Cameroun - Aviation civile: Le Boeing 737 de la Camair-Co refoulé au Bénin


Le 13 janvier 2017, le vol QC412/413 de Camair-Co parti de Douala à 16h 40 min à destination Cotonou a été interdit d’atterrissage à l’aéroport de Cotonou au Bénin.
«Alors que le Boeing 737QCA était à peine à dix minutes de l’atterrissage, le commandant de bord Eugène Ouandji a dû faire demi-tour et remettre le cap sur Douala avec les passagers à bord, sur injonction des autorités aéroportuaires de Cotonou», révèle le journal l’Indépendant dans son édition du lundi 16 janvier 2017.
Les raisons du refoulement de ce vol par l’Agence nationale de l’aviation civile béninoise (Anac) tiennent au non-renouvellement par la direction générale de la compagnie camerounaise, de son autorisation d’exploitation du Bénin, a-t-on appris.
Selon le journal, le régulateur du ciel béninois avait, en date du 2 décembre 2016 saisi le Directeur général de la Camair-Co, Ernest Dikoum, pour lui rappeler que la date butoir du renouvellement de son autorisation d’exploitation de l’espace aérien béninois était fixée au 12 janvier 2017.
Prudencio Behanzin, directeur général de l’Anac va écrire en ces termes au directeur général de Camair-Co: «(…) par correspondance citée en référence, j’ai sollicité des documents de la compagnie Camair-Co aux fins de renouvellement de son autorisation d’exploitation qui vient à expiration le 12 janvier 2017. Mais, ladite correspondance est restée sans suite (…) Conformément à l’article 1er de la décision ci-dessus citée, le délai de mise en œuvre du processus de renouvellement est de trois mois rigoureusement (…) Par conséquent, je vous informe que le renouvellement ne pourra intervenir qu’après l’examen concluant du dossier transmis à l’Anac bénin. Passée la date d’expiration, l’exploitation de ladite compagnie sur Cotonou sera suspendue jusqu’à l’effectivité du renouvellement (…)».
 D’après l’Indépendant, en dépit de cette mise en garde, Ernest Dikoum est resté endormi sur ses lauriers. Conséquence, le 11 janvier 2017, les autorisations d’exploitation de Camair-Co ayant expiré, l’Autorité Aéronautique Béninoise a formalisé la suspension de Camair-Co et informé tant la Camair-Co que l’autorité aéronautique camerounaise (CCAA) et les autorités aéroportuaires béninoises (ASECNA), de la suspension effective de Camair-Co jusqu’à nouvel ordre.
«Ce qui est surprenant, au-delà de la négligence qui a entrainé le non-renouvellement des autorisations de survol du Bénin malgré les alertes et notifications de l’ANAC, c’est que Ernest Dikoum a consacré l’insouciance qui semble le caractériser et le ridicule de Camair-Co vis-à-vis du monde de l’aviation, en autorisant ce vol à destination de Cotonou alors que l’autorisation d’exploiter avait expiré», commente le journal.
Un cadre de Camair-Co que le journal dit avoir rencontré à l’aéroport pendant que les 21 passagers revenus de cette mésaventure hurlaient de colère en réclamant le remboursement de leurs billets d’avion dira, dépité: «Non seulement le directeur général semble ne pas maitriser les aspects liés à l’exploitation, pire, il est tout le temps parti. Depuis sa nomination, il n’a pas encore passé plus de trois jours d’affilés dans son bureau, c’est normal que ce genre de choses nous arrivent. Il n’y a plus de commandant à bord du navire Camair-Co, c’est ainsi que nous piquons du nez chaque jour davantage».
Et un autre d’ajouter: «Ce qui semble intéresser Ernest Dikoum pendant que la compagnie meurt à petit feu, c’est la réparation des moteurs du Dja à cinq milliards avec un surplus de deux milliards et l’achat des deux Boeing 737-700 à onze milliards, les représentations de Paris, Lagos, Kinshasa, Malabo et Pointe noire sont fermées, Cotonou interdite pendant au moins trois mois, à quoi serviront donc les Boeing B.737-700 qu’il veut à tout prix acheter ?, nous n’y comprenons rien du tout», peut-on lire dans les colonnes du journal.
Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net