Afrique, Débat: Qui a peur de qui au Cameroun ?

Le monde entier a vécu l'entrée au stade omnisport de Yaoundé au Cameroun du président camerounais. Un président acclamé, adulé avec ses effigies planqués dans les quatre coins du state qui accueillait le match
d'ouverture de la Coupe d'Afrique des nations de football,version féminine. Que n'avons nous pas vu ? Y avait-il une guerre au stade ou bien ? c'est quoi toute cette armée au stade ? Même Bachar Al Assad qui est en guerre en Syrie n'est pas encerclé de la sorte.
Les habitants de la capitale Yaoundé sont déjà habitués à ce déploiement de force des soldats camerounais à chaque sortie du chef de l'Etat camerounais ou de son épouse 
La réalité est tout autre. Et les taximen et autres usagers des artères de la capitale en savent quelque chose. Si beaucoup trouvent normal que la route présidentielle soit sécurisée au passage du président, les Yaoundéens ne comprennent pas que le quartier Omnisport où se trouve le stade de football ayant servi au match d'ouverture de la CAN 2016 soit bloquée des heures durant créant la psychose au sein des populations. 
Aussi, entend-on régulièrement demander « pourquoi ne peut-il [Paul Biya] pas prendre tout simplement l’hélicoptère ? ». Une solution qui aurait le mérite de ne pas interrompre la circulation. Paul Biya bloque toujours allègrement la ville lorsqu’il se rend dans son village natal, ou à l’aéroport, ou pour tout autre évènement requérant sa présence dans la capitale.  
Le Chef de l'Etat a droit à une sécurité rapprochée certes, mais pas à un déploiement exagéré de forces de maintien de l'ordre et de sécurité tel que ce qu'on observe à chaque sortie du président ou à son retour lors d'un séjour dans son village ou à l'étranger. 
Paul Biya est  toujours hanté par l’idée d’un assassinat ou d’une tentative d’homicide sur sa personne. Dès lors, ses soldats sont toujours sur leur garde, toujours en émoi et en proie à une éventuelle détonation qui partirait de la meute des gens sensés pourtant venir le voir passer ou l’écouter. Image du pays, le chef de l'Etat camerounais focalise sur lui seul tous les espoirs et toutes les frustrations de ses concitoyens, accumule toutes les rancœurs qui en retour suscitent en lui une certaine méfiance à l’égard de son propre peuple.
Les peuples dynamiques qui forment la nation camerounaise méritaient nécessairement mieux qu’un dirigeant tire-au-flanc. Paul Biya n’est pas réputé homme d’action, imprimant de part sa posture, son indolence à des millions de gens. L'homme Lion par peur de  perdre son pouvoir est obligé de s'entourer d'une cohorte de soldats aussi bien en tenue qu'en civil. 
Le Cameroun de Paul Biya fait du sur place, quand il ne recule pas, occupé qu’est le système à assurer sa survie, au détriment du destin de tout un pays. Et dire que ça fait 34 ans que cela dure
Comme quoi, Paul Biya ne s’est pas seulement fait des fanatiques ou des amis mais aussi et surtout des  ennemis invisibles et inconnus mais réels et potentiels, sans oublier des envieux aussi des jaloux de tout bord même dans sa propre cours.
Le risque de se faire abattre est omniprésent dans la tête de Paul Biya et de tous ceux qui de près ou de loin sont affectés à sa protection. Avec ce que  nous avons vu au stade omnisport de Yaoundé hier où les spectateurs étaient invités à être présents au stade à 10h du matin pour attendre une rencontre de football qui se déroulait à 15h, l'on est tenté de se poser une question qui taraude les esprits:  Qui a peur de qui au Cameroun? Telle est la question de semaine
Le débat se doit d’être constructif et participatif. Nous vous convions d’ailleurs très fortement de soumettre des thèmes pour le futur.


Source: Camer.be