Cameroun : le fils du président Paul Biya aux affaires

Naguère effacés, les proches du Président se font davantage remarquer. Son fils par exemple.
Issu du premier mariage de Paul Biya, Franck Emmanuel Biya, 46 ans, est présenté par ses proches comme
un homme d’affaires, mais sa seule entreprise connue, Ingénierie forestière, que dirigeait son ami Christian Mataga, a mis la clé sous la porte.
Fonctions peu précises
Si Franck n’a plus d’activité connue, son nom apparaît régulièrement dans des affaires où ce « fils de » fait office d’intermédiaire et de facilitateur pour de grands groupes désireux d’investir au Cameroun. Il aurait joué un rôle clé dans l’attribution du marché du barrage camerounais de Memve’ele à l’entreprise chinoise Sinohydro. Son patronyme a ainsi servi de viatique pour des groupes miniers, notamment.
Il est aussi apparu à propos d’obligations du Trésor à coupons zéro. Les faits, selon la question adressée par un député au ministre de la Justice : « Frank Biya, par le biais de son entreprise Afrione, a obtenu auprès du ministère des Finances 9 400 bons du Trésor pour une valeur nominale de 1 million de F CFA [1 525 euros], soit 9,4 milliards placés à un taux d’intérêt annuel de 3 % pour une date à maturité fixée à dix ans.
Il a néanmoins encaissé avant terme 17,4 milliards de F CFA, soit un différentiel de 13,9 milliards de F CFA par rapport à l’argent qu’il a investi, à savoir 3,5 milliards de F CFA. » L’intéressé n’a ni infirmé ni confirmé ces accusations.

La politique, une affaire de famille
Le fils du président a choisi de vivre en France, à Menton, non loin de la principauté de Monaco. Un choix de sa première épouse, Laure Perry, une métisse franco-camerounaise partie vivre en Argentine avec leurs deux enfants après leur divorce.
Conseiller officieux de son père, il est derrière la nomination d’Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances. Au cœur de l’État, on trouve également trois de ses cousins. Dieudonné Evou Mekou, qui dirigeait depuis une dizaine d’années la Caisse autonome d’amortissement, est devenu en juillet vice-gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Le deuxième, Martin Bilé Bidjang, chirurgien-dentiste dans un hôpital parapublic, a été propulsé en 2009 chargé de mission à Etoudi. Quant à Bonaventure Mvondo Assam, il s’est fait élire député à l’Assemblée nationale.
Source: jeuneafrique.com