés du nord du Cameroun, en partenariat avec le HCR et Oxfam.
Patrick Mboma. Retraité depuis 2005, l’attaquant aux 33 buts en 56 sélections est consultant pour Canal + Afrique et passe ses diplômes d’entraîneur. Également agent sportif, un temps impliqué dans les activités de la Fecafoot, il s’est également lancé dans les affaires via la société de finances Hope Finance. Cette aventure s’est néanmoins terminée devant les tribunaux, l’entreprise faisant banqueroute.
Patrick Suffo. Il a connu la France, l’Espagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats, la Norvège, Israël et l’Angleterre, où il a terminé sa carrière. Après avoir exercé en tant qu’agent sportif (il a notamment négocié le prêt de son compatriote Jean II Makoun à l’Olympiakos, en Grèce, en 2011), il s’est reconverti dans les affaires et est aujourd’hui opérateur économique au Cameroun, dans le secteur pétrolier. Il avait auparavant travaillé pour les relations publiques d’une entreprise pétrolière en Norvège.
Albert Meyong Ze. Il est toujours en activité et joue actuellement dans le sud du Portugal, pour le club de Vitória Setúbal, qu’il avait déjà fréquenté entre 2000 et 2005 et entre 2012 et 2013. Il a également fait un passage de deux ans en Angola, au Kabuscorp. Il a joué pour les Lions indomptables jusqu’en 2009.

Les milieux

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Lauren Etamé Mayer. Après cinq saisons en Espagne, il a pris en 2000 la direction de l’Angleterre et d’Arsenal, où il est resté jusqu’en décembre 2006. Il évolue ensuite à Portsmouth jusqu’en juin 2009. Libre, Lauren s’engage en 2010 avec le Córdoba CF en deuxième division espagnole pour une demi-saison, avant de prendre sa retraite. Il travaille ensuite avec ITV4, chaîne de télévision britannique puis pour pour Sky Sports Espagne en tant que consultant. Il réside à Séville, en Espagne, depuis 2014 avec sa famille.
Geremi Njitap. Sa brillante carrière l’a emmené en Turquie, en Espagne et en Angleterre. Après le Real Madrid, Chelsea, et Newcastle United, il a évolué en Turquie une nouvelle fois puis en Grèce jusqu’en 2011. Il est aujourd’hui devenu homme d’affaires au Cameroun, notamment dans le secteur de l’immobilier. Il s’est présenté aux législatives en 2013 dans le Koung-Khi, sous la bannière du RDPC. Il a été battu.
Nicolas Alnoudji. À la suite des JO, il a évolué en Turquie, en France, en Belgique, au Portugal et à Malte. Il est rentré jouer au Cameroun en 2014 et est toujours en activité au club de Bamboutos de Mbouda.
Modeste M’Bami. L’ancien joueur du Paris Saint-Germain et de l’Olympique de Marseille est ensuite passé par l’Espagne, la Chine, l’Arabie Saoudite et la Colombie avant de rejoindre le club français du Havre. Il y évolue toujours en Ligue 2 au poste de milieu de terrain. Il a joué en sélection nationale jusqu’en 2009.
Daniel Ngom Kome. Il a arrêté à sa carrière à cause d’une arthrose au genou droit, qui lui a valu trois opérations du ménisque. Père de deux enfants de sept et huit ans, il réside à Douala et est aujourd’hui le représentant de la bière espagnole Mahou et le co-gérant de la société Future EM Sarl (sponsor officiel du football camerounais), qui en est le distributeur exclusif au Cameroun.
Joël Epalle. Après Sydney, il a pris la direction de la Grèce puis de l’Allemagne. L’ancien international camerounais est aujourd’hui entraîneur. Il a pris les rênes de Val-d’Europe en début de saison 2015. Le club évolue en division d’honneur régionale.

Les défenseurs

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Pierre Womé. Après les JO 2000, il a continué sa carrière en Italie, à Bologne, jusqu’en 2002, avant de prendre la direction de l’Angleterre, puis de l’Espagne et, enfin, de l’Allemagne, après un bref retour en Italie. En 2010, il s’est engagé avec un club gabonais avant de rentrer au Cameroun, jouant à Garoua et à Yaoundé. En 2014, Pierre Womé prend la direction de la France, où il s’engage avec le FC Chambly, club de national, puis, en 2015 avec l’Union sportive royenne, où il évolue toujours. Il a été pris dans le scandale de la société Hope Finance, qui a fait faillite, et a fait face, devant les tribunaux, à son ancien coéquipier Patrick Mboma.
Patrice Abanda. Après Sydney, il passe par la Grèce et la République tchèque (Sparta Prague, Teplice). Lors d’une visite médicale au Dynamo Kiev, un problème au foie (hépatite) lui est diagnostiqué et il met un terme à sa carrière en décembre 2005. Rentré au pays, il travaille depuis à la Caisse nationale de prévoyance sociale.  
Aaron Nguimbat. Après deux années passées au Cameroun, au Canon Yaoundé, Aaron Nguimbat quitte son pays natal pour la Lettonie et le Skonto Riga. Il est sacré à trois reprises champion de Lettonie et découvre la Ligue des champions en 2005-2006 avant de revenir, en 2005, au Cameroun, à l’Unisport Bafang. De 2007 à 2009, Nguimbat s’engage en Indonésie, avec le Sriwijaya Football Club, avant de revenir au Cameroun. Il y vit toujours et y a ouvert un magasin de vêtements.
Serge Branco. Après des passages en Allemagne, en Angleterre et en Russie, où il a connu des problèmes de racisme, il s’est engagé avec Duisbourg, en Allemagne, puis QPR, en Angleterre. Il a ensuite pris la direction d’Oman où il a remporté le championnat et la coupe en 2014. Il travaille et vit aujourd’hui à Francfort, en Allemagne.
Serge Mimpo. Il s’engage en 2000 en Grèce avec le club de l’Ethnikos Asteras où il reste trois saisons. Il rejoint ensuite la France, jouant au Paris FC de 2003 à 2009, en CFA puis en National, au FCM Aubervilliers (2011-2012) puis à l’USA Clichy. Il y entraîne toujours l’équipe réserve.
Clément Beaud. Après les JO, il a évolué en Pologne, en Lituanie, en Chine et au Portugal. Il a fait partie de l’effectif du club de Semache, en quatrième division portugaise, jusqu’en 2013. Il est marié et vit toujours au Portugal.

Les gardiens

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Carlos Kameni. Il est le seul joueur encore en activité dans la sélection nationale camerounaise. Sous contrat avec le club de Malaga en Espagne, il était encore titulaire lors de la saison 2015-2016 et s’est offert le luxe d’arrêter un penalty de Cristiano Ronaldo en février.
Daniel Bekono. Il a évolué au Canon de Yaoundé jusqu’en 2002, puis à Baham, l’année suivante. Il s’est ensuite envolé pour la Bulgarie où il a joué jusqu’en 2010, notamment au FK CSKA Sofia, avec qui il a été champion en 2010. Daniel Bekono a été licencié du club pour problèmes disciplinaires en 2010, après avoir notamment manqué plusieurs entraînements. Il vit toujours en Bulgarie.
Par Jeune Afrique