Zimbabwe: nouvelles manifestations contre la politique économique de Mugabe

Depuis quelques mois les manifestations anti-Mugabe se multiplient contre le président du Zimbabwe. Fait inédit : une grève générale a paralysé les écoles et les transports le 6 juillet. Les manifestations sont violemment réprimées par les services du chef d'Etat, au pouvoir depuis 36 ans.

Ces manifestations sont le résultat d'une situation économique alarmante au Zimbabwe. Mercredi 3 août, les manifestants étaient mobilisés contre le projet d'instauration de « billets d'obligation » à parité avec le dollar pour remplacer le dollar zimbabwéen qui n'est plus utilisé depuis 2009. Les protestataires ont été dispersés à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Certains opposants ont même été arrêtés par la police.
Plus globalement, c'est toute la politique économique de Robert Mugabe qui est fortement critiquée par une partie de la population. Au quotidien, les Zimbabwéens utilisent des devises étrangères pour régler leurs dépenses : le rand sud-africain ou le dollar américain par exemple. Car le dollar zimbabwéen n'est plus en circulation dans le pays. La monnaie locale s'est effondrée à la fin des années 2000. Un dollar américain valait alors 250 millions de milliards de dollars zimbabwéens.
Hyperinflation et salaires en retard
Depuis le début des années 2000, la situation économique du Zimbabwe est inquiétante : les banques manquent cruellement de liquidités, le pays souffre de l'hyperinflation et les fonctionnaires ne reçoivent plus leurs salaires à temps.
Résultat : la colère monte au Zimbabwe contre la politique économique menée par le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 36 ans. Les manifestations, autrefois rarissimes dans le pays, se multiplient ces derniers mois. Pendant la grève générale du 6 juillet, des écoles et des commerces sont restés fermés et les transports étaient paralysés.
Même les plus fidèles au président Mugabe commencent à s'élever contre lui. Symbole de cette contestation grandissante, plusieurs vétérans de l'indépendance, réputés proches du président, ont été arrêtés ces dernières semaines. Les anciens combattants ont qualifié le comportement de Robert Mugabe de « dictatorial ».
Par RFI