Coup de force contre le HDP en Turquie: le parti arrête son travail au Parlement

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Le principal parti pro-kurde de Turquie et troisième parti de Turquie, le HDP, le Parti démocratique des peuples a annoncé ce dimanche 6 novembre qu'il cessait toute activité au Parlement, après l'arrestation de
neuf de ses députés, dont les deux co-présidents du parti, cette semaine.
Une décision qui n’a rien de surprenant. Selahattin Demirtas et Mme Figen Yüksekdag, les deux dirigeants de ce parti pro-kurde et 7 de leurs collègues députés sont en détention préventive depuis vendredi. Ils sont accusés de soutien aux terroristes du PKK dans le sud-est du pays.
Les députés restants ne participeront plus ni aux séances du Parlement, ni au travail des commissions, explique le HDP dans un communiqué. « Notre groupe parlementaire et les dirigeants de notre parti ont pris la décision de cesser tout travail dans les organes législatifs après cette attaque totale », annonce le parti.
Le HDP, deuxième parti d'opposition en Turquie et troisième parti du pays avec 59 députés au Parlement, a une base plus large que l’électorat kurde. C’est un parti moderne qui défend les droits des femmes et de toutes les minorités, ce qui lui avait permis d’entrer au Parlement lors des élections législatives de juin 2015.
Ecarter tout opposition
Les réactions indignées des Etats unis et de l’Union européenne et les manifestations de protestation en Turquie et dans plusieurs villes européennes, comme hier samedi en Allemagne où des milliers de personnes ont réclamé de «Stopper la dictature Erdogan», ne semblent pas impressionner le gouvernement turc qui œuvre pour une présidentialisation du régime. Les ambassadeurs des pays membres de l'Union européenne ont cependant été invités par le ministre turc des Affaires étrangères à une réunion ce lundi, au cours de laquelle il fera un point sur les « derniers développements » survenus en Turquie, rapporte l'AFP.
Pour modifier la constitution et conforter son régime, le président Recep Tayip Erdogan a besoin d’une majorité absolue or les élus du HDP sont un obstacle. Le parti dénonce un coup d'Etat contre le pluralisme. Un coup préparé bien avant le putsch avorté de juillet dernier : en mai, le Parlement turc votait une réforme constitutionnelle actant la levée de l'immunité des députés menacés de poursuites judiciaires en cas de soutien au PKK et d'apologie du terrorisme. Une mesure qui visait déjà les élus du HDP.
 
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