Conseil de cabinet : Alamine Ousmane Mey souligne l’urgence à réduire le train de vie de l’Etat

Conseil de cabinet : Alamine Ousmane Mey souligne l’urgence à réduire le train de vie de l’Etat
On reparle des milliards de FCfa engloutis chaque année dans le fonctionnement de l’Etat. On reparle de train de vie somptueux de l’Etat. Bref, on reparle de la qualité de la dépense publique. Le sujet était au cœur de l’exposé
délivré par le ministre des Finances lors du Conseil de cabinet qui s’est tenu hier, 26 janvier 2017. Alamine Ousmane Mey s’adressait au Premier ministre et à l’ensemble des membres du gouvernement. Le ministre des Finances s’adressait surtout à ceux-là qui sont les principaux ordonnateurs du budget de l’Etat. Il leur a rappelé les exigences suivantes : discipline, responsabilité et qualité de la dépense.
Ce n’est pas nouveau de tirer ainsi la sonnette d’alarme. Ces dernières années, le président de la République en personne est revenu sur le sujet plusieurs fois. « Je tiens à attirer une nouvelle fois votre attention sur la nécessité de rationaliser les dépenses et d’améliorer leur qualité dans un contexte international marqué par la rareté des ressources financières », martelait Paul Biya à l’endroit du gouvernement, dans sa communication spéciale lors du Conseil des ministres du 9 décembre 2014.
Le chef de l’Etat faisait ce triste constat : « Il m’a été malheureusement donné de constater que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente. »
Paul Biya donnait même quelques illustrations du problème : augmentation effrénée des dépenses en biens et en services, accroissement excessif des missions notamment à l’étranger, multiplication des comités et des projets inappropriés ou encore accroissement abusif des subventions. Quelques jours plus tard, le président revenait sur cette préoccupation dans son discours à la nation le 31 décembre.
Des années ont passé. Et voici que ce 26 janvier 2017, le ministre des Finances a attiré l’attention de ses collègues sur le nombre, la fréquence et le volume des missions à l’étranger, ou encore sur les dépenses liées au carburant, à l’eau, à l’électricité et au téléphone. Le problème est donc reposé aujourd’hui en des termes presque identiques.
Cette fois pourtant, il faut prendre le problème très au sérieux, à laisser entendre le ministre Alamine Ousmane Mey. En effet, la situation est grave au regard de la crise économique qui frappe les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac). Et le Cameroun n’est pas épargné, même s’il fait montre de la meilleure résilience dans la sous-région.
Il n’empêche que ce 26 janvier 2017, le ministre des Finances a rappelé que la qualité de la dépense publique compte parmi les solutions pour sortir de la crise. Cela avait été clairement dit lors du Sommet extraordinaire qui a réuni à Yaoundé le 23 décembre dernier les chefs d’Etat de la Cemac.
Le Conseil de cabinet de ce 26 janvier a donc arrêté que le Cameroun doit mettre en place « une politique budgétaire adéquate, notamment par la réduction significative du train de vie de l’Etat et la rationalisation des dépenses de transfert. » Mais il faudra aller plus loin que la simple régulation budgétaire. Le Conseil prescrit également : « le respect scrupuleux des quotas d’engagement trimestriel, le plafonnent des virements de crédits et la rationalisation des dépenses de consommation courante. »
Voici donc reposés les problèmes de la dépense publique au Cameroun. L’heure semble grave. Chacun sait à quoi s’en tenir.
Assongmo Necdem
Investir au Cameroun