Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à la présidentielle 2017

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Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à la présidentielle 2017 dans un livre à paraître mercredi 24 août. L'ancien président de la République l’a confirmé ce lundi 22 août sur Twitter.
« J’ai décidé d’être candidat à la présidentielle de 2017. La France exige qu’on lui donne tout », écrit Nicolas Sarkozy dans ce livre de 250 pages à paraître mercredi, dont le titre – « Tout pour la France » – s’étale sur un drapeau tricolore. Ce livre est le « point de départ », indique l’ancien chef de l’Etat sur Twitter.
Ainsi, comme lorsqu'il a cherché à relancer son retour en politique, Nicolas Sarkozy passe par un ouvrage pour s'adresser aux Français, en rêvant de reproduire l'essai de « La France pour la vie », vendu à 200 000 exemplaires. Il devient le treizième candidat en lice à la primaire de la droite pour tenter, à 61 ans, de regagner le fauteuil à l'Elysée qu'il a perdu il y a un peu plus de quatre ans.
La fin d'un faux suspense
Cette annonce marque en tout cas la fin d'un faux suspense, savamment entretenu par son camp qui promettait une « rentrée tonitruante ». Des soutiens de poids l'ont rallié ces derniers jours : Gérald Darmanin et Christian Jacob. Et si l’on savait que Nicolas Sarkozy allait se présenter, son équipe a cherché à faire de ce non-événement une surprise. Tous ses proches ont gardé le mystère sur la façon et la date de cette candidature, dont seul le premier cercle était au courant. L'ex-chef de l'Etat attendait la bonne fenêtre de tir. Ce fut donc entre la fin des Jeux olympiques et la rentrée politique de ses adversaires.
On ne veut pas une primaire au rabais
Le 13e candidatRéactions à droite. 23/08/2016 - par Marine de La Moissonnière Écouter
Cette posture a été largement commentée et critiquée dans son camp, par les autres candidats à la primaire notamment. Pour eux, le futur ex-président du parti LR profitait des moyens de son parti pour des meetings qui ne disaient pas leur nom. Et si les partisans de Nicolas Sarkozy applaudissent l’annonce de cette candidature, les réactions sont plus mesurées chez les autres candidats à la primaire.
« Pas une surprise », estime ainsi le camp de François Fillon. « Zéro évènement, zéro réaction », réagit de son côté un conseiller de Nathalie Kosciusco-Morizet. A demi-mot, un proche de Bruno Le Maire craint que la campagne ne tourne désormais qu'autour des questions d'identité. « Je crois que maintenant, la compétition s'ouvre. Les choses sont plus transparentes, plus honnêtes. Nicolas Sarkozy sort de l'ambiguïté dans laquelle il était depuis plusieurs mois », estime pour sa part Hervé Mariton.
Des adversaires pas inquiets
En face, l'annonce de cette candidature ne fait pas trembler. Dans les rangs de la majorité, on lâche à demi-mots qu'on préfère affronter Nicolas Sarkozy plutôt qu'Alain Juppé. Le député socialiste Hugues Fourage, lui, attend la confrontation : « Je crois qu'à un moment donné, on va pouvoir comparer et c'est ça que le président Hollande attend : les cinq ans de Sarkozy et les cinq ans d'Hollande. Tôt ou tard, les Français feront la différence. »
Au Front national, on fait mine aussi de ne pas s'inquiéter. Pour l'eurodéputé frontiste Nicolas Bay, Nicolas Sarkozy sert même presque les intérêts du FN : « Le fait qu'il essaie de parler comme le Front national ne change rien au fait qu'une fois au pouvoir, s'il y parvenait, il mènerait une politique de gauche. Nicolas Sarkozy est d'abord discrédité par la piètre opinion que les Français ont de lui, par conséquent ce n'est pas du tout un obstacle majeur pour le Front national et Marine Le Pen », affirme-t-il.
Le début du marathon médiatique
Selon l'Agence France-Presse, Nicolas Sarkozy quittera la présidence du parti Les Républicains lundi prochain. Il avait jusqu'à jeudi pour se déclarer. D'ici là, les Unes de la presse mardi matin, le 20h de TF1 mardi soir, son livre sera dans les librairies mercredi, Un premier meeting jeudi près d'Avignon, le campus des Jeunes Républicains ce week-end au Touquet.
Et ce n'est que le début. Nicolas Sarkozy va saturer l'espace médiatique alors que ses adversaires politiques ne sont toujours pas rentrés. Le timing est parfait. Mais passé l'effet d'annonce et le teasing réussi, que va-t-il rester ? L'ex-chef de l'Etat va multiplier les déplacements, les interventions dans les médias et certainement commencer à attaquer directement ses rivaux, mais surtout essayer de les amener sur son terrain : celui de l'identité, de la sécurité. Deux thèmes qu'il maîtrise. Le contexte de menace terroriste est porteur pour l'ancien ministre de l'Intérieur.
Une inconnue pourrait venir parasiter sa stratégie : ses ennuis judiciaires. L'ancien chef de l'Etat reste mis en examen pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Paul Bismuth. Mais la première difficulté pour lui sera de regagner l'image d'un homme d'avenir, lui qui a déjà gouverné la France et s'était engagé à quitter la politique après sa défaite en 2012. Une expérience d'homme d'Etat qu'il va peut-être essayer de transformer en atout face à ses adversaires.
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