Donald Trump met en place son équipe de transition

Donald Trump au Capitole, à Washington, DC, le 10 novembre.
Le président élu a constitué l’équipe chargée de mettre en place son gouvernement, et laissé entendre qu’il pourrait conserver une partie de l’Obamacare. La mobilisation contre son arrivée au pouvoir ne faiblit pas.

Trois jours après son élection à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump a accéléré le rythme, vendredi 11 novembre, en modifiant et en étoffant son équipe de transition. Elle est chargée de mettre sur pied son gouvernement, d’ici au 20 janvier, jour de l’investiture de M. Trump.

Le président élu en a confié la direction à son vice-président élu Mike Pence, et non au gouverneur du New Jersey Chris Christie. Lequel devient vice-président de cette équipe, au côté de plusieurs des soutiens indéfectibles de M. Trump durant sa campagne :
  • Rudy Giuliani, ancien maire de New York ;
  • Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants ;
  • Reince Priebus, président du Parti républicain ;
  • Jeff Sessions, sénateur d’Alabama.
Parmi les membres de l’équipe, on retrouve les trois aînés de M. Trump – Ivanka, Donald Jr et Eric –, ainsi que Jared Kushner, le mari d’Ivanka, Steve Bannon, directeur général de la campagne du candidat républicain, ou encore Peter Thiel, qui a été l’un des rares soutiens de M. Trump dans la Silicon Valley.
« La mission de notre équipe est claire : assembler le groupe le plus hautement qualifié de responsables brillants, qui seront capables de mettre en œuvre notre programme de changement à Washington », explique M. Trump dans un communiqué.
  • Concessions en vue pour l’Obamacare

Dans une première interview accordée au Wall Street Journal, le président élu affirme qu’il pourrait simplement « amender » la loi d’assurance-maladie surnommée Obamacare, dont il a promis l’abrogation durant sa campagne. Il explique que le président Barack Obama lui a suggéré de conserver plusieurs pans de l’Affordable Care Act, qui a permis à 22 millions d’Américains d’avoir une assurance-santé. « Je lui ai dit que j’étudierai ses suggestions et, par respect, je le ferai », a déclaré M. Trump au quotidien. La loi « Obamacare sera soit amendée, soit abrogée, soit remplacée », a-t-il toutefois ajouté, laissant planer le doute sur ses véritables intentions.
Plus d’informations dans notre article :   Donald Trump prêt à conserver une partie de l’« Obamacare »
  • Mobilisations contre le président élu

Les personnes qui manifestent contre Trump, qui sont entrés vendredi dans leur troisième journée de mobilisation dans plusieurs villes des Etats-Unis, assurent préparer un mouvement de longue haleine pour s’opposer au président élu et au Congrès à majorité républicaine dans les quatre prochaines années.
Vendredi soir, les rues de Miami, d’Atlanta, de Philadelphie, de Baltimore, de Portland, de San Francisco, d’Oakland et de Los Angeles ont vu des manifestants défiler. A New York, des rassemblements ont à nouveau eu lieu à Washington Square et devant la tour Trump, sur la Ve Avenue, où vit le futur président des Etats-Unis. Environ 1 200 manifestants étaient mobilisés dans le quartier de Greenwich Village, selon une estimation de la police.
« Je ne suis pas ici pour contester l’élection, parce qu’il n’y a pas de signe de fraude ou de trucage », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Jamie, une manifestante. Mais « il y a beaucoup d’incertitude et nous avons besoin d’un message d’amour ».
Samedi, des rassemblements doivent avoir lieu à New York et à Los Angeles ; à Washington, une manifestation est déjà organisée pour le jour de l’investiture de M. Trump.
  • Optimisme de Ban Ki-moon sur l’accord de Paris

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) Ban Ki-moon s’est dit confiant vendredi dans la capacité du président Trump à dépasser la rhétorique du candidat Trump. Dans un entretien à l’AFP, M. Ban a annoncé qu’il souhaitait le rencontrer avant de quitter son poste à la fin de décembre.
Les deux hommes ont eu un échange téléphonique vendredi après-midi. « Il a fait beaucoup de déclarations inquiétantes, mais je suis sûr qu’il comprendra toute l’importance, la gravité et l’urgence » de l’accord de Paris, a affirmé M. Ban.
« Si quelqu’un cherchait à défaire [l’accord] ou à faire dérailler tout ce processus, cela créerait de graves problèmes », a cependant averti M. Ban, qui a fait de la lutte contre le dérèglement climatique une priorité de ses dix années passées à la tête de l’ONU.
  • Suspension de la ratification du Partenariat transpacifique

Le gouvernement Obama a suspendu les démarches visant à assurer l’adoption par le Congrès du Partenariat transpacifique (TPP) avant l’entrée en fonction du prochain président, vendredi. Le sort de l’accord commercial dépend désormais de M. Trump et des parlementaires républicains.
Des représentants du gouvernement ont ajouté que le président sortant s’efforcerait d’expliquer la situation aux dirigeants des onze autres pays concernés par le texte lors d’un sommet régional au Pérou la semaine prochaine.
M. Trump a fait du rejet du TPP l’un de ses principaux arguments de campagne, parlant à son propos de « désastre » et de « viol [des Etats-Unis] » en lui reprochant de favoriser les délocalisations.

Le Monde.fr avec AFP