MESSAGE DE FIN D'ANNEE DE MAURICE KAMTO AUX CAMEROUNAIS

 
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes de l’intérieur et de la diaspora,

L’année qui s’achève a été une année riche d'évènements qui ont attristé notre peuple. Il s'agit d'une année d'épreuves sur le plan de la sûreté et de la sécurité des citoyens camerounais, ainsi que du vivre ensemble et du devenir de notre Etat-nation, comme le montre de manière inquiétante la question anglophone. En outre, cette fin d'année 2016 marque un nouveau tournant régressif dans le domaine économique et social de notre pays.
Sur la question anglophone
L'année 2016 s'achève sur des violences tragiques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Aux viols, à la torture et aux traitements cruels, inhumains et dégradants de jeunes filles désemparées traquées dans les taudis qui leur tiennent lieu de résidence universitaire à Buea, se sont ajoutés les massacres de populations révoltées mais sans armes, notamment à Bamenda et Kumba. Nous avons condamné et condamnons encore fermement ce comportement inacceptable, car rien ne peut justifier de tels actes criminels de la part d'un Gouvernement dont la mission première est de protéger les populations, d'être à l'écoute de leurs plaintes et de répondre à leurs doléances.
Dans un contexte politique et social rendu hostile au Gouvernement en raison des propos irresponsables de certains ministres, les mêmes autorités administratives, qui ne manquent jamais de prétexte pour interdire les meetings du MRC et d'autres manifestations de l'opposition, ont accordé avec une complaisance coupable l’autorisation de la tenue d’un meeting du RDPC, le jeudi 08 décembre 2016. Ce meeting, qui n’était en réalité qu'une diabolique provocation administrative et politique a, comme on pouvait s'y attendre, tourné en affrontements et excès divers. Dans ce contexte d'embrasement populaire, quelques individus on cru devoir provoquer les Camerounais en désacralisant publiquement les armoiries de la République. Ces provocateurs qui ont foulé au pied puis brûlé le drapeau du Cameroun, symbole révéré chargé d'une mystique indéchiffrable de notre amour commun pour notre patrie, auraient dû être arrêtés et traduits devant les tribunaux pour y être jugés et punis conformément à la loi. Au lieu de cela, les forces de sécurité et de défense ont décidé de transformer une simple opération de maintien de l’ordre en une opération de guerre urbaine. Dans un déchaînement de violence disproportionnée et inutile, elles ont appelé les militaires en renfort, alors même qu’à aucun moment le gouvernement n’a révélé à l’opinion que les contestataires étaient armés; comme en 2008, ils ont abattu des Camerounais aux mains nues.
La revendication du fédéralisme n’est pas un crime. Rien ne justifie donc la mort infligée à des Camerounais qui formulent une telle revendication. Le MRC réitère sa demande de l’ouverture d’une enquête diligente pour établir toutes les responsabilités, administratives, policières et militaires; rechercher et poursuivre en justice les éléments des forces de sécurité et de défense qui ont abattu des compatriotes aux mains nues avec les armes de la République, violé et infligé à des étudiants des traitements cruels et inhumains sur le campus et dans leurs résidences, notamment à Buea.
Il existe donc dans notre pays une question anglophone, que même ceux qui la niaient obstinément depuis des années sont désormais obligés de reconnaître. Le MRC l’a affirmé dès son lancement en août 2012 et en a fait un point d'intérêt majeur de son projet de société.
Il faut aborder cette question en distinguant la méthode du fond.
En ce qui concerne la méthode, le MRC a soutenu de façon constante que cette question doit être discutée et réglée dans le cadre d’un dialogue républicain, et en a appelé à ceux qui sont en charge des affaires du pays aujourd'hui afin qu'ils mettent en place un cadre pour ce dialogue. Le MRC est incontestablement le promoteur de cette idée de dialogue comme seule démarche adéquate pour aborder cette épineuse question, puisse qu'il l'a proposée dès 2012, l'a réitéré lors de son meeting à Bamenda le 25 juin 2016 et de son meeting à Ngaoundéré le 10 décembre 2016. Cette proposition semble partagée aujourd'hui par toute la classe politique, et nous ne pouvons que nous en réjouir, même si cette conversion est bien trop tardive, notamment en ce qui concerne le Gouvernement; car, on aurait pu éviter le drame qui a endeuillé le pays du fait des nombreux morts causés dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest si l'on avait prêté attention à nos appels réitérés au dialogue.
S'agissant du fond, diverses positions se sont exprimées, et l'on assiste à une opposition entre les tenants du fédéralisme avec un nombre variable d'Etats fédérés et les champions arrogants d'un centralisme figé et étouffant.
