Cameroun: La crise économique-QUEL GACHIS ! Les Camerounais sont sonnés : la crise est là, et bien là ! Le système est à sec, et la sécheresse se constate aux mines défaites

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QUEL GACHIS !
Les Camerounais sont sonnés : la crise est là, et bien là ! Le système est à sec, et la sécheresse se constate
aux mines défaites, aux boutiques achalandées qui ne trouvent aucun client, les villes qui à la veille de Noël, sont plus abandonnées que els simples jours.
Mais personne ne dira qu’il n’a été averti : depuis 2007, date à laquelle la Vision est dirigée, jusqu’à 2015, je n’ai cessé de répéter que la politique folle et totalement insensée menée par le Gouvernement ne pouvait que conduire à la crise.
J’ai été moqué, j’ai été menacé. J’ai écrit des articles quelquefois.
J’ai rencontré les Ministres de l’Economie dans leur Cabinet et je leur ai proposé des solutions, pour anticiper. Tout ce monde m’a répondu par un immense éclat de rire.
« Il a faim et veut un poste », ricanaient-ils.
Aujourd’hui, nous en sommes où ? Où sont les rieurs ?

Le CFA sera dévalué, il n’y a rien d’autre à faire. En effet, quand un pays accumule des déficits de sa balance courante, autrement dit, qu’il consomme les biens des autres pays sans être capables de leur vendre l’équivalent, il épuise d’abord ses réserves qui sont comme son épargne, puis il se surendette. Un pays qui se retrouve dans une telle situation doit immédiatement procéder à un « ajustement structurel ». Ce terme revêt deux dimensions complémentaires qu’on oppose souvent à tort :
-L’AJUSTEMENT INTERNE, qui consiste à des mesures visant à réduire les postes de dépenses qui aggravent le déficit et à mieux utiliser ses ressources externes. Il se traduit par la baisse des salaires, la compression des effectifs, le désengagement de l’Etat,
-L’AJUSTEMENT EXTERNE, consistant à réduire le pouvoir d’achat extérieur du pays, en réduisant la valeur de sa monnaie : c’est la dévaluation
Suivant la gravité de la situation, les circonstances et le type de monnaie, on peut utiliser l’une de ces politiques ou les deux à la fois. Les pays qui ont une monnaie nationale auront tendance à aller plus facilement vers la dévaluation, alors que ceux qui ont une monnaie commune prioriserons l’ajustement interne. Mais si la situation est très grave, on recourt simultanément aux deux, comme le cas du CFA en 1994.
Qu’en est-il de la situation au Cameroun ? C’est que l’ajustement structurel qui a commencé en 1987 et s’est achevé en 2008 avec l4atteinte du Point d’Achèvement s’set traduit par des compressions des effectifs dans la Fonction Publique, la réduction des salaires, la privatisation de certaines entreprise publiques, le démantèlement des autres avec mise en chômage des milliers d’employés dont certains n’ont jamais reçu leurs indemnités jusqu’à ce jour, et les réclament souvent en barrant les routes au premier Ministère !
Le Cameroun n’a donc plus la moindre marge pour un ajustement interne. Reste donc l’ajustement externe, autrement dit, la dévaluation.
Celle-ci est donc fatale.
Pourtant, le Cameroun a eu une chance extraordinaire en 2008 ! Il lui suffisait, d’une part, binariser le CFA en lui accolant un CFA local inconvertible, et d’autre part, relancer la production de la manufacture des biens d’usage courant.
On peut se poser deux questions principales :
1. POURQUOI LA MANUFACTURE DES BIENS D’USAGE COURANT
Le développement du secteur manufacturier des biens d’usage courant est indispensable à tout développement pour les raisons suivantes :
1. LA FORMATION TECHNOLOGIQUE : la production de tels biens joue le rôle formateur par excellence à partir duquel un pays entame le parcours technologique pour remonter progressivement vers les segments techniques les plus complexes. En matière de développement industriel, on ne fait pas de saut et un pays ne peut prétendre devenir compétitif dans la production des ordinateurs quand il n’arrive pas à fabriquer les cartables scolaires pour ses propres enfants. C’est à travers ce type de production qu’on bâtit l’esprit technologique sur lequel repose le développement industriel.
2. L’ACCESSIBILITE FINANCIERE : les biens d’usage courant sont généralement assujettis à une grande variété des goûts, ce qui favorise l’existence d’un très grand nombre de producteurs et par suite, réduit l’impact des économies d’échelle qu’on trouve dans les grosses industries. Il en découle que c’est le secteur de prédilection des PME/PMI dont la mise en place est accessible à nos capacités financières.
3. LA STABILISATION MACROECONOMIQUE : tous les autres secteurs tels que l’agriculture, les mines ou les services génèrent un revenu qui peut être important, mais en l’absence d’une offre locale des produits manufacturiers, ce revenu est consacré à l’achat des biens importés, avec pour conséquence la dégradation du solde commercial e par suite, une mauvaise croissance. A contrario, le manufacture des biens d’usage courant génère des revenus utilisés pour acheter les mêmes produits. En outre, il retient le revenu des autres secteurs qui s’y approvisionnent. C’est l’unique secteur stabilisateur de l’équilibre macroéconomique, d’où son rôle rôle fondamental dans l’amorce du développement.
