Crise économique et sociale très grave au Tchad: le Président Idriss Déby en quête d’une solution introuvable

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Dieudonné Essomba  LE TCHAD A BESOIN DE L’EXPERTISE DES ÉCONOMISTES
Crise économique et sociale très grave au Tchad: le Président Idriss Déby en quête d’une solution
introuvable
Dans un article récent, il a été fait état de la situation économique du Tchad et des propositions de solution.
Le temps est donc venu pour tester l’utilité de nos connaissances, le moment où les Economistes africains peuvent se rendre utiles. On n’est pas économiste parce qu’on a un doctorat, un statut de Professeur agrégé, ou parce qu’on parcourt les séminaires. On est économiste quand, devant une problématique claire, on apporte une solution claire, avec l’autorité et la fermeté de la science.
La situation du Tchad, comme celle des autres pays de la CEMAC a parfaitement été anticipée dans nos travaux. Elle ne nous surprend pas, bien au contraire ! C’est même le retard pris qui nous étonne sur l’extraordinaire résilience de nos économies. Mais quelque soit la résistance épique de ces économies, elles sont confrontées à une terrible adversaire : « le Terrible Verrou de la Contrepartie Extérieure. »
Par ce concept, nous entendons la tendance de nos économies à exporter le pouvoir d’achat généré par la croissance à travers des importations massives. Si vous prenez un jeune homme pour débroussailler les alentours de votre maison, il se précipitera pour utiliser l’argent de sa paie à l’achat d’un téléphone androïde, de la friperie ou du riz thaïlandais.
Le problème posé ici est que le commerce international est un troc. Vous ne pouvez acheter à l’extérieur qu’à concurrence de ce que vous avez vendu, car dans ce monde méchant, il n »’y a pas de place pour les pays mendiants et les nations parasites. Or, quand vous donnez l’argent au jeune homme, lui il va acheter à l’extérieur alors que son travail n’avait pas pour vocation de produire les devises. Autrement dit, la croissance se nourrit des importations qu’on devient de plus en plus incapables de payer.
La conséquence ? Un déficit courant abyssal qui entraîne l’évaporation de la monnaie, l’assèchement du système productif, la paralysie des programmes de développement et la tendance au surendettement.
Le pays ressemble alors à un corps rongé par une ulcère : tout le sang que le corps produit s’évacue en une immense hémorragie, entraînant un amaigrissement extrême, voire la mort.
Que faut-il faire ? Simple : il faut cautériser l’ulcère et mettre fin à l’hémorragie, en redirigeant les ressources de la croissance vers le système productif local. Pour des pays grands avec des régimes autoritaires, cela peut se faire par des mesures de protection classique : normes, contingentements, douane, etc.
Mais pour des pays faibles comme le Cameroun et le Tchad, avec un petit marché intérieur, la solution consiste à mettre en place une mesure qui a non seulement les mêmes effets que les protections, mais qui dope aussi le marché intérieur. Cette solution est la binarisation.
De manière opérationnelle, le Tchad doit émettre, pour un montant de 100 Milliards, des obligations du Trésor Tchadien dont la caractéristique sera d'avoir un pouvoir libératoire local, en attendant leur temps de maturité. Cet argent servira à payer les fonctionnaires et les fournisseurs, sans être convertible.
La mesure va stabiliser le système, améliorer la saignée, relancer la production, réduire la poussée vers les achats à l'extérieur.
Sans cette mesure, c'est le FMI assuré et 20 ans d'ajustement, avec une situation qui confinera au cauchemar. Evidemment que la binarisation devra s’accompagner d’autres mesures, mais ce n’est pas le lieu ici de les évoquer.
Telle est la position de l’Ecole Africaine de l’Economie Contemporaine qui ajoute qu’il n'existe pas dans la littérature économique mondiale d’autre solution pour le cas du Tchad, à moins de tomber fortuitement sur de gigantesques puits de pétrole.
Maintenant que l’Ecole Africaine a donné sa position et proposé sa solution, que les autres donnent la leur ! L’Economie n’est pas le brouhaha, l’empilement des livres et des citations, mais la capacité à fournir des réponses concrètes aux problèmes concrets. Le Tchad, un pays frère en difficulté, n’attend plus les courbes putty-putty et les boîtes d’Ergeworth, mais une solution rapide et efficace aux difficultés qu’il vit.
Qu’en disent donc les autres ? Que proposent les détracteurs professionnels de notre Ecole et les ricaneurs de métier ? Les Tchadiens et, à travers eux, tous leurs frères de la CEMAC attendent impatiemment une solution. Nous avons proposé la nôtre.
Qu’ils montrent à leur tour de quoi ils sont capables ! Man no run ! C’est ici et maintenant qu’il faut prouver qui connaît l’Economie et qui ne la connaît pas.
Nti Dieudonné ESSOMBA
Président de l’Ecole Africaine de l’Economie Contemporaine
(Institut TCHUNDJANG)