Le MRC estime que le dialogue souhaité ne doit pas être préempté par des positions immuables arrêtées avant son organisation. A cet égard, il a toujours dit clairement aux compatriotes des régions anglophones que la sécession ne peut être en aucun cas une solution à leur mal être au sein de la Nation camerounaise, et que une fois ce point non négociable admis par tous, toutes les propositions peuvent être mises sur la table du dialogue. A cet égard, le MRC tient le pouvoir actuel pour responsable de la crise politique née du soulèvement de nos compatriotes anglophones, car la mise en place des Régions prévues par la Constitution de 1996, qui confère une large autonomie aux collectivités territoriales décentralisées, aurait sans doute enlevé leur pertinence aux revendications de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s'agissant en particulier de la forme de l'Etat. En effet, la résurgence, sous une forme violente, des revendications portant sur la forme de l’État, qui vient fausser aujourd'hui les termes du débat politique sur l'avenir préoccupant de notre pays, est la conséquence de vingt ans d'atermoiements, de roublardise et de calculs politiques mesquins qui ont paralysé et paralysent encore la mise en œuvre complète de la Constitution de 1996. Il s'agit d'un des nombreux révélateurs de l’échec de la politique du gouvernement en matière de décentralisation et de démocratisation.
En tout état de cause, le MRC considère qu'un retour pur et simple à un fédéralisme à deux, entre l'ancien Cameroun oriental et l'ancien Cameroun occidental, tel qu'il existait en 1961, serait une douloureuse régression dans l'histoire politique de notre pays. A la vérité, il s'agirait d'un reniement de plus d'un demi siècle d'histoire commune et de tout ce que l'ensemble des Camerounais, anglophones et francophones ont pu et su accomplir ensemble, pour faire de notre pays une nation singulière en Afrique et dans le monde.
Au-delà des allégations sur le déroulement de la Conférence de Foumban, qui donna naissance à la République fédérale du Cameroun, nous ne devons pas perdre de vue les raisons objectives avancées en 1972 pour le passage à l'Etat unitaire, ni le fait que l'histoire de l'Etat du Cameroun ne commence pas avec le partage de l'administration de notre pays entre la France et la Grande-Bretagne après la défaite de l'Allemagne lors de la première guerre mondiale. Ce sont tous ces éléments historiques, ces héritages multiples que nous devons avoir à l'esprit, afin de mener judicieusement et uniquement dans l'intérêt supérieur de notre pays les discussions sur la forme de l'Etat. A cet égard, nous devons relever que la décision sur cette question de la forme de l’État relève de la souveraineté du peuple Camerounais et ne saurait être fixée à partir des revendications d'une composante de la nation, si légitimes soient-elles, ni par des arrangements politiques entre groupes politiques.
Sur le drame d’Eséka
Je réitère une fois de plus les sincères condoléances du MRC aux familles des victimes de ce drame dont le nombre exact reste en débat, malgré les chiffres officiels donnés par le Gouvernement; dans le même élan, je souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Ce drame pose, d'une manière tragique, la question des conditions de la privatisation de la société CAMRAIL, en particulier le problème de la corruption qui gangrène notre pays. En effet, il est urgent de faire toute la lumière sur les conditions et les termes exacts de la concession donnée dans une totale opacité au groupe privé qui opère aujourd'hui notre chemin de fer par des dirigeants eux-mêmes intéressés dans la transaction. Le délai de trente jours donné par le chef de l’État à la commission d’enquête créée à la suite de la tragédie d'Eséka est largement dépassé sans pour autant que les Camerounais soient informés des causes exactes de cet accident de train.
Le Président de la République doit rendre public les conclusions de l’enquête, au risque d’entretenir la défiance de l’opinion vis-à-vis de toutes les commissions d’enquête gouvernementales, comme ce fut le cas à la suite de la catastrophe de Nsam, des émeutes de février 2008, la disparition des neuf de Bepanda, l'assassinat des religieux, l’assassinat des vingt éléments de nos forces de défense, la disparition du bébé de Mme Vanessa TCHATCHOU, la débâcle des Lions Indomptables au Mondial organisé en Afrique du sud et j'en passe.
Ce drame d’Eséka a dévoilé les graves insuffisances du Gouvernement en matière de coordination et de gestion des crises. Qu'il suffise de relever la cacophonie créée par le ministre des Transports qui, avec une légèreté déconcertante, a démenti le déraillement du train alors que la catastrophe avait eu lieu, et n'a pas eu la décence de présenter des excuses aux Camerounais, préférant, comme c'est l'habitude au sein du Gouvernement, trouver des boucs émissaires; l'étalage de l'incapacité du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation en matière de gestion de catastrophes et de projection à temps des moyens d’assistance sur le lieu du drame; les atermoiements du Ministère de la Santé publique qui ont coûté de nombreuses vies; les actions plus spectaculaires qu’efficaces des Ministères en charge de la Sécurité qui n'ont pas facilité la tâche de la justice. Il est venu le temps de s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’on n’a pas utilisé les hélicoptères de l’armée pour porter secours aux victimes et les évacuer à temps dans les centres hospitaliers appropriés ? Ces hélicoptères ont pourtant été mobilisés le 8 décembre 2016 à Bamenda, lorsqu’il a fallu réprimer dans le sang les revendications anglophones.
