Cameroun: l'analyse de Abdulaziz Mounde Njibam: sur les réseaux sociaux. chers amis et confrères du " service public " dites a vos maitres que les réseaux sociaux n'ont pas coupe la route a Matomb, n'ont pas demande a Mebe ngo'o de changer de versions...

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CHERS AMIS ET CONFRERES DU " SERVICE PUBLIC "
DITES A VOS MAITRES QUE LES RESEAUX SOCIAUX N'ONT PAS COUPE LA ROUTE A
MATOMB, N'ONT PAS DEMANDE A MEBE NGO'O DE CHANGER DE VERSIONS, N'ONT PAS AUGMENTE LES WAGONS DU TRAIN 152 DE LA CAMRAIL, N'ONT PAS DEMANDE AU PRESIDENT DE RESTER 37 JOURS A L'ETRANGER ET N'ONT PAS SIGNE DE CONTRAT AVEC BOLLORE !
Ce n'est pas avec un chasse-mouche que les médias de service public, Crtv et Cameroon Tribune, voix du maître, balaieront les vents nouveaux.
Ils l'avaient oublié : on peut tromper le peuple une partie du temps, mais on ne peut tromper le peuple tout le temps. Les cigales du pouvoir ont chanté plus de 30 ans ; berçant les Camerounais de douces illusions. Slogans par ci, culte par là. Popaul beza beza !
Pendant ce temps, les ingénieurs de la Silicon Valley, aux Etats-Unis et dans les laboratoires, s'échinaient à inventer le monde nouveau, celui des milles applications du numérique. La cave des trésors des temps modernes, celle qui ouvre l'espace public, réduit les frontières et confronte les régimes autoritaires et les dictatures à leurs turpitudes ; une lumière crue sur les impérities, les incuries de la gouvernance et un antidote contre la répression des libertés.
Alors quand surviennent la bourrasque et les ravages des catastrophes, conséquences du refus délibéré de la prévision dans la gestion publique, des années d'inertie, de déficit de construction et de maintenance des infrastructures, du mépris royal des populations et d'une mystification érigée en dogme, c'est la cohue. Au lieu de s'occuper de la paille dans son œil, on regarde les écrans d'ordinateur et accusent les smartphones. Facebook est paré de tous les pouvoirs dont celui de causer l'effondrement d'un pont et un déraillement inédit. Rien que ça !
Alors, les escadrilles sont lâchées ! Comme des loups, les médias de service public chassent en meute. Le tam-tam de Paul Biya, propos de dévot servi en Kribi-vision par Charles Ndongo, a désormais de fringants percussionnistes, aspirants Dg et ambitieux au prurit lancinant. Ils feront à mesure que la fin de règne avancera, que le crépuscule entamé du président pointera, encore plus de Bidoung. Du bruit. Du grabuge. Un tintamarre. Le tintouin des serviles !
Aimé Robert Bihina n'a pas trouvé, avec tout le talent qu'on lui connait, meilleur sujet que la bronca contre les oiseaux de mauvaise augure désignés par le " dieu" de Tchiroma et des créatures par décret. Les amazones du micro, précocement lâchées par la Crtv pour un reportage burlesque de la finale de la Coupe du Cameroun, auraient dit qu'il joue en défense. Du pays organisateur ? Non, pas d'insinuations crasses. Volons haut ! D'un Gouvernement où le matin, le ministre des Transports prescrit d'ajouter des wagons et se dédit le soir ? Une piste. D'une équipe...solidaire, où le ministre de la Communication, un soir de grand messe, prêche sur l'autel cathodique, la bonne parole de la clôture de l'extraction des corps des wagons perdus dans les ravins d'Eseka, et, où le lendemain, son collègue de l'Administration territoriale évoque le purgatoire de corps encore ensevelis dans le marais ?
Sur Scènes de Presse, on lui connaissait un art consommé du choix des sujets. Les leçons de la catastrophe d'Eseka ne lui ont pas inspiré un traitement en profondeur, des débats de haut vol sur l'état de nos infrastructures routières et sanitaires, le rôle du Parlement dans le contrôle de l'action gouvernementale en cas de catastrophe, l'évaluation de la concession entre le Groupe Bolloré et l'Etat du Cameroun, les absences du Président, la garantie des indemnisations justes pour les victimes, la composition bizarre, partiale et inefficace de la Commission d’enquête décidée par le Chef de l'Etat, et bien d'autres questions essentielles. Celles qui justifieraient tous les sacrifices que les Camerounais consentissent pour financer le service public des médias.
Comme Cameroon Tribune, que les Camerounais financent tout aussi, pour se faire servir, certes un beau lifting et des reportages de qualité dans l'arrière pays, mais surtout une liturgie du culte officiel de Paul et Chantal Biya, la Crtv est donc partie en Croisades. Toujours avec le sabre rouillé de la propagande d'Etat, l'armure lourde des pesanteurs d'un système à bout de souffle et les éléments de langage d'un siècle dépassé. Sous le prétexte de la stigmatisation des dérives unanimement condamnées pour la presse en général que pour les réseaux sociaux, on met à l'index de nouvelles formes d'expression, de créativité et d'engagement citoyen, sous le doucereux prétexte des risques de déstabilisation.
On peut séparer, comme on hiérarchise l'info ou recoupe des révélations, le bon grain de l'ivraie, sans tomber dans un amalgame suspect. Sans défendre maladroitement un système et son Chef qui ne savent plus que faire de ce monde qui lui échappe. Il y'a quelques temps, après avoir conspué les réseaux sociaux, le président Biya faisait un rétropédalage en prescrivant aux ministres d'investir la toile. Avec l'hystérie et la fébrilité ambiante, on voit bien, hélas, que ceux qui nous dirigent n'ont pas le bon réseau. Après avoir perdu une bataille, comme à l'époque des marches contre le multipartisme, on préfère donc faire la guerre...
Abdelaziz Moundé Njimbam