Présidentielle gabonaise: Pour la journaliste camerounaise Marie-Roger Biloa, «c’est Jean Ping qui a gagné»

La directrice de publication du magazine « Africa international » accuse son rival Ali Bongo Ondimba de massacrer des opposants à l’abri des regards.
Marie-Roger Biloa y est allée de ses commentaires sur la crise postélectorale gabonaise ces derniers jours. La journaliste camerounaise a à chacun de ses deux passages à la télévision  francophone internationale TV5MONDE littéralement ouvert le feu sur Ali Bongo Ondimba et son régime. D’abord  le samedi 10 septembre 2016 dans l’émission «Afrique Presse». La panéliste accusait le dirigeant gabonais de tueries organisées. Rien de moins. «On n’a jamais tué autant au Gabon. Aucune crise n’a jamais tué autant. L’armée est assez choquée par les mercenaires qui sont là. On a des gens encagoulés, qui ne parlent aucune langue du Gabon. On dit qu’ils viennent du Burundi, du Tchad. Ce sont les nationalités qui viennent très fort. On cite aussi le Rwanda. Ce qui est clair il y a des mercenaires qui tuent sans pitié. Forcément il y aura une répercussion qui ne va pas du tout dans le sens d’Ali Bongo», lâche-t-elle.
Revenant à la charge le lendemain dans le programme Kiosque, elle réitère les propos tenus la veille déclarant cette fois-ci qu’ « Ali Bongo est en train de tuer les gens dans les quartiers, dans les provinces, après avoir coupé Internet, et se dit: on veut faire un massacre à huis clos. C’est un bain de sang, ça il faut le dire assez, et c’est extrêmement grave, et rien que pour ça, il ne mérite même plus de rester», conclut-elle. La directrice de publication du magazine panafricain «Africa international» va plus loin. Elle affirme que c’est Jean Ping qui a remporté l’élection présidentielle du 27 août 2016. «On a une situation qui est quand même assez claire. Je sais qu’il ya des gens qui s‘entourent de précautions de langage… c’est Jean Ping qui a gagné cette élection. On le sait déjà parce qu’il y a des procès-verbaux qui sont sortis au fur et à mesure. Et ils sont tous d’accord pour regarder le Haut-Ogoué. Et sur le Haut-Ogoué, on fait comme si, parce que c’est le fief du président sortant Ali  Bongo, il est censé avoir la majorité».
Autre preuve de la victoire de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine qu’elle avance, les avis des membres de la famille de l’héritier du clan Bongo. «Mais on a vu cette fois-ci, contrairement à ce qui s’est passé pour son père beaucoup de dignitaires, même ses cousins, même ses frères et sœurs ont pris position contre lui». Marie-Roger Biloa soutient qu’il ne peut pas l’emporter largement dans son fief. Pour elle, «Ali Bongo est une erreur de casting. Il n’aurait jamais dû devenir président».
Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net