Tchad: hausse des prix des appels téléphoniques pour compenser le pétrole

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(N’Djaména, 14 novembre 2016) – Le gouvernement tchadien, ne pouvant plus compter sur les moyens de l’exportation du pétrole, est à la recherche d’autres sources de financement, afin de
faire face aux dépenses inscrites dans le budget de l’exercice 2017. Entre autres moyens annoncés par le ministre des finances, figure l’application à partir de janvier 2017 des droits d’accise, d’un taux de 18% à la téléphonie mobile.
Tous les moyens sont bons pour le gouvernement tchadien afin d’élargir l’assiette fiscale. Restés inapplicables depuis de nombreuses années, les droits d’accise d’un taux de 18% seront désormais perçus sur la téléphonie mobile.
En dehors de cette mesure, il est également annoncé le basculement des agences de voyages, actuellement sous le régime de l’impôt général libératoire, vers une taxation réelle normale. Ce sera également le trésor public qui retiendra désormais à la source la TVA sur les marchés, conventions, contrats, factures et bons de commande administratifs.
Madeleine Alingué, ministre tchadienne de la Communication et porte-parole du gouvernement a indiqué que cette batterie de mesure devra améliorer le niveau des recettes hors pétrole. Pendant longtemps, le pays dirigé par Idriss Deby a tiré l’essentiel de ses ressources de la manne pétrolière. Depuis la chute drastique des prix à l’international, le Tchad connait des difficultés financières certaines.
Un budget déficitaire de plus de 244 milliards de Fcfa
Selon le projet de budget adopté en début de semaine par le gouvernement tchadien, les prévisions de recettes pour le budget 2017 sont estimées à 692 milliards Fcfa, contre 937 milliards Fcfa pour les dépenses, soit un déficit de 244 milliards Fcfa.
Et alors que le pétrole continue sur un trend baissier, rendant déficitaire la balance commerciale du pays, le secteur de la téléphonie mobile connaît pour sa part une croissance exponentielle. Entre 2009 et 2013, les sociétés de ce secteur ont versé 191 milliards Fcfa au titre de diverses redevances d’impôts et taxes.
Le secteur occupe ainsi la 2e position après les industries du pétrole en termes d’apport dans la croissance de l’économie du pays et le gouvernement compte bien en tirer profit en appliquant toutes les taxes prévues dans la loi fiscale.
Par Didier Assogba
Source: afrique.latribune.fr