Cameroun: le doctorat « honoris causa » de chantal Biya hautement contesté

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Le colloque scientifique organisé sur les œuvres sociales de Madame Chantal Biya a débuté hier mardi 1er novembre à l’Université de Yaoundé II à Soa.

Mais depuis l’annonce de cette rencontre scientifique, de vives contestations se sont installées dans la cité. Nombreux sont les universitaires qui assimilent ce rendez-vous scientifique à une action de campagne politique. Sachant que la prochaine élection présidentielle aura lieu en 2018,  »les universitaires fidèles au régime en place ont organisé une rencontre soit-disant scientifique pour faire l’apologie et la campagne du pouvoir en place », martèle un observateur. D’autres observateurs estiment que même la somme de 65 millions débloqués pour l’organisation de ce colloque est un « gaspillage », ce rendez-vous scientifique ne mérite pas une si forte mobilisation financière.
Mais pour les organiseurs de ce rendez-vous scientifique, il s’agit bel et bien d’un travail hautement scientifique dans le domaine des sciences sociales. C’est ce que pense d’ailleurs le Pr Adolphe Minkoa She « Nous avons voulu nous saisir entièrement de cet événement parce que, comme je l’ai dit, le thème est délicat, mais surtout le thème est intéressant. Par ailleurs, ce sont les enseignants de l’Université de Yaoundé II essentiellement qui ont été pressentis comme intervenants. Le comité scientifique dont j’assure la présidence étant d’ailleurs exclusivement constitué d’enseignants de l’Université de Yaoundé II. L’observatoire national du patrimoine est le partenaire technique. Il n’y a aucun calcul politicien. Sinon je fais ce calcul politicien tous les jours, puisque je participe et je contribue à l’organisation des colloques tout le temps ici à l’Université de Yaoundé II. La Première Dame est prise ici comme objet d’étude scientifique. À partir de ce moment, je n’ai aucune honte à dire que j’assume cela. Parce que je fais mon travail universitaire en parlant de la Première Dame du Cameroun, objet d’étude scientifique.»
Pour ce qui est de l’objectif du colloque, il se veut également clair: « Nous avons voulu nous saisir d’une problématique toute simple. Nous constatons qu’il y a un personnage, la Première Dame du Cameroun, qui se mobilise sur le plan social comme un acteur majeur des politiques sociales, un acteur majeur sur le plan de la défense et la promotion des droits fondamentaux. Alors on se pose une question simple. Cette Première Dame au Cameroun, elle n’a pas un statut constitutionnel en tant que tel. Mais elle se déploie de manière absolument remarquable. Et nous voulons nous poser la question de savoir si cette montée en puissance n’est pas de nature aujourd’hui à justifier éventuellement une sorte de métamorphose institutionnelle de la Première Dame. Est-ce que la Première Dame, qui occupe aujourd’hui un rôle quasi officiel, est-ce que dans la perspective de l’amélioration, de la modernisation de nos institutions publiques par exemple, il ne pourrait pas être question aujourd’hui d’envisager de donner à la Première Dame un statut officiel sur le Plan institutionnel ».
En ce qui concerne la distinction, le professeur indique « Pour le moment, il s’agit simplement d’organiser un colloque sur le thème que j’ai indiqué plus haut. La collation du titre de Doctor Honoris Causa à la Première Dame c’est une autre question. Autrement dit, une procédure distincte. La question est effectivement envisagée, mais la collation du grade de Doctor Honoris Causa se fait selon une procédure qui est prévue par un arrêté du 23 décembre 1999 ».
Source: afrikmag.com