ACCIDENT DE TRAIN D'ESEKA:Esther DANG écrit à Paul BIYA-"Excellence Monsieur Le Président de la République,Trop c’est Trop..."


"Yaoundé, le 24 Octobre 2016
De : Madame Esther DANG
Docteur d’État ès Sciences Économiques
Expert Économiste Financier Senior
Consultant international indépendant
BP. 35024 Yaoundé, Bastos – Cameroun
Email: dangbesther45@gmail.com
Tel: 237 671 93 93 83
Site: www.estherdang.net
A: Son Excellence Monsieur Paul Biya
Président de la République du Cameroun
Palais de l’Unité – Yaoundé
Objet : Lettre ouverte pour une Conversation Nationale Républicaine.
Excellence Monsieur Le Président de la République,
Chef de l’État, Chef des Forces Armées et de Sécurité du Cameroun,

Trop c’est Trop.
J’ai décidé ce jour de vous adresser cette lettre ouverte pour solliciter une Conversation Nationale Républicaine en ma triple qualité de Citoyen Camerounais, d’Intellectuelle Africaine de haut niveau technique sachant analyser les faits et les styles de gouvernance quant au fond, et d’Expert Économiste Financier Senior ayant déjà accumulé 42 ans d’expérience professionnelle de terrain, de savoir et de savoir-faire tant sur le plan national qu’international, une richesse que je n’hésite pas à partager.
Je sais que vous avez pu être informé du double drame camerounais survenu le vendredi noir, 21 Octobre 2016, grâce à votre Décret N° 2016/421 daté et signé samedi 22 Octobre 2016 instituant une journée de deuil national en la mémoire des victimes. Le contenu dudit Décret a malheureusement omis de dire aux Camerounais de se retrouver au Palais de l’Unité autour de leur Chef d’État ce lundi 24 Octobre à une heure à préciser pour un recueillement citoyen et fraternel. Sinon et d’après vous, quel est l’intérêt unificateur de votre Décret ?
Nous Citoyens Camerounais Responsables, ne pouvons continuer d’être ce que j’appelle des Complices Silencieux face aux effroyables drames que subissent les familles depuis plusieurs décennies à cause d’une gestion désinvolte de l’État et peu soucieuse du bien-être d’au moins 98% de la population et qui maintient structurellement notre Cameroun dans un statut de sous-développement chaque jour aggravé et surendetté.
De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une part de l’effondrement d’un pont sur l’axe dit lourd Yaoundé-Douala (malgré la minceur du goudron) au niveau de Matomb à une soixantaine de kilomètres de Boumnyebel au petit matin du vendredi 21 Octobre 2016 et d’autre part, du spectaculaire déraillement du train CAMRAIL à l’entrée de la gare d’Eséka entre midi et 13 heures, rendant nos deux capitales économique (Douala) et politique (Yaoundé) inaccessibles par route et par rail, en plus des graves problèmes sécuritaires que posent désormais ces deux voies de transports populaires. Vous suivez comme moi avec étonnement et froid au dos, tous les bricolages en cours sur les lieux d’accident pour semble-t-il remettre la circulation en marche.
Une question : Vous souvenez-vous, Monsieur le Président de la République, que cette ligne de chemin de fer que vous avez privatisée c’est-à-dire vendue à un opérateur international, avait été construite par les Ancêtres Allemands, fin 19ème-début 20ème siècle et léguée à l’État du Cameroun à la suite de l’indépendance du 1er Janvier 1960 ?
Nous sommes aujourd’hui à l’ère d’Internet et du tactile et tout le monde se bat à avoir un smartphone, une tablette tactile. Comment ça se fait que l’État du Cameroun n’intègre pas ces choses basiques des temps contemporains dans ses investissements élémentaires de vie de tous les jours et dans le fonctionnement public de nos Institutions et de nos Administrations ? À quand le train à sustentation magnétique un siècle après ? À quand des autoroutes pour relier, comme dit notre Hymne Nationale, le Cameroun du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest ? À quand des structures nationales de secours et d’accompagnement humain en temps réel ? À quand des technologies d’urgence et d’hôpitaux dignes ?
Que de Honte, de Peine, d’Humiliation que nous Camerounais accumulons tous les jours!
Je vous adresse ce courrier sous la forme d’une lettre ouverte pour vous proposer une conversation responsable afin que la totalité des Camerounais puisse enfin découvrir quel aura été votre vision pour notre pays depuis 34 ans. Il faut savoir que c’est le Citoyen Camerounais que vous êtes qui est Chef de l’État et qui doit régulièrement rendre compte de sa gestion à la Nation, c’est-à-dire à la grande Famille Camerounaise en votre qualité de Chef de Famille, que vous le vouliez ou pas et ce sont vos résultats vécus par tous les Citoyens que l’histoire retient.
En conséquence, voici quelques questions fondamentales que je vous pose :
1. Pourquoi refusez-vous de développer le Cameroun ?
2. Pourquoi opter pour un système de gouvernance qui fait que l’État et la Souveraineté de l’État sont régulièrement bafoués, méprisés ?
