Le fonds dédié aux entrepreneurs africains mis sur les rails à Abidjan

Un milliard d’euro, c’est le montant visé — par effet de levier — par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission Européenne (CE) pour financer
environ 3 000 start-up et PME africaines via la nouvelle initiative Boost Africa lancée lundi à Abidjan en Côte d’Ivoire.
L’état major de la BEI, composé de son président Werner Hoyer et d’Ambroise Fayolle, le vice-président, et Stefano Manservisi, le directeur de la coopération internationale et du développement à la Commission Européenne, ont fait le déplacement à Abidjan au quartier général de la BAD.
La mise de départ est de 100 millions d’euros pour commencer, à même de générer un effet de levier d’un milliard d’euros selon les chiffres communiqués lundi à Abidjan. «  Il ne s’agit pas d’un financement direct, mais d’un capital-risque qui permettra au système bancaire de financer les PME et les start-up », a expliqué Akinwumi Adesina, le président la BAD, précisant que le fonds sera destiné prioritairement aux jeunes africains.
Pour le président de la BEI, Boost Africa peut être un nouveau départ pour les pays fragiles sortis de crise, tout comme les pays qui consolident leurs croissances économiques. Au départ, 1 500 PME et start-up dans divers secteurs d’activité allant de l’agriculture, au commerce, à la santé, l’éducation ou les nouvelles technologies sont ciblés.
De 25 à 30 fonds
« C’est un fonds de confiance en la jeunesse africaine. Nous voulons donner de l’espoir aux jeunes. La crise migratoire fait d’énormes dégâts, le futur de la jeunesse africaine n’est pas sous la mer Méditerranée. Nous monterons rapidement à 230 millions d’euros », a poursuivi Akinwumi Adesina.
Sur le continent, environ 13 millions de jeunes âgés de 24 ans sont sur le marché de l’emploi chaque année, mais une petite proportion a accès au travail. Boost Africa devrait permettre à terme le financement de 3 000 entreprises et créera 25 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects. Les critères d’accès au financement de Boost Africa reposent sur la rentabilité des projets via les business plans qui seront proposés. Tous les pays du continent sont éligibles au fonds.
Ce programme se matérialisera par des prises de participation, de l’assistance technique aux entrepreneurs et des apports d’information. La BEI et la BAD apportent 50 millions d’euros chacune déclinés dans diverses fonds (25 à 30) qui interviendront dans le financement de jeunes sociétés à différents stades de leur développement. 20 millions d’euros iront au volet assistance technique et 10 millions d’euros à la partie de diffusion d’informations, sans que le financement de ces deux dernières enveloppes n’ait été précisé.
Jeuneafrique.com