Quel avenir pour Nicolas Sarkozy après sa défaite ?

figarofr: L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, dimanche à son QG de campagne
L'ancien chef de l'Etat âgé de 61 ans a dit vouloir «aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique».

Nicolas Sarkozy a vu son rêve de reconquête de l'Elysée lui échapper. La fin probable d'une carrière politique de quarante ans, riche en rebondissements. Et une interrogation: que va faire le jeune retraité de 61 ans? «Il est temps pour moi d'aborder une vie avec plus de passion privée et moins de passion publique», a lancé l'ex-chef de l'Etat, dimanche, depuis son QG.
Cette question, Nicolas Sarkozy a déjà eu l'occasion de se la poser. En 2012, salle de la Mutualité, il annonçait à ses militants: «Je resterai l'un des vôtres (...) Ma place ne pourra plus être la même. Après 35 ans de mandats politiques, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent».
Nicolas Sarkozy s'était d'abord offert des vacances au Maroc, à l'invitation du roi Mohammed VI, avant de faire le tour du monde pour des conférences rémunérées. Qu'en sera-t-il demain? À son agenda, l'ex-président a encore un rendez-vous politique: dimanche, il se rendra au bureau de vote pour glisser un bulletin au nom de François Fillon. Puis, il ira «certainement retrouver sa famille», a imaginé Brice Hortefeux, sur LCI.
Son entourage n'a pas manqué de l'entourer: «Quelquefois, les meilleurs perdent. Bravo mon amour, je suis fière de toi», a écrit Carla Bruni sur Instagram. Quant à Louis Sarkozy, son jeune fils, il a posté une vieille photo de son père, place de la Concorde, tenant un drapeau tricolore, accompagné de ces quelques mots: «Certaines histoires d'amour ne finissent jamais...»
Le PS ne croit pas à son retrait définitif
La politique, est-ce totalement terminé pour Nicolas Sarkozy? «Il s'est exprimé, c'est ce que j'ai compris», a confirmé Brice Hortefeux quand Eric Ciotti a, lui, parlé d'une «page qui se tourne» sur France inter. «L'histoire est finie», a complété Rachida Dati sur Europe 1.
L'homme pourra quand même garder un pied dans le marigot. Il peut toujours profiter des bureaux offerts par la République à tous les anciens chefs de l'Etat. Les siens sont encore situés au 77 rue de Miromesnil, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Juridiquement, il peut encore demander à siéger au Conseil constitutionnel. Il avait arrêté de s'y rendre en 2013, après l'invalidation de ses derniers comptes de campagne.
À gauche, certains ne croient pas au retrait total et définitif de cette bête politique. «Il a fait beaucoup de références à la France dans la première partie, maîtrisée, de son discours. Et en général, c'est que l'on a derrière la tête l'idée que l'on pourrait toujours la servir», a jugé Jean-Christophe Cambadélis sur France info.