Présidentielle US: quand Donald Trump cède à la panique

Panique à tous les étages: Donald Trump a remanié pour la seconde fois son équipe de campagne.
Le candidat républicain a remanié pour la seconde fois son équipe de campagne pour tenter d'enrayer sa chute face à Hillary Clinton.   

© Copyright 2016, Challenges Panique à tous les étages: Donald Trump a remanié pour la seconde fois son équipe de campagne.
Panique à tous les étages: Donald Trump a remanié pour la seconde fois son équipe de campagne pour tenter d'enrayer sa chute face à Hillary Clinton, de plus en plus favorite du scrutin présidentiel américain de novembre. Le candidat républicain à la Maison Blanche a annoncé mercredi 17 août avoir écarté le lobbyiste qui avait pris la tête de son équipe de campagne en juin, Paul Manafort, au profit de deux conservateurs dont la mission est claire: laisser Trump faire du Trump.
Le nouveau "directeur général" s'appelle Stephen (Steve) Bannon et dirige le site d'informations conservateur Breitbart, dont il quittera la direction temporairement. Le communiqué souligne qu'il fut qualifié dans un article d'homme le plus "dangereux" de la politique américaine. Sa réputation est celle d'un homme sans concession, partisan de l'attaque à outrance.
A ses côtés est promue Kellyane Conway, une sondeuse et consultante républicaine qui conseillait Donald Trump depuis juillet et devient sa directrice de campagne. En pratique, elle se concentrera sur la communication et voyagera sur le terrain avec le candidat. "Je connais Steve et Kellyane depuis des années. Ils sont extrêmement capables et compétents, ils adorent gagner et savent comment gagner", a déclaré Donald Trump dans un communiqué.
Paul Manafort conserve son titre de "président" de l'organisation de campagne, mais sa marginalisation est actée. Lui-même avait remplacé Corey Lewandowski, le premier directeur de campagne de Donald Trump, limogé en juin, à une époque où le candidat souhaitait "présidentialiser" son image. Mais Donald Trump n'a jamais assumé ce repositionnement. Malgré l'usage occasionnel de prompteurs pour des discours programmatiques, le milliardaire populiste a continué à déraper, lors de discours ou en interviews.
La période depuis la fin juillet n'a été qu'une suite de controverses, Donald Trump appelant la Russie à récupérer des messages privés d'Hillary Clinton, s'affrontant à distance avec les parents d'un militaire américain musulman mort au combat, ou insinuant que seules les armes pourraient permettre de résister à une présidence Clinton... "Je suis qui je suis. C'est moi. Je ne veux pas changer. Tout le monde dit, oh, il va +pivoter+. Je ne veux pas pivoter", a-t-il finalement déclaré mardi à la télévision locale WKBT, dans le Wisconsin.

Stratégie déficiente

Le choix de Steve Bannon pour diriger sa campagne est le signal que Donald Trump entend revenir à ce qui a fait son succès aux primaires républicaines, contre 16 autres candidats: une parole enflammée et décapante, sans égards pour les conventions politiques.
C'est "quelqu'un qui va y aller sabre au clair, il n'hésite jamais à aller au combat et considère qu'en politique, tous les coups sont permis", a décrypté Corey Lewandowski, devenu commentateur de CNN. Le site Breitbart est une plaque tournante pour les informations anti-Hillary Clinton, et l'un des médias les plus influents de la sphère conservatrice.
Le remaniement intervient alors que Donald Trump est en chute libre dans les sondages. La démocrate est créditée de 47% des intentions de vote contre 41% en moyenne, selon le site Real Clear Politics. Aucune étude n'a placé Donald Trump en tête depuis la fin de la convention d'investiture républicaine, en juillet.
Paul Manafort, 67 ans, s'est en outre retrouvé sous les projecteurs pour ses liens avec l'ex-président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch, destitué en 2014. Selon les autorités anti-corruption ukrainiennes, son nom figurait sur une "liste noire" du parti de M. Ianoukovitch pour des versements en liquide, sans que l'on sache avec certitude s'il a touché cet argent.?
Le lobbyiste a fait carrière à l'international, conseillant des clients tels que l'ancien dictateur du Zaïre Mobuto Sese Seko ou l'ancien président philippin Ferdinand Marcos. Son nom était aussi cité dans l'affaire Karachi en France. L'espoir de Donald Trump semble également être qu'avec l'aide de Kellyane Conway, il remontera sa cote auprès des électrices. Mais ce remaniement reste le symptôme d'un problème persistant: l'absence de stratégie électorale pour élargir sa base de soutien au-delà du noyau d'électeurs des primaires, afin de battre Hillary Clinton dans les urnes.
(Avec AFP)