Sur la situation économique du pays
J’aurais pu m'appesantir cette année encore sur l'absence d'une politique économique cohérente, la destruction des entreprises et des emplois par une fiscalité à l'emporte pièce, le chômage endémique qui frappe en particulier les jeunes, le rythme insoutenable de l'endettement, le déficit structurel de la balance commerciale et de la balance de paiement, l'accroissement de la pauvreté, etc. Mais, la catastrophe que nous redoutions et par rapport à laquelle nous n'avons cessé de tirer la sonnette d'alarme depuis trois ans est arrivée: le Cameroun va être placé à nouveau sous ajustement structurel du Fonds Monétaire International (FMI). En effet, à l'issue du Sommet extraordinaire qui s'est tenu les 22 et 23 décembre 2016 à Yaoundé, il a été décidé, entre autres, "d'ouvrir et de conclure à brève échéance des négociations bilatérales avec le FMI, pour mieux structurer les efforts d'ajustement" des Etats de la CEMAC. Moins de dix ans après avoir atteint le point d'achèvement de l'initiative Pays Pauvre Très Endettés (PPTE) en 2006 et passé la dernière revue du FMI en septembre 2008, après 20 ans d'ajustement structurel dans la sueur et les larmes, voici que le peuple Camerounais est plongé à nouveau dans le même désastre; il doit se nourrir encore des mêmes souffrances, pour combien de temps encore l'on ignore; on l'invite comme toujours depuis un quart de siècle à se serrer encore et encore la ceinture, sans avoir eu le moindre répit, ni jouit du moindre fruit des efforts inhumains consentis durant deux décennies.
Avec ce retour au FMI, le miracle financier que l'on croyait trouver dans la fameuse coopération "stratégique" avec la Chine, simplement parce que le Gouvernement voulait se dispenser des exigences de la bonne gouvernance, en particulier d'une gestion rigoureuse des finances publiques, se révèle n'être qu'un mirage. De même, la promesse de l'émergence en 2035, à laquelle personne de lucide ne pouvait réellement croire au vu des médiocres performances économiques du pays depuis l'adoption du fameux Document de Stratégie pour la Croissance et l'Emploi (DSCE), s'évanouit. En raison de l'incompétence et de la légèreté de ceux qui nous gouvernent, de leur tendance à faire du mensonge économique un art de gestion, le redressement de l’économie nationale est devenu notre Mythe de Sisyphe. Pire, l'on a recouru à l'expertise étrangère pour trouver le traitement approprié pour notre économie malade. Comme s'il manquait des économistes camerounais de talent au Cameroun et à l'étranger. Combien de temps encore mettrons-nous notre destin entre les mains des autres?
Pour la deuxième fois, un même Président de la République place son pays sous la tutelle du FMI. C'est sans précédent! C'est révoltant! C'est inacceptable! C'est surtout la preuve d'une incompétence notoire qui éclate désormais à la face du monde. La preuve aussi que le septennat en cours du Président Biya est un septennat de trop; car, après avoir mené le pays au terme du premier plan d'ajustement structurel dans lequel il l'avait plongé pendant 20 ans, il aurait dû passer la main. Il aurait alors pu prétendre avoir réalisé, au moins en partie, une de ses ambitions qui était d'être celui qui a apporté le progrès économique au Cameroun. Mais croit-il seulement à ce qu'il dit? Faute de démissionner avec son gouvernement, il ne lui reste plus aujourd'hui qu'une seule chance de réaliser son autre ambition qui était d'être celui qui a apporté la démocratie à notre pays: organiser les conditions d'une alternance pacifique et démocratique en 2018, à travers des élections justes et transparentes sur la base d'un code électoral consensuel nettoyé des facteurs de la fraude. Le MRC n'a cessé de réclamer la révision du code électoral en ce sens. Cela devient une nécessité impérieuse dans l'intérêt même du Président de la République.
Sur le code électoral
Il convient de rappeler que le 4 décembre 2015, le MRC lançait à Yaoundé, et dans une violence inutile des forces de sécurité, la campagne «SAUVONS LA PAIX AU CAMEROUN EN EXIGEANT DÈS MAINTENANT LA REFORME CONSENSUELLE DU CODE ELECTORAL POUR DES ELECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ET DEMOCRATIQUES».
Le 4 février 2016, cette activité républicaine et pacifique organisée à Douala était elle aussi émaillée, comme toutes les activités de notre parti jusqu'à présent, de violences policières qui ne peuvent s'expliquer que par l’ostracisme administratif et politique décidé et assumé par le Gouvernement contre le MRC.
L’objectif politique de notre campagne est le «changement dans la paix et par les urnes» en 2018, ou avant.
Dans le cadre de cette campagne, le MRC a distribué, dans les dix régions du pays, des pétitions en faveur de cette campagne. Sur internet, il a également ouvert la possibilité pour les Camerounais de se prononcer. Malgré les obstructions administratives diverses, les intimidations policières et même les menaces exercées sur les populations, notamment dans l’arrière pays, nous avons recueilli, en dix mois, près de cinq cent cinquante mille réponses favorables à une modification consensuelle du code électorale.
Il ressort donc de notre campagne un appel populaire à une réforme consensuelle du code électoral et d’ELECAM, afin d’éviter à notre pays les affres des contestations postélectorales qui ruinent les efforts de développement dans de nombreux Etats, en particulier en Afrique centrale. La défiance des Camerounais vis-à-vis de notre système électoral actuel a été mesurée par un sondage rendu public le 2 décembre 2015, par l'université de Yaoundé II, pour le compte d'Afrobaromètre, un réseau de recherche panafricain qui mène des enquêtes d'opinions publiques dans plus de 30 pays en Afrique. Il ressort de ce sondage réalisé par un organisme indépendant et rendu public que plus de la moitié des Camerounais ne font pas confiance à ELECAM et à l’ensemble du système électoral, soupçonnés de partialité au profit du pouvoir.
