Afrique du Sud : le ministre des Finances traduit en justice

Pravin Ghordan
En Afrique du Sud, la justice annonce qu'elle va juger le ministre des Finances, Pravin Gordhan.
Il est notamment accusé de "fraude", une infraction que M. Gordhan aurait commise lorsqu'il dirigeait le fisc
du pays.
Cette décision inquiète les marchés financiers et montre à quel point les tensions politiques sont vives au sommet de l'Etat sud-africain.
Dès l'annonce des poursuites contre le ministre des Finances, le rand, la monnaie sud-africaine, a plongé de près de 3,5 % face au dollar.
Les accusations de fraude sont liées aux indemnités de licenciement qui auraient été versées à deux cadres supérieurs du fisc sud-africain lorsque Pravin Gordhan dirigeait les services fiscaux, un poste qu'il a occupé pendant 10 ans.
M. Gordhan est accusé d'avoir installé au sein du fisc une unité spéciale, qui aurait espionné des hommes politiques, dont l'actuel président sud-africain Jacob Zuma.
Un "coup politique"
Le ministre des Finances a toujours nié ces accusations, même s'il a reconnu l'existence de cette unité spéciale.
Pravin Gordhan affirme avoir dirigé le fisc dans le respect de la loi.
Ce fonctionnaire, qui s'est souvent opposé à Jacob Zuma, dénonce un "coup politique".
Il est considéré par certains Sud-Africains comme un chantre de la lutte contre la corruption.
M. Gordhan doit comparaitre devant un tribunal début novembre, juste après l'annonce de son budget de mi-parcours prévue dans 15 jours.
Beaucoup d'observateurs craignent que l'économie sud-africaine, déjà victime d'une croissance moribonde, paye le prix de cette affaire judiciaire.
Ils craignent que les agences de notation décident d'une baisse de la note financière du pays, en décembre prochain.
Sophie Ribstein, BBC Afrique, Johannesburg