Le réchauffement climatique pourrait augmenter de 54% le risque de conflit en Afrique d’ici 2030, selon une étude

Le réchauffement climatique pourrait augmenter de 54% le risque de conflit en Afrique d’ici 2030, selon une étude  
Le réchauffement climatique constitue un facteur de déstabilisation de l'Afrique subsaharienne, souligne une nouvelle étude réalisée par deux chercheurs de l'université Berkeley (Californie) et publiée fin septembre dans la
revue Science.
La hausse des températures a déjà augmenté le risque de conflit, de 11%, en Afrique subsaharienne depuis 1980, en contribuant à la raréfaction des ressources précieuses comme l’eau, ont affirmé Tamma Carleton et Solomon Hsiang, indiquant que le climat représente souvent une importante cause des conflits, «sous-estimée» par les analystes des affaires étrangères.
Ce pourcentage pourrait atteindre 54%, d'ici 2030, et coûter la vie à 393.000 personnes si rien n'est fait pour freiner la montée des températures de la planète.
Selon les chercheurs, la hausse des températures pourrait créer des troubles sociaux, voire de l'instabilité politique en entraînant une réduction de la taille des récoltes de 20%, d'ici 2050, mais aussi en augmentant la mortalité infantile ou les infections au VIH.
Le changement climatique risque, en outre, de provoquer des migrations difficiles à contrôler. Dans un rapport publié en 2012, l'ONU prédisait d’ailleurs 250 millions de déplacés climatiques dans le monde, en 2050.
La contribution de l’Afrique au réchauffement climatique est pourtant très faible. Les pays africains réunis n'ont été responsables que de 2,5% des émissions carbone, à travers le monde, entre 1980 et 2005.
Pour rappel, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait qualifié, en 2007, le conflit au Darfour, qui a fait 300 000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes depuis 2003, de «première guerre du changement climatique», laissant entendre que le déséquilibre croissant entre populations et ressources a exacerbé les tensions entre groupes tribaux pour l'accès à la terre et à l'eau dans cette région.
Agence Ecofin