© Andy Wong/AP Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a menacé dimanche de ne plus reconnaître une «Seule Chine». 
 Dans un long entretien sur la chaîne Fox, le président élu des États-Unis a menacé dimanche de
remettre en cause le principe qui régit les relations avec Pékin depuis des décennies.
«Je ne veux pas que la Chine me dicte ce que je fais». Le président élu des États-Unis Donald Trump a menacé dimanche sur la chaîne Fox de ne plus reconnaître le principe de la «Chine unique», qui a conduit Washington à interrompre en 1979 ses relations diplomatiques avec Taïwan, si Pékin ne fait pas de concessions surtout en matière commerciale.
Donald Trump a défendu avec véhémence sa récente conversation téléphonique avec la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, il y a plus d'une semaine. Il s'était alors félicité sur Twitter d'avoir reçu un appel de la présidente taïwanaise. Une conversation en apparence anodine, qui rompt avec quarante ans de tradition diplomatique et qui a entraîné la protestation «solennelle»de Pékin.
En effet, depuis 1979, les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec Taïwan, ne reconnaissant que la politique de la «Chine unique». Taïwan est de facto séparé de la Chine depuis la fin de la guerre civile en 1949, lorsque l'armée nationaliste du Kuomintang (KMT) s'est réfugiée dans l'île après sa défaite face aux communistes. Pékin considère toujours Taïwan comme faisant partie de la Chine.

«Ils ne font rien pour nous aider»

Le président américain élu a expliqué sur la Fox qu'il aurait été insultant de pas répondre à l'appel de Tsai Ing-wen qui voulait le féliciter pour sa victoire. «Je ne sais pas pourquoi nous devons être liés à une politique d'une Chine unique, à moins que nous passions un accord avec la Chine pour obtenir d'autres choses, y compris sur le commerce», a-t-il estimé.
«La Chine nous a-t-elle demandés si c'était OK de dévaluer sa monnaie (ce qui rend la concurrence plus difficile pour nos entreprises), pour taxer lourdement nos produits qui rentrent dans son pays (les USA ne les taxent pas) ou pour bâtir un vaste complexe militaire au milieu de la mer de Chine méridionale? Je ne crois pas», avait-il déjà écrit sur Twitter après les réprimandes de Pékin début décembre.
Outre les questions commerciales et de politique en matière de taux de change, Trump a accusé la Chine de ne pas coopérer avec les États-Unis sur les questions d'armements nucléaires ou encore sur les tensions dans la Mer de Chine méridionale, où Pékin renforce fortement sa présence militaire. Concernant la menace présentée par les armes nucléaires de la Corée du Nord, le président élu a fait valoir que la Chine, le principal allié de Pyongyang, «pourrait résoudre ce problème». Mais «ils (les Chinois) ne font rien pour nous aider», a-t-il lancé. Pourtant la Chine a fin novembre voté en faveur de nouvelles sanctions, quand l'ONU a resserré l'étau des sanctions internationales autour de la Corée du Nord en plafonnant les exportations nord-coréennes de charbon vers la Chine.