En effet, sur un échantillon de 1 200 adultes composées d'autant d'hommes que de femmes repartis dans les 10 régions du pays, aussi bien en milieu rural qu'urbain, le sondage montre que: 53% de Camerounais ne font pas confiance à ELECAM; 67% des sondés émettent des réserves sur l'équité du décompte des votes; 21% sont même convaincus que les votes ne sont jamais équitablement comptés. En outre, 73% des sondés admettent l'existence de l'achat de conscience; 26% pensent même que les électeurs sont toujours soudoyés; 59% pensent que le gouvernement intimide l'opposition; et pour 11% d'entre eux, cette intimidation est même systématique(1).
Le succès populaire de la campagne nationale de pétition du MRC pour la réforme consensuelle du système électoral et d’ELECAM est ainsi conforté par les résultats du sondage mené par l’Université de Yaoundé II. Le pouvoir doit désormais en tirer toutes les conséquences politiques en ouvrant, sans plus tarder, au regard des échéances électorales à venir, un vrai dialogue national au terme duquel le pays doit être doté un système électoral garantissant la transparence, la liberté, la sincérité et l’équité du vote. En considérant le niveau élevé de défiance des Camerounais vis-à-vis du système électoral actuel ainsi que d’ELECAM, il serait irresponsable pour le Gouvernement d’engager le pays sur la voie des multiples consultations électorales prévues en 2018 avec la loi électoral en l'état. La persistance du pouvoir dans son entêtement à refuser cette réforme de salut public serait une indication de sa volonté de réitérer les fraudes massives et sauvages perpétrées notamment contre le MRC lors du double scrutin du 30 septembre 2013, avec le risque d'une crise électorale grave.
D'ores et déjà, le MRC prend à témoin les Camerounais et l’opinion internationale sur les multiples efforts qu’il a entrepris, dans un contexte politique hostile à la liberté d’expression et d’association, afin d’éviter des contestations postélectorales dangereuses pour la paix et la sécurité du pays. Parmi ces efforts, l’on peut citer la proposition de loi du 4 décembre 2014 jamais examinée, même en commission, plus de deux ans après, et ce en violation des textes qui règlementent le fonctionnement de l’Assemblée Nationale; la campagne nationale de pétition et de sensibilisation sur l’importance de la révision du code électoral et de la composition d’ELECAM; etc. Notre parti rappelle que ses militants et les Camerounais soucieux de l’avenir de leur pays ne toléreront pas la moindre fraude électorale lors des scrutins attendus en 2018.
Face à toute tentative de fraude électorale et aux manœuvres administratives ou autres, nous dresserons, avec les militants et sympathisants du MRC, et tous les Camerounais épris de justice et attachés au respect du choix des citoyens, une opposition pacifique jusqu’ici insoupçonnée. La communauté internationale est ici interpelée. C’est maintenant que les pays amis du Cameroun, les organisations internationales telles la Francophonie, le Commonwealth, la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), l’Union Africaine dont la Charte Africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance (CADEG) est entrée en vigueur en 2012 à la ratification du Cameroun, l’Union Européenne et l’ONU doivent agir. Ils doivent agir par les moyens appropriés, et dans le respect de la souveraineté de notre pays, pour convaincre le Gouvernement de la nécessité urgente d’opérer une réforme de fond de tout le dispositif électoral national avant les importantes échéances de l’année 2018, afin d'éviter une crise postélectorale sérieuse.
Sur la guerre contre Boko Haram
Cette guerre, déclenchée le 17 mai 2014, entre dans sa troisième année. C’est l’occasion de féliciter nos forces de défense pour les sacrifices consentis à ce jour avec grand succès, pour barrer la voie aux extrémistes religieux armés. Certes, la guerre n’est pas encore terminée, mais les membres de la secte Boko Haram sont aujourd’hui dans une posture défensive. Aux soldats morts au front, la patrie sera à jamais reconnaissante. Le MRC réitère sa demande de création d’un statut de pupille de la nation pour les enfants mineurs des soldats morts en guerre ainsi que la création de cimetières militaires nationaux où la nation enterrerait ses fils morts pour le drapeau.
Les succès de nos forces de défense ne doivent pas faire oublier les dérives dont sont souvent victimes les populations civiles et innocentes. Le Gouvernement doit être intraitable dans la sanction de ces dérives qui, quoique marginales, peuvent ternir la réputation de toute l’armée. Plus vite il sévira, plus vite il mettra le pays à l’abri des légitimes critiques des organisations de défense des droits de l’homme dont le rôle est salutaire dans la connaissance des réalités non officielles du terrain, du vécu et du ressenti des populations.
C’est également l’occasion de souligner les terribles sacrifices de nos compatriotes de l’Extrême Nord dont la vie est durablement désorganisée par la guerre. Le Gouvernement doit adopter des mesures financières conséquentes pour relancer l’économie de toute cette région, car l'extrême pauvreté fait le lit de tous les extrémismes.
