Comment l'équipe Trump bouscule le débat sur l'islam en Amérique

figarofr: Donald Trump à Mar-a-Lago, le 21 décembre dernier.
© Fournis par Le Figaro Donald Trump à Mar-a-Lago, le 21 décembre dernier. 
 ENQUÊTE - Alors que les élites libérales américaines ont refusé de reconnaître la dimension religieuse du mouvement terroriste islamiste auquel l'Occident fait face, la nouvelle administration
se dit prête à mener une bataille sur ce thème.
Depuis son arrivée aux affaires, Barack Obama n'a eu de cesse de tendre la main au monde musulman dans le but ambitieux de réconcilier l'Occident avec l'islam. Cette préoccupation légitime, qui s'est révélée bien peu concluante, comme le montre la naissance de l'État islamique et la multiplication des attaques terroristes qui frappent le monde occidental à intervalles de plus en plus resserrés, est allée de pair avec une approche intellectuelle qui n'a cessé de sous-estimer la menace idéologique de l'islam radical.
Le mot avait d'ailleurs été banni du vocabulaire officiel à Washington, au motif de ne pas susciter de chasse aux sorcières contre les musulmans dans leur ensemble. De manière générale, les élites libérales américaines ont systématiquement refusé de reconnaître la dimension religieuse du mouvement terroriste islamiste auquel l'Occident fait face, insistant plutôt sur son caractère criminel ou ses origines socioéconomiques.
Le débat sur l'islam est donc resté remarquablement balisé par une forme d'autocensure, au motif d'éviter tout soupçon d'islamophobie. La laicité à la française suscitait du coup une incompréhension persistante, et les foudres du New York Times. Une approche qui est aujourd'hui battue en brèche par l'équipe Trump. Comment ce débat a-t-il évolué et quelles pourraient être les conséquences de l'arrivée d'une administration prête à livrer bataille sur ce thème? Tel est l'objet de l'enquête de Laure Mandeville.