Exclusif-RD Congo : l’opposition appelle à poursuivre les manifestations mardi

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Dans un communiqué publié lundi dans la soirée, le Rassemblement de l'opposition appelle les Congolais à poursuivre la mobilisation pour demander la convocation des élections présidentielles dans les plus brefs
délais. La communauté internationale à quant à elle exprimé son inquiétude : hier, au moins 17 personnes ont perdu la vie en marge des rassemblements à Kinshasa.
« Compte tenu de la rupture de confiance  introduite par la violence du pouvoir et en mémoire de nos victimes innocentes (…) le Rassemblement appelle toute la population  à se rassembler dès mardi 20 septembre 2016 pour poursuivre sans désemparer les revendications ». Le communiqué, signé par le porte-parole du « Rassemblement de l’opposition« , Bruno Tshibala, fait également le bilan de la journée d’hier. Il dénombre plus de 50 morts, « victimes fauchées par des tirs à balles réelles de la police », ainsi que de nombreux blessés, et dénonce l’utilisation d’une « force disproportionnée contre une marche pacifique ».
La majorité elle, a donné un bilan officiel de 17 morts dont trois policiers et dénonce des pillages.
La manifestation de lundi, qui devait débuter à 13 heures, a été annulée et dispersée par les autorités avant même d’avoir commencé. L’opposition voulait marquer la limite constitutionnelle de la convocation des élections, 90 jours avant la fin du mandat du président Joseph Kabila. Mais en fin de matinée, des affrontements entre jeunes et policiers anti-émeute ont éclaté près du point de ralliement prévu pour la mobilisation, aux alentours de l’échangeur du quartier de Limete. Depuis, le pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité des violences.
Le siège de l’UDPS incendié
Mardi matin, le calme n’était toujours pas revenu dans la capitale congolaise d’après l’opposition qui affirme que plusieurs sièges de partis politiques ayant appelé à manifester ont été attaqués au petit matin. « Des hommes de la garde républicaine lourdement armés ont attaqué le siège de l’UDPS à Limete vers 2 heures du matin » a déclaré à Jeune Afrique Augustin Kabuya, chargé de la communication de l’UDPS, le parti d’Etienne Tshisekedi. Selon lui, le bâtiment a été incendié, faisant plusieurs morts.
Les sièges du FONUS (Forces novatrices pour l’union et la solidarité) et du MLP (Mouvement Lumumbiste Progressiste) ont également été brûlés a-t-il indiqué.
Inquiétude de la communauté internationale
Les Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis ont rapidement réagi à la suite de ces violences. Le département d’État américain s’est dit déçu par l’échec de la commission électorale (la CENI) à annoncer le calendrier électoral dans les délais, et a rappelé l’importance d’un dialogue véritablement inclusif. Il a ajouté que « les États-Unis sont prêts à imposer de nouvelles sanctions contre les responsables » des violences. De son côté l’Union européenne a appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue » et a demandé à ce que le report des élections présidentielles et législatives, qui semble aujourd’hui inévitable, « soit aussi court que possible ».
Le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-moon a quant à lui exhorté « tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s’abstenir de tout autre acte de violence ».
jeuneafrique.com