Sur la CAN Féminine
Le MRC félicite une fois de plus les Lionnes pour leur brillant parcours. Un bel avenir les attend. Elles doivent donc persévérer dans l’effort. Le MRC regrette cependant la grossière récupération politique de cet évènement sportif par le RDPC et les courtisans du couple présidentiel. Les Camerounais ont été choqués par le culte de la personnalité d'un autre âge qui a entouré cet évènement qui aurait dû être un moment de mobilisation de la nation dans toutes ses composantes, sans exclusive. S’agissant de la gestion de cette CAN féminine 2016, le MRC demande, une fois de plus, qu'elle fasse l'objet d'un audit complet, face aux allégations de détournement et la gestion clanique qui subsistent dans l’opinion.
Sur le risque de glissement du calendrier électoral
L’année 2017 constitue le dernier virage avant l'année électorale cruciale de 2018. Cette année 2018 verra l’organisation du scrutin sénatorial en avril, des législatives et municipales en septembre et de la présidentielle en octobre. À ces scrutins, on pourrait ajouter, si le calendrier électoral n’était pas considéré comme un secret d’État par le pouvoir, les élections régionales. Ce calendrier très chargé appelle une organisation et une planification gouvernementale rigoureuses tant en ressources financières qu’en gestion de la programmation. Sans prêter des intentions à quiconque, le MRC souligne qu’il attache un prix particulier au respect du calendrier électoral. Il rejettera avec la dernière énergie tout glissement de ce calendrier pour quelque raison que ce soit. Ni la guerre engagée contre Boko Haram en mai 2014, ni l’instrumentalisation d’une éventuelle réforme électorale engagée au dernier moment, ni les questions budgétaires ne justifieront un tel glissement contre lequel le MRC attire, un an avant, l’attention du Gouvernement. Aussi, celui-ci doit-il tout mettre en œuvre au courant de cette année 2017, pour régler tous les détails de toutes natures entrant dans la préparation et une organisation à date, réussies, de l’ensemble des élections prévues en 2018.
Mes chers compatriotes,
Ceux qui dirigent le Cameroun depuis plus d'un demi siècle ont mené notre cher et beau pays dans le mur: la crise politique multiforme, dont la question anglophone est un des révélateurs les plus saillants, se complique désormais d'un désastre économique annoncé. Quand l'incompétence se double d'arrogance, on ne peut aboutir qu'à un tel résultat. Quand je vous ai proposé il y a cinq ans d'œuvrer ensemble à la Renaissance Nationale, c'est parce que la plupart des signes de ce désastre étaient déjà présents. La situation n'a fait qu'empirer depuis lors. Nous avons le pouvoir de changer notre avenir dans la paix à laquelle notre peuple est attaché: c'est le pouvoir du suffrage. Chacun de nous, en s'inscrivant sur les listes électorales, en retirant sa carte d'électeur, en allant voter en 2018 et en veillent au respect de son choix, contribuera de façon décisive à sortir notre pays du cauchemar dans lequel il est plongé depuis plusieurs années, et où l'on l'enfonce plus encore au moment où il croyait pouvoir relever un peu la tête pour respirer un moment. Il vous revient, il nous revient à nous tous de nous assurer que l'alternance politique arrivera enfin au Cameroun en 2018, par les unes. C'est la voie royale de la démocratie, qui écarte les errements des transitions et les raccourcis aventureux de la conquête du pouvoir par la force.
Vive le Cameroun!
Le Président National du MRC
Pr. Maurice KAMTO.
Yaoundé, le 29 décembre 2016.
Fellow cameroonians,
My dear compatriots from within and from the Diaspora,
The year that is finishing was full of events that saddened our people. It was a year of trials in terms of safety and security of Cameroonian citizens, as well as of our living-together and of the future of our nation-state, like the Anglophone problem that shows up in a worrying way. Moreover, this end of 2016 marks a new regressive turning point in the economic and social situation of our country.
On the Anglophone problem
The year 2016 ended with tragic violence in the North-West and South-West Regions. In addition to rapes, torture, cruel, inhuman and degrading treatment of confuse young girls hunted down in the slums called student rooms in Buea, massacres of revolted but unarmed populations particularly in Bamenda and Kumba. We have condemned, and strongly condemn again, this unacceptable behaviour because nothing can justify such criminal acts from a Government whose primary mission is to protect people, to hear out their complaints and respond to their grievances.
In a political and social context, which is hostile to the Government because of the irresponsible remarks of certain ministers, the same administrative authorities, who never fail to prohibit CRM meetings and other opposition manifestations have complacently authorised the holding of a CPDM meeting on Thursday, December 08th 2016 in Bamenda. This meeting, which was in reality only a diabolical administrative and political provocation, as one would expect, turned into clashes and various excesses. In this context of popular uprising, some individuals thought it necessary to provoke Cameroonians by publicly attacking symbols of the Republic. These provocateurs who trampled and then burned the flag of the Republic, a revered symbol charged with an indecipherable mysticism of our common love for our country, should have been arrested and taken to courts for trial and punishment in accordance with the law. Instead, security and defence forces have decided to turn a simple policing operation into an operation of urban war. In a disproportionate and useless outburst of violence, they called soldiers in reinforcement, even though at no time did the government reveal to the public that protesters were armed; Like in 2008, they killed unarmed Cameroonians.
