Succession de Paul Biya : L’instabilité politique guette le Cameroun, selon Standard and Poor’s

L’agence de notation américaine Standard and Poor’s (S&P) a maintenu à «B» le profil émetteur du Cameroun sur le court et le long terme, sous réserve d’éventuels risques d’instabilité politique en rapport
avec les «incertitudes liées à la succession» à la tête de l’Etat.
Dans son dernier rapport, l’institution prévoit que la croissance économique réelle du pays restera robuste, en moyenne de 5,3% en 2016-2019 en dépit de la forte baisse des prix du pétrole et des menaces terroristes dans la région de l’Extrême-Nord.
La solvabilité du Cameroun reste limitée par la faiblesse des institutions, le risque lié à la succession à la présidence de la République étant élevé du fait d’un manque d’expérience dans le domaine de la transition démocratique, le chef de l’Etat actuel (Paul Biya) ayant gouverné sans discontinuer depuis 1982.
A ces préoccupations politiques, s’ajoute un faible revenu par habitant ainsi que la hausse continue de l’endettement extérieur qui se situait à 27% du produit intérieur brut (PIB) en fin 2015, dont environ 78% était d’origine extérieure.
S&P prévoit que la dette du pays continuera d’augmenter, avec une variation moyenne de 3,6% du PIB entre 2016 et 2019 et ce alors que le déficit du compte courant se creusera en 2016.
De même, le déficit budgétaire sera en moyenne de 4,3% du PIB pendant la période considérée en raison de la baisse des revenus du pétrole, de la hausse des dépenses, du paiement des intérêts sur la dette extérieure et des dépenses en capital liées à la hausse des investissements gouvernementaux.
La croissance du PIB réel reste toutefois résiliente, atteignant 5,8% en 2015 malgré la baisse des prix du pétrole et la situation sécuritaire fragile dans l’Extrême-Nord où sévit la secte islamiste Boko Haram, dont les risques de déstabilisation critique restent néanmoins contenus.
S&P anticipe même sur la robustesse du secteur des services dopé par la réalisation des grands projets d’infrastructures qui continueront de soutenir la croissance, et l’amélioration des chaînes de valeur agricoles.
L’organisme de notation prévoit aussi un développement de l’approvisionnement en énergie, une activité soutenue dans le secteur du bâtiment ainsi que l’amélioration de la production de gaz naturel.

Par © CAMERPOST