3. Pourquoi l’État du Cameroun sous votre Autorité n’assiste jamais les Citoyens face aux catastrophes en temps réel ? Le Monde entier vient de le vivre en direct avec la catastrophe d’Eséka de vendredi dernier, n’en déplaise à votre Ministre des Transports qui a excellé en contradictions humainement inacceptables. Qu’en dites-vous ?
4. Croyez-vous capable de résoudre la grave question de sous-développement au Cameroun, avec vos multiples absences du Pays ?
5. En votre âme et conscience, ancien Premier Ministre d’un Cameroun à revenus intermédiaires devenu pays pauvre et très endetté (PPTE) pendant que vous êtes Chef d’État, qu’entendez-vous par votre rétrograde et humiliante expression philosophique « Cameroun, Émergence 2035 » attribuée à votre projet politique ?
6. Que reprochez-vous aux Citoyens Camerounais pour leur servir tant de souffrances dans tous les domaines de la vie sociale et qui alimentent tant de pleurs en lieu et place de PROSPÉRITÉ, ABONDANCE et BIEN-ÊTRE pour Tous ?
7. D’après vous, à quoi sert un Chef de l’État ?
Si vous avez à écrire sur vous-même, qu’écririez-vous des résultats de votre propre gouvernance dans les Annales de l’Histoire du Cameroun ? Sachez que les Camerounais sont entrain de rédiger le bilan de vos 34 ans de gestion de l’État dans les médias sociaux, avec des preuves à l’appui.
Vous êtes donc revenu à Yaoundé hier dimanche 23 Octobre 2016, alors que vous avez signé votre Décret susvisé à Yaoundé samedi 22 Octobre 2016. Qu’est-ce que nous Camerounais devons comprendre au vu de ces dates et du lieu de signature : faux et usage de faux par notre Chef d’État sur des strictes questions de Souveraineté et de Dignité de notre Pays ?
Merci à l’État du Cameroun que vous représentez, de nous faire connaitre la liste exacte de nos Frères, Sœurs et Enfants qui nous ont brutalement quittés pour mauvaise gestion. Ont-ils droit chacun à un cercueil et seront-ils dignement enterrés ?
Sachez, Monsieur Le Président de la République que vous comme moi, faisons partie intégrante du Peuple Camerounais en tant que Citoyens. Personnellement, je n’ai pas une autre Nationalité que celle de mes Parents, Camerounais à 100% et respectant en cela la Loi Camerounaise du 11 Juin 1968 portant Code de la Nationalité.
Étant un Pays avec des croisements multiples, les catastrophes humaines à grande échelle nous impactent tous, surtout que celles-ci surviennent alors que les familles sont encore régulièrement confrontées à de lourdes pertes humaines du fait des attaques terroristes de boko haram que vous n’avez toujours pas réussi à maitriser. En date d’aujourd’hui, sachez qu’une catastrophe humaine de cette envergure prouve une fois de plus à quel point il est difficile pour les Camerounais d’accéder à l’argent. Acheter un cercueil, enterrer un mort, organiser des obsèques n’est pas aisé. Hélas pour les dignes Citoyens Camerounais.
Monsieur Le Président, je vous propose fraternellement ceci : comme aux temps anciens, à l’époque de nos Aïeuls, revenons à la Palabre, honorons la Sagesse de nos Ancêtres, craignons l’Éternel, vénérons son Saint et Puissant Nom, prions tous Ensemble dans l’UNICITÉ. En effet, seule la conscience collective avec la bénédiction de l’Éternel Dieu peuvent décider d’illuminer notre Pays et nous donner des forces nécessaires pour combattre efficacement le sous-développement et la perte des valeurs et des vertus fondamentales qui nous causent tant de malheurs, tant d’humiliations, tant de pleurs.
Il est temps qu’au regard du bilan de toutes ces vagues d’obscurité et des stratégies visibles de blocage à l’implantation de la PROSPÉRITÉ et de l’ÉQUILIBRE de tous les Camerounais, que ce demi-siècle de pleurs de douleurs se transmute en pleurs de joie. On ne peut pas guérir l’obscurité avec davantage d’obscurité.
Fort de ce qui précède, veuillez s’il vous plait, Monsieur Le Président de la République, Me dire où, quand et à quelle heure nous aurons cette importante conversation face à face devant tous les Camerounais et en présence des Médias nationaux, publics et privés car l’heure est grave et il faut dégager et positionner des solutions de sauvetage du Cameroun en Urgence.
Pour la conscience individuelle et collective, y compris vous Monsieur Le Président, cette Lettre ouverte que je vous adresse est ampliée aux Responsables des Institutions officielles de la République et aux principaux Médias nationaux afin de faire participer positivement toute la grande Famille Camerounaise à la mise en œuvre des actions urgentes, constructives, efficaces et valorisantes pour Tous.
Madame Esther DANG
Ampliations :
- SG/PR
- PM
- SÉNAT
- AN
- COUR SUPRÊME
- DGSN
- MINDEF
- MÉDIAS NATIONAUX.