The claim for federalism is not a crime. There is therefore no justification for the death of Cameroonians who make such a claim. The CRM reiterates its request for the opening of a diligent investigation not only to determine all administrative, police and military responsibilities but to seek and prosecute elements of the security and defence forces who have shot down unarmed compatriots with weapons of the Republic and in its name have abused and inflicted students cruel and inhuman treatment on campus and in their residences, in particular in Buea.
There is therefore an Anglophone problem in our country, which even those who have been obstinately denying it for years are now obliged to acknowledge. The CRM affirmed it as of its launch in August 2012 and made it a major point of interest in its political programme.
We must approach this question by distinguishing the method from the substance.
Regarding the methodology, the CRM has consistently argued that this issue needs to be discussed and resolved in a republican dialogue, and called on those in charge of the country's affairs today to set up a framework for this dialogue. The CRM is undoubtedly the promoter of this idea of dialogue as the only adequate approach to address this thorny issue, that it has proposed as early as 2012, reiterated it during its meetings in Bamenda on June 25th 2016 and in Ngaoundere on December 10th 2016. This proposal seems to be shared by all the political class today, and we can only rejoice even if this conversion is too late, especially with regard to the Government. Because we could have avoided the drama that has affected the country because of the many deaths in the Anglophone regions of the North-West and South-West, if attention had been paid to our repeated calls for dialogue.
Concerning the substance, various positions have been expressed, and there is opposition between supporters of federalism with a variable number of federated states and the arrogant champions of a frozen and stifling centralism.
The CRM considers that the desired dialogue should not be pre-empted by unchanging positions prior to its organization. In this respect, he has always made it clear to the compatriots of the Anglophone regions that secession can in no way be a solution to their discontent in the Cameroonian Nation, and that once everyone has agreed on this point which is not negotiable, all propositions can be considered on the dialogue table. In this regard, the CRM holds the current regime responsible for the political crisis created by the uprising of our Anglophone compatriots, since the establishment of Regions provided for in the 1996 Constitution, which confers a large degree of autonomy on decentralized local governments should have made claims from our compatriots in the North-West and South-West not relevant, especially as regards the form of the State. Indeed, the resurgence in a violent form of the demands on the form of the State, which now distorts the terms of the political debate on the worrying future of our country, is the result of twenty years of procrastination, red tape and petty political calculations that paralyzed and still paralyze the full implementation of the 1996 Constitution. This is one of the many consequences of the failure of the government's policy on decentralization and democratization.
In any event, the CRM considers that a pure return to a federal system with two states, between the former East Cameroon and the former West Cameroon, as has existed in 1961, would be a painful regression in the political history of our country. Indeed, it would be a denial of more than half a century of common history and all that Cameroonians, Anglophones and Francophones, have been able to accomplish together to make our country a singular and proud Nation in Africa and the world.
Beyond allegations concerning the conduct of the Foumban Conference which gave birth to the Federal Republic of Cameroon, we must consider the objective reasons given for the transition to the unitary State in 1972, the fact that the history of the State of Cameroon does not begin with the administrative sharing of our country between France and Great Britain after the defeat of Germany during the First World War. It is all these historical elements, these multiple facts that we must bear in mind, in order to carry out, judiciously and only in the best interest of our country, discussions on the form of the State. In this respect, we must note that this issue of the form of the State is a sovereign matter that only the Cameroonian people must decide on and it cannot be decided upon on the basis of claims from a part of the nation, no matter how legitimate, nor political arrangements between political groups.
On the drama of Eséka
I once again reiterate the CRM's sincere condolences to the families of the victims of this tragedy, the exact number of which remains to be debated, in spite of the official figures given by the Government, and wishes the wounded a speedy recovery.
This tragedy brings to light, in a tragic way, the question of the conditions of the privatization of CAMRAIL; in particular the problem is that of corruption that hampers our country. Indeed, it is urgent to shed full light on the exact terms of the concession granted, in complete opacity, to the private group that operates our railway today by leaders themselves making money in the transaction. The 30-day delay given by the Head of State to the Commission of Inquiry created after the tragedy of Eséka is largely over but Cameroonians are yet to be informed of the exact causes of this train accident.
The President of the Republic must make public the findings of the commission, else people mistrust with respect to all governmental commissions of inquiry will increase, as was the case following the Nsam disaster, the February 2008 riots, the disappearance of nine people in Bepanda, the assassination of some religious authorities, the assassination of twenty elements of our defence forces, the disappearance of Ms Vanessa Tchatchou’s baby, the debacle of the Lions in the World Cup organized in South Africa and so on.
This drama of Eséka has revealed the serious shortcomings of the Government in terms of coordination and management of crisis. Suffice it to note, the cacophony created by the Minister of Transport, who, with a disconcerting thoughtlessness, denied the derailment of the train when the disaster had occurred, and did not have the decency to apologize to Cameroonians, preferring, as is customary in the Government, to find scapegoats; the incapacity of the Ministry of Territorial Administration and Decentralization in disaster management and timely conveyance of means of assistance at the scene of the disaster; The procrastination of the Ministry of Public Health, which has cost many lives; The more spectacular than effective actions of the ministries in charge of security which have not facilitated the task of justice. Time has come to ask why army helicopters were not used to help victims and evacuate them in time to appropriate hospitals. These helicopters were however mobilized on December 8th 2016 in Bamenda, when it was necessary to repress, in blood, the Anglophone uprising.