4. LE POTENTIEL D’EMPLOI : les biens d’usage courant sont nombreux et très variés. Dans tous les pays du monde, il constitue la base productive qui fournit la c plus grosse partie de la main-d’œuvre industrielle, contrairement à la croyance commune qui réduit l’industrie occidentale à quelques fleurons de taille mondiale. En effet, à côté de Boeing ou d’IBM qui s’imposent au monde entier comme des grandes multinationales, on retrouve aux USA un grand nombre de PME/PMI qui produisent des assiettes, des cuillers, des tournevis ou des balais. Ce sont ces petites structures qui fournissent le plus gros de l’emploi et non ces géants mondiaux qui jouent un rôle plutôt politique de domination et d’affirmation.
5. L’ADAPTATION AU MARCHE CAMEROUNAIS : l’une des raisons évoquées pour expliquer les difficultés d’industrialisation de nos pays est l’étroitesse des marchés. Cette raison est, certes, valable, mais uniquement pour des secteurs industriels très spécialisés tels que l’aciérie, la pétrochimie ou l’industrie automobile. Il n’en est plus de même pour les biens d’usage courant pour lesquels même les petites unités peuvent être compétitives.
6. LES EFFETS STRUCTURANTS : nos villes apparaissent malheureusement comme des simples centres de consommation. Elles ne jouent pas le rôle traditionnel assigné aux centres urbains dans le monde entier et au cours de l’histoire humaine, se bornant à consommer les produits agricoles qui viennent du monde rural, et les produits manufacturés qui viennent de l’extérieur, mais elles ne vendent rien en échange. L’implantation d’une industrie de biens d’usage courant va normaliser leur rôle économique, par delà leur fonction actuelle de transit et de services.
En définitive, la production de biens d’usage courant à technologie accessible se présente comme le tremplin nécessaire pour restaurer la compétitivité de notre économie. La difficulté à laquelle ce secteur est confronté au Cameroun ne vient pas de la faiblesse de notre compétitivité, mais des formes atypiques d’approvisionnement ne ressortant pas d’une compétition normale et qu’on peut regrouper en trois types :
-les APPROVISIONNEMENTS-BROCANTE, qui désignent les biens usagers ou obsolètes, sortis du réseau commercial européen et essentiellement destinés à la poubelle ou à la casse, et qui retrouve en Afrique une seconde vie ;
-les APPROVISIONNEMENTS-PACOTILLE qui viennent de Chine, et couvrent des produits bas de gamme issus des essais ratés, qu’on vient déverser en Afrique, à coup de dumping ;
-les APPROVISIONNEMENTS-REBUS, qui regroupent les sous-produits ou les produits impropres à la consommation, tels que les abats des animaux malades, les brisures de riz destiné aux porcs, les huiles impropres à la consommation et les médicaments périmées.
Ces produits profitent de leur coût pratiquement nul puisque sans grande utilité dans leurs pays d’origine, et de la faiblesse de notre pouvoir d’achat pour s’imposer à des prix qui rendent à jamais impossible toute perspective d’industrialisation. De tels modes d’approvisionnement sont interdits dans tous les pays d’Asie du Sud-est où ils sont punis de la peine de mort, car ils verrouillent le premier stade par lequel s’amorce l’industrialisation.
La Monnaie Binaire est le mécanisme idoine pour éliminer ces biens sans violer nos engagements extérieurs.
2. POURQUOI LE CFA ET NON UNE MONNAIE SOUVERAINE ?
Les raisons pour lesquelles il fallait commencer par binariser le CFA sont les suivantes :
1. Un pays du niveau du Cameroun ne peut pas se développer avec une monnaie souveraine, car il est encore trop faible pour que cette monnaie puisse jouer un rôle dans une politique monétaire. Dans ce cas, il faudrait une monnaie souveraine et binaire et c’est la meilleure solution. Mais en attendant, la binarisation du CFA peut être très efficace à court terme ;
2. La mise en place est très facile, peu coûteux et ne réclame qu’un arrêté ministériel (suivant un mot d’un très haut responsable du MINFI). Sous la forme de la Monnaie-Trésor, elle s’inscrit simplement dans le paysage financier du Cameroun, sans la moindre rupture
3. Les forces qui s’opposent à la sortie du CFA sont encore trop puissantes, puisqu’elles comptent la presque totalité de nos hommes politiques, la presque totalité de nos universitaires, sans compter leur tuteur, la France qu’ils craignent à l’égal d’un serpent venimeux !
4. Le CFA nous a enserré dans une série de liens avec des pays frères qui font que d’un côté, il ne serait pas intéressant de prendre une initiative isolée, et de l’autre côté, il est difficile de les amener à sortir collectivement du CFA.
5. Nous sommes au Cameroun et nous nous connaissons : aucun d’entre nous ne dormirait en paix en sachant que les Dalton qui nous commandent ont une planche à billets ? Des gens incapables de résister devant un budget seraient terrifiants si on leur donnait la moindre possibilité de fabriquer l’argent par eux-mêmes.
6. La situation actuelle du Cameroun ne permet pas ce genre d’aventure. Rien que l’information que le régime du RDPC change la monnaie suffit à tuer cette monnaie dès le berceau ! Une telle information va semer la panique et tous les hommes d’affaires, y compris les Camerounais eux-mêmes vont sortir d’ici en courant !
Peut-être qu’après leur départ, les choses iraient mieux, mais pour le moment, c’est eux qui sont là et le principe de réalité veut qu’on en tienne compte !
Bref, il fallait éviter des solutions complexes et qui allaient créer plus de problèmes.
VOILA CE QU’IL FALLAIT FAIRE EN 2006, PARCE QUE C’EST CELA QUI ELOIGNAIT DEFINITIVEMENT LA CRISE AU CAMEROUN.
C’EST BIEN CE QUI A ETE PROPOSE AU GOUVERNEMENT.
HELAS !
Nti Dieudonné ESSOMBA
Président de l’Ecole africaine de l’Economie Contemporaine