L'alcool, cause méconnue de cancers dans les pays développés

Dans les pays développés, l'alcool est à l'origine de nombreux cancers, selon l'OMS. Photo d'illustration: une foire aux vins italiens à Vérone, avril 2016.

L'alcool est responsable de plus de 700 000 nouveaux cas de cancer et de 365 000 décès, selon une nouvelle étude de l'OMS.

Selon une nouvelle étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les cancers liés à l'alcool représentent 5% des nouveaux cas de cancers et 4,5% de tous les décès par cancer chaque année dans le monde. Soit, par rapport aux chiffres 2012, 700 000 malades et 365 000 décès. Des chiffres rendus publics à l'occasion du Congrès mondial contre le cancer, qui ferme ses portes ce jeudi à Paris.

Un lien entre cancer du sein et alcool

L'Amérique du Nord, l'Australie et l'Europe, plus particulièrement l'Europe de l'Est, sont les régions les plus touchées. Les pays qui se développent rapidement, et dont la consommation d'alcool augmente, pourraient les rejoindre."Une grande partie de la population ne sait pas que l'alcool peut provoquer le cancer", a souligné le chercheur canadien Kevin D. Shield en présentant les résultats préliminaires de cette étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), lié à l'OMS.
Le cancer de l'oesophage arrive en tête en ce qui concerne la mortalité (il représente 34% de l'ensemble des 365 000 décès répertoriés en 2012), devant le cancer colorectal (20% des décès). En ce qui concerne les 704 000 nouveaux cas, c'est en revanche le cancer du sein, en pleine expansion chez les femmes, qui domine: il représente 27% des nouveaux cas, devant le cancer colorectal (23% des nouveaux cas).

"Le risque augmente avec la dose ingérée"

Dans des travaux publiés en juin dernier, Kevin D. Shield avait montré que même une faible consommation d'alcool (moins de deux verres de vin ou de 30 ml de spiritueux par jour) pouvait augmenter le risque de cancer du sein de 5% à 10%. Selon cette étude, 17,5% des 38 000 femmes décédées en 2012 d'un cancer du sein attribuable à l'alcool n'en consommaient que peu. Le chercheur estime qu'il n'existe pas de "limite" à ne pas dépasser et que "le risque augmente de façon linéaire avec la dose ingérée".
Quant aux mécanismes biologiques en cause dans les cancers liés à l'alcool, ils ne sont pas encore connus avec précision. Kevin D. Shield a cité le rôle joué par l'éthanol, un agent cancérigène qui peut agir "de différentes manières". Dans le cas du cancer du sein, il peut notamment modifier le niveau d'oestrogène.
Source: lexpress.fr