Réaction d'un Intellectuel Cameroun sur la crise post-électorale au Gabon:CAMEROUNAIS SURTOUT INTELLECTUELS, ARRÊTEZ AVEC CETTE INCULTURE : IL N'YA PAS D'INGÉRENCE DE L'ONU EN MATIÈRE ÉLECTORALE QUAND ELLE INTERVIENT DANS UN PAYS.

CAMEROUNAIS SURTOUT INTELLECTUELS, ARRÊTEZ AVEC CETTE INCULTURE : IL N'YA PAS D'INGÉRENCE DE L'ONU EN MATIÈRE ÉLECTORALE QUAND ELLE INTERVIENT DANS
UN PAYS. ARRÊTEZ DE SOUTENIR CETTE IGNORANCE DANS LES RÉSEAUX SOCIAUX . VOUS NOUS RIDICULISEZ DEVANT LES AUTRES AFRICAINS !Nous devons savoir préalablement que l'ONU est un traité. Les Etats signataires ont accepté que les décisions prises dans le cadre de ce traité soient au dessus des lois qu'ils prendront dans leurs pays.C'est ce
qu'on appelle en droit la supranationalité des traités et accords. Toutes les constitutions des pays adhérents à l'ONU notamment celles du Cameroun et du Gabon reconnaissent explicitement que les traités et les accords rentrent dans l'ordonnancement juridique de leurs pays. Pour dire simplement les choses, les résolutions, décisions adoptées ou prises par l'ONU, l'union africaine , la Cemac.... ont la même force que les lois votées dans les pays membres. C'est le cas aussi en matière d'élections. En plus des lois que prend souverainement un pays pour organiser ses élections, il y a aussi les lois qui ont été prises au niveau international qui seront prises en considération. C'est le cas la célèbre résolution 46/137 de 1991 sur le principe d’élections libres, périodiques et honnêtes qui consacrent la légitimité des gouvernements ou même au niveau africain la Charte Africaine de la Démocratie des Elections et de la Gouvernance. Il serait donc faux de dire que l'Onu s'ingère dans le processus électoral d'un pays quand elle vient demander l'application des résolutions qui ont été prises par tous les Etats adhérents conformément aux mécanismes d'adoption des résolutions acceptées et voulues par tous. Même si, je demeure un fervent défenseur et admirateur de Laurent Gbagbo que je considère comme le vainqueur des élections présidentielles en Côte d'ivoire, la certification desdites élections par l'ONU en 2010 n'était pas un acte d’ingérence car des résolutions ont été prises à cet effet. Ce que nous reprochons à l'Onu dans ce pays ce n'est pas l'ingérence , mais sa malhonnêteté. L'ONU à travers le coréen CHOI a été partial.
Ceci dit, il y a lieu de rappeler que les élections présidentielles dans un pays confèrent au Président de ce pays ce qu'on appelle la légitimité internationale. Si l'ONU ne reconnaît pas un Président, il ne sera pas reconnu par la communauté internationale çàd le concert des nations. Même au niveau africain , il ne sera pas reconnu car l'union africaine est soumise au règlement de l'ONU qui lui a reconnu son statut d' organisation internationale après dépôt d' un dossier de reconnaissance. Quand l'Onu prend une décision contraignante, elle s'impose à l'Union africaine, l'union européenne et bien d'autres organisations régionales ou sous régionales. C'est ce besoin de légitimation internationale qui oblige, le Président élu d'un pays via son Ministère des affaires étrangères à déposer un dossier à l'Onu. Ce dossier comporte les différents procès-verbaux de proclamation des résultats,prestation de serment,les décisions de la cour constitutionnelle ou de l'organe compétent.... Ceci permet aussi à l'ONU d'apprécier et vérifier si, les règles qu'elle a édictées pour qu'une élection soit jugée conforme au droit international ont été respectées. Si tout est conforme le dossier est enregistré au secrétariat des nations unies. L'Onu peut aussi décider d'effectuer ce travail en amont à travers les ong et autres associations et observateurs internationaux qu' elle agrée pour superviser une élection dans un pays. Elle peut se baser sur leurs rapports pour conclure au bon ou mauvais déroulement des élections. C'est le cas actuellement au Gabon. L'Onu se réfère au rapport de l'union européenne et des observateurs internationaux pour exiger le recomptage des voix qu'elle considère comme une mesure de transparence électorale . Il serait donc juridiquement infondé de soulever l'exception d'incompétence selon laquelle la loi gabonaise ne permet pas le recomptage bureau de vote par bureau de vote. L'Onu a fixé dans sa jurisprudence 3 critères de conformité des élections : LES ELECTIONS LIBRES TRANSPARENTES ET CRÉDIBLES. Si ces critères ne sont pas réunies, le Président désigné devient un personnage loufoque , un homme non reconnu par le concert des nations . On l'interdira par exemple d'assister aux réunions de l'ONU, d'être reçu par les autres chefs d'Etat membres de l'Onu comme un Président de la république, on pourra même prononcer des sanctions comme l'interdiction de survol aérien , l' embargo contre lui , sa famille , ses proches et même contre le pays.... Bref un pays avec un président internationalement illégitime sera mis à l'écart du monde.
Pour coller au cas du Gabon, ce n'est pas parce que la Cenap ou la cour constitutionnelle de ce pays valideront l' élection de Bongo qu'il suffira de dire juridiquement qu'elle est internationalement valable. Non. La légalité et légitimité internationales sont à prendre en considération. La constitution du Gabon elle-même reconnaît la suprématie des traités et accords sur elle.Le traité de l'ONU est donc au -dessus des lois du Gabon sur la CENAP et autres. Le Gabon l'a accepté.Les décisons de l'Onu dans la limite de ses compétences comme en matière électorale deviennent donc contraignant pour le Gabon. Les pays signataires du traité de l'onu dont le Gabon ou même le Cameroun comme je l'ai dit plus haut ont adopté à travers l'onu, une résolution qui définit les conditions de validité d'une élection. C'est la résolution 46/137 sur le principe d’élections libres, périodiques et honnêtes qui consacrent la légitimité des gouvernements. Elle date de 1991. Le Gabon en signant le traité de l'ONU l' a aussi adopté dans son arsenal juridique. Si les critères d'élections libres , transparents et crédibles ne sont pas réunis la communauté internationale représentée par l'onu qui juge de ces critères n'acceptera pas cette élection. Le Président sortant candidat Ali Bongo doit donc absolument apporter les gages structurels,organisationnels du bon déroulement des élections, qui vont convaincre la communauté internationale que les structures comme la Cenap et sa cour constitutionnelle sont indépendantes et remplissent bien leur mission. Et sur le plan organisationnel, il doit remplir absolument les conditions de transparence et de crédibilité çàd tout ce qui permet de clarifier le comptage des voix.Il est donc obligé d' accepter le recomptage bureau par bureau qui est exigé par l'Onu comme mesure de transparence. Il pouvait encore refuser le comptage proposé par l'union européenne qui représente plusieurs pays européens, les usa,la France et bien d'autres parce qu'il n'est pas membre ou soumis à ces organisations ou pays. Mais quand c'est l'ONU, il n'a pas de choix. Le Gabon a accepté que le traité qui crée l'ONU soit au-dessus de ses lois. On ne peut donc pas parler de l'ingérence de l'ONU ou encore que l'Onu s'immisce dans les affaires internes du Gabon. Évitons de dire des choses ridicules surtout sur le net. Le monde entier nous lit.