On the economic situation of the country
I could have spoken again this year on the absence of a coherent economic policy, the destruction of businesses and jobs by a bogus tax system, the endemic unemployment which especially strikes young people, the unsustainable pace of debt, the structural deficit of the trade balance and the balance of payments, the increase in poverty, and so on. But the catastrophe we feared and against which we have been constantly raising the alarm for three years has arrived: Cameroon is going to be placed again under structural adjustment of the International Monetary Fund (IMF). Indeed, following the Extraordinary Summit held on 22 and 23 December 2016 in Yaoundé, it was decided, among others, "to open and conduct bilateral negotiations with the IMF in the near future to better structure adjustment efforts "of the CEMAC states. Less than ten years after reaching the Highly Indebted Poor Countries (HIPC) initiative in 2006 and last IMF review in September 2008, after 20 years of structural adjustment in sweat and tears, the people of Cameroon are back again in the same disaster; the people must still go through the same sufferings, we do not know for how long; the people have been called upon, as it has always been the case for a quarter of a century, to tighten their belts again and again without any break or the slightest reward of their inhuman efforts for the past two decades.
With this return to the IMF, the financial miracle that was believed to be found in the so-called "strategic" cooperation with China, simply because the government wanted to disregard requirements of good governance, especially rigorous management of public finances, proves to be an illusion. Similarly, the promise of emergence in 2035, which no realistic person could really believe in taking into account the country's mediocre economic performance since the adoption of the famous Strategy Document for Growth and Employment (GESP), fades away. Due to the incompetence and carelessness of those who govern us, their tendency to use economic lies as an art of management, the recovery of the national economy has become our myth of Sisyphus. Worse, foreign expertise was used to find the appropriate treatment for our sick economy as if Cameroon lacked talented economists in the country and in the diaspora. How longer will we put our destiny into the hands of others?
For the second time, the same President of the Republic places his country under the supervision of the IMF. This is unprecedented! It's revolting! This is unacceptable! It is above all evidence of a notorious incompetence which now bursts out in the face of the world. Proof also that the current seven-year term of President Biya is redundant; Because after leading the country through the first structural adjustment plan in which he had plunged it 20 years earlier, he should have stepped down. He could then have claimed to have realized, at least in part, one of his ambitions that was to be the one who brought economic progress to Cameroon. But does he believe himself in what he says? Failing to resign with his government, he now has only one chance to fulfil his other ambition of being the one who brought democracy to our country: to put in place conditions for a peaceful and democratic change in power in 2018, through fair and transparent elections on the basis of a consensual electoral code cleared of the factors of fraud. The CRM has consistently called for the reform of the electoral code. This becomes an imperative necessity in the interest of the President of the Republic.
On the electoral code
It should be recalled that on 4th December 2015, the CRM launched in Yaoundé, and with unnecessary violence by security forces, the campaign "LET US SAVE PEACE IN CAMEROON BY NOW DEMANDING THE CONSENSUAL REFORM OF THE ELECTORAL CODE FOR FREE, TRANSPARENT AND DEMOCRATIC ELECTIONS ".
On February 4th 2016, this republican and peaceful activity organized in Douala was also stopped, like all activities of our party so far, by the police with such a violence that can only be explained by the administrative and political ostracism decided upon and assumed by the Government against the CRM.
The political objective of our campaign is "peaceful change through ballots" in 2018 or earlier.
As part of this campaign, the CRM has distributed nearly one million petitions in the ten regions of the country. On the Internet, it made it possible for Cameroonians to participate. In spite of various administrative obstructions, police intimidation and even threats against the populations, especially in the hinterland, we collected, in ten months, nearly five hundred and fifty thousand replies favourable to a consensual modification of the electoral code.
It is therefore clear from our campaign that there is a popular support for a consensual reform of the electoral code and of ELECAM in order to prevent our country from suffering from post-election disputes that undermine development efforts in many states, particularly in Central Africa. The Cameroonians' distrust of our current electoral system was measured by a survey published on 2nd December 2015 by the University of Yaoundé II on behalf of Afrobarometer, a pan-African research network, that conducts surveys in more than 30 countries in Africa. This survey, carried out by an independent body and made public, indicates that more than 50% Cameroonians do not trust ELECAM and the entire electoral system, suspected of bias in favour of power.
Indeed, in a sample of 1,200 adults composed of as many men as women distributed in the 10 regions of the country, in both rural and urban areas, the survey shows that: 53% of Cameroonians do not trust ELECAM; 67% of respondents have reservations about the fairness of the voting count; 21% are even convinced that votes are never evenly counted. In addition, 73% of respondents admit the existence of voters' corruption; 26% even think that voters are always bribed; 59% believe the government is intimidating the opposition; and for 11% of them, this intimidation is even systematic.
The popular success of the CRM's national petition campaign for the consensual reform of the electoral system and of ELECAM is thus reinforced by the results of the survey conducted by the University of Yaoundé II. From now on, authorities must consider all political consequences by opening up a real national dialogue, without delay, taking into account dates for next elections, at the end of which the country must have an electoral system guaranteeing transparency, freedom, sincerity and the fairness of the vote. Considering the high level of distrust of Cameroonians vis-à-vis the current electoral system and ELECAM, it would be irresponsible for the Government to take the country to the multiple elections scheduled in 2018 with the same electoral law. The persistence of the regime to refuse this life-saving reform would be an indication of its determination to reiterate the massive and undaunted frauds perpetrated in particular against the CRM during the twin elections of September 29th, 2013, with the risk of a major electoral crisis.
