Congo : Denis Sassou-N'Guesso regagne Brazzaville après un rendez-vous non abouti avec Donald Trump

Denis Sassou-N'Guesso à son retour de Miami

Le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N'Guesso a regagné son pays ce vendredi 30 décembre 2016 après un séjour aux Etats unis d’Amérique, où il devait avoir un tête-à-tête avec le nouveau président élu, Donald Trump. Une rencontre qui n’a pu avoir lieu... Que s’est-il donc passé ?

Tout commence le lundi 26 décembre dernier. Le numéro UN congolais décolle de Maya Maya à la tête d’une délégation très restreinte, destination Miami. La raison officielle de ce voyage quasi brusque, auquel prend part le ministre des affaires étrangères, est très vite fournie par un communiqué officiel de la Présidence de la République.
 
« Le président Denis SASSOU-N'GUESSO est attendu ce 27 décembre 2016
aux Etats-Unis d’Amérique où il sera reçu, en sa qualité de Président du Comité de Haut niveau de l’Union Africaine sur la Libye, par le Président élu des Etats-Unis,
Monsieur Donald TRUMP. »
 
L’information est immédiatement relayée dans les médias par le Ministre de la communication en personne, dans une interview détaillée qu’il accorde à Radio France Internationale (RFI). Aussitôt, la presse du monde entier s’enflamme, et véhicule en boucle que « Denis Sassou-N'Guesso sera le premier chef d’Etat africain à être reçu par le tout-puissant nouveau président américain ».
 
Une idée qui ne plait guère à « l’establishment » politico-médiatique occidental.
Encore moins aux détracteurs du président congolais, localement comme dans la diaspora qui, de fait, se sont sentis très frustrés par une telle rencontre au sommet, qui ferait bondir l’aura politique de Denis Sassou-N'Guesso, l’adversaire politique, devenu pour beaucoup un « ennemi » viscéral.
 
Et voilà que, ce 30 décembre 2016, tôt le matin à 7h10, le Boeing présidentiel de Denis Sassou-N'Guesso se pose à Brazzaville, de retour de Miami. Sans que l’Homme fort du Congo n’ait pu s’entretenir avec son « hôte » américain.
 
L’Homme est cependant sorti de son avion, avec dignité, et a salué chaleureusement comme à l’accoutumée, la délégation des corps constitués venue lui rendre les honneurs sur le tarmac du pavillon présidentiel de Maya Maya, avant de regagner sous escorte, son Palais.

Que s’est-il donc passé à Palm Beach, en Floride ? Comment expliquer ce qui est arrivé à la délégation congolaise ?... Qu’est ce qui n’a pas fonctionné ?

Ceux qui le connaissent bien, affirment que, Denis Sassou-N'Guesso, un homme d’état particulièrement aguerri, méticuleux et prudent, n’aurait jamais quitté son palais pour une destination aussi lointaine, s’il n’avait pas reçu des assurances certaines sur le sérieux, les enjeux, et le but de son déplacement.
 
Des personnes proches du dossier expliquent que, la rencontre entre les deux hommes d’état était parfaitement ficelée. Sauf qu’il s’agissait d’une rencontre « officieuse ».
 Le nouvel élu à la Maison blanche ayant émis le souhait de discuter, avant son entrée en fonction le 20 janvier prochain, avec le chef de l’état congolais, doyen des présidents africains, possédant une connaissance reconnue des dossiers relatifs au continent et notamment, à la question libyenne.
 
Les entretiens étaient prévus à huis clos, dans un cadre quasi confidentiel.
 
Lorsque la machine médiatique congolaise, occidentale et ouest-africaine s’emballe sur la base du communiqué de la Présidence de la République du Congo et de l’intervention du ministre de la Communication sur RFI, les médias anglo-saxons se tournent alors vers Hope Hicks, une des porte-paroles de Donald Trump, à New York.
 
Celle-ci, qui n’a de toute évidence pas été mise dans la confidence de cette rencontre prévue à la résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, où le futur locataire de la Maison Blanche passe les fêtes en privé, répond tout naturellement (et très professionnellement ! ) « U.S. President-elect Donald Trump has no meeting planned with Republic of Congo President Denis Sassou ». Et d’ajouter « there had never been a meeting scheduled and would not be one before Trump takes office on Jan. 20 ».
 
Cette affirmation, naïve et innocente de Hope Hicks met alors le feu aux poudres, et provoque un volte-face médiatique des grands journaux internationaux. Ce qui explose littéralement les réseaux sociaux détracteurs, tout en laissant sans voix, les communicants officiels et les diplomates congolais, qui n’avaient pas prévu un tel scénario.
 
Sur place à Miami, le ministre congolais des affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, harcelé par la presse, tente de tempérer « la patience est notre règle, le temps de la diplomatie n'étant pas celui des médias ». Au finish, la délégation congolaise attendra, en vain, un signal de Donald Trump, qui, on peut l’imaginer a du se rétracter, suite à des pressions (sans doute) multiformes.
 
Ce matin 30 décembre en tout cas, le chef de l’état a retrouvé sa nation, où un calendrier politico-économico-social chargé, l’attendait en cette fin d’année.
Et le travail reprend son cours !

Jean Claude Nkou (CongoSite)
portail242.info