The CRM is already calling as witness Cameroonians and international observers on the many efforts that it has undertaken in a political context hostile to freedom of expression and association in order to avoid post-election disputes dangerous for peace and security of the country. Among these efforts, our draft law of 4th December 2014 that has even never been discussed in committee, more than two years later and in violation of the by-laws of the National Assembly; The national awareness campaign on the importance of revising the electoral code and the composition of ELECAM; The national petition campaign for the consensual reform of the electoral system and the composition of ELECAM, etc. Our party recalls that its members and other Cameroonians concerned about the future of their country will not tolerate any electoral fraud during elections expected in 2018.
With CRM’s members and sympathizers, as well as all Cameroonians who like justice and stand to protect the choice of citizens, we will conduct a peaceful opposition so far unsuspected in case of any attempt of electoral fraud and administrative manoeuvres or other.
The international community is concerned here. Now is the time to take action for countries friends of Cameroon, international organizations such as the Francophonie, the Commonwealth, the Economic Community of Central African States (ECCAS), the African Union whose African Charter on Democracy, Elections and Governance (CADEG) came into force in 2012 with the ratification of Cameroon, the European Union and the UN. They must take action, by appropriate means and in respect of the sovereignty of our country, to convince the Government of the urgent need to carry out a fundamental reform of the entire national electoral system before the important elections of next year, In order to avoid a serious post-election crisis.
On the war with Boko Haram
This war, triggered on May 17th 2014, enters its third year. This is an opportunity to congratulate our defence forces on the sacrifices made to date with great success, to bar the way to those armed religious extremists. Although the war is not yet over, members of the Boko Haram sect are now in a defensive mood. To our fallen soldiers, the country will forever be grateful. The CRM reiterates its call for the establishment of a ward of the state status for minor children of soldiers killed in war and the creation of national military cemeteries where the nation would bury its sons fallen for the flag.
The success of our defence forces must not make us forget abuses often suffered by civilian and innocent populations. The Government must severely punish such abuses, which, though marginal, can tarnish the reputation of the whole army. The sooner it will take action, the sooner it will save the country from the legitimate criticism of human rights organizations whose role is salutary in the knowledge of the unofficial realities of the field, the experience and the feelings of the populations.
It is also the occasion to highlight the terrible sacrifices of our compatriots of the Far North whose life is permanently disorganized by the war. The Government must adopt substantial financial measures to revitalize the economy of this entire region, since extreme poverty is the bed of all extremism.
On the Women's ACN
The CRM once again congratulates the Lionesses for their brilliant competition. A bright future awaits them. They must therefore keep working. The CRM regrets however that the CPDM and the sycophants of the presidential couple tried to get undue political dividends from this sporting event. The Cameroonians were shocked by the cult of the personality of the past who surrounded this event which should have been a moment of mobilization of the nation in all its components, without exclusion. Regarding the management of this female 2016 ACN, the CRM is once again calling for a full audit in the face of allegations of embezzlement of public funds and clan management that remain in the public opinion.
On the risk of changes of the electoral calendar
The year 2017 is the last turn before the crucial election year of 2018. Indeed, the year 2018 will the year of senatorial elections in April, legislative and municipal elections in September and presidential elections in October. To these elections, one could add, if the electoral calendar was not considered a state secret by the regime, regional elections. This very busy schedule calls for rigorous government organization and planning in terms of both financial resources and project management. Without attributing any intention whatsoever to the Government, the CRM stresses that it firmly stands for the respect of the electoral calendar. It will reject with the last energy any change of this calendar for any reason whatsoever. Neither the war waged against Boko Haram in May 2014 nor the use of a possible electoral reform initiated at the last moment nor budgetary constraints will justify such a shift against which the CRM warns the Government one year earlier. Therefore, it must implement everything during the year 2017, to settle details of all kinds entering into the preparation and the timely and successful organization of all the elections scheduled in 2018.
My dear compatriots,
Those who have ruled Cameroon for more than half a century have led our dear and beautiful country to the wall: the multifaceted political crisis, of which the Anglophone question is one of the most prominent consequences, is now complicated by an announced economic disaster. When incompetence is added to arrogance, one can only expect such a result. When nearly five years ago, I proposed you to work together for the national renaissance, it is because most of the signs of this disaster were already present. The situation has only worsened since then. We have the power to change our future in peace to which our people is attached: it is the power of vote. Each one of us, by registering on the electoral roll, by withdrawing his voter's card, by voting in 2018 and ensuring that it is protected, will make a decisive contribution to getting our country out of the nightmare in which it has been plunged for several years, and where it is taken further when we thought we could have a break. It is up to all of us to ensure that the change in power finally arrives in Cameroon in 2018, through elections. It is the royal road to democracy, which removes the errors of transitions and the adventurous shortcuts of accessing to power by force.
Long live Cameroon!
The CRM National President
Professor Maurice KAMTO.
Yaounde, on 29th December 2016.