Crise anglophone:Communiqué de presse du CPP :IL N’Y A PAS DE PAIX POSSIBLE SANS RESPECT SCRUPULEUX DES DROITS DES CITOYENS !

IL N’Y A PAS DE PAIX POSSIBLE SANS RESPECT SCRUPULEUX DES DROITS DES CITOYENS !
Communiqué de presse du CPP du 18 Janvier 2017
Suite à l’échec du dernier round des négociations entre les enseignants anglophones et les représentants du Gouvernement, échec ayant entrainé la reconduction des mots d’ordre de « villes mortes » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation du Cameroun a signé ce mardi 17 janvier 2017 un arrêté interdisant le Consortium de la société civile anglophone sur l’ensemble du territoire du Cameroun.
Cette interdiction s’est accompagnée par des arrestations voire des enlèvements de plusieurs membres dudit consortium parmi lesquels Maitre Balla Agbor et Dr Fontem Neba. Arrestations survenues dans des conditions dignes d’une dictature.
A titre de rappel, le Cameroun s’est doté d’un certain nombre de lois qui garantissent des droits et devoirs aux citoyens d’une part, et qui indiquent les procédures à suivre pour interpeller un individu d’autre part.
Au cas où le Gouvernement de Mr Paul Biya ne le saurait pas, les articles 116 et suivants du Code de Procédure Pénale rappellent que toute personne interpellée :
• Doit avoir accès à un conseil et doit en être informé sous peine de nullité de la procédure;
• Ne doit pas faire l’objet de garde à vue sauf en cas de crime ou délit flagrant s’il a une résidence connue et présente les garanties de représentation.
Dans le même ordre, les droits d'un suspect pendant la garde à vue (Articles 119 et suivants du Code de procédure pénale) sont garantis. Ainsi :
• Le suspect doit être expressément avertit lorsqu'il est envisagé une mesure de garde à vue à son encontre;
• Le suspect doit immédiatement être informé de ce qui lui est reproché et être invité à donner toute déclaration utile à sa défense;
• Il ne doit pas subir des pressions de toute nature et des traitements inhumains ;
• Il doit avoir accès à un médecin s'il en fait la demande;
• La personne gardée à vue peut à tout moment recevoir aux heures ouvrables, la visite de son avocat et celle d'un membre de sa famille ou de toute autre personne pouvant suivre son traitement durant la garde à vue.
Il est certain qu’aussi bien pour les jeunes interpellés le 08 Décembre 2016 que pour les membres du Consortium arrêtés le 17 Janvier 2017, ces articles du code de procédure pénale n’ont pas été respectés.
Cette décision d’interdire le Consortium participe clairement de l’offensive répressive de ce Gouvernement qui a décidé de fermer la porte du dialogue et d’employer des méthodes d’un autre âge telles que la coupure du réseau internet dans plusieurs villes du pays.
Le CPP condamne avec la dernière énergie cette décision qui aura pour principale conséquence l’aggravation des tensions et la radicalisation des positions. Il faut craindre que cette radicalisation n’ait pour effet direct et immédiat une multiplication des actes de violence.
Au moment où l’on a besoin de poursuivre le dialogue et de poser des actes forts qui démontreraient l’amorce de la résolution des problèmes posés, le Gouvernement de Mr Paul Biya, comme par le passé, choisit de répondre par la force.
Ce recours à la force n’apportera pas de solutions. Cette violence n’effacera pas du cœur de nombreux concitoyens le sentiment d’une injustice. Ces arrestations arbitraires auront certainement l’effet contraire.
Le CPP appelle à la libération immédiate des personnes arrêtées et au respect strict des lois du pays. Force ne peut revenir à la loi si celle – ci est impunément bafouée par ceux qui ni ne l’appliquent mais pire, très souvent, la bafoue.
Le CPP tient à rappeler avec force des évidences qui semblent de plus en plus échapper au Gouvernement de Yaoundé :
• On ne peut construire une société en paix sur l’injustice !
• On ne peut pas bâtir un Etat de Droit en violant ceux des citoyens !
• On ne va pas résoudre les problèmes en fermant la porte du dialogue !
• Le Cameroun appartient à tous les Camerounais et nul ne peut prétendre avoir le monopole du patriotisme !
La solution durable à la crise dans la zone anglophone passera par le respect, le dialogue et la justice.
La solution durable à la crise que traverse le Cameroun, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, passera par une Transition Politique Démocratique qui permette de refonder le Consensus National sur les Institutions, la Forme de l’Etat, la Clé de Répartition des Richesses Nationales ainsi que le Système Electoral.
Quelle que soit la violence exercée par le gouvernement, le peuple camerounais ne cédera plus à la peur et continuera sa lutte pour une Transition Politique Démocratique et sans violence afin de construire notre Cameroun Leader !
Le Peuple d’Abord.
Pour le Cameroon People’s Party
Franck Essi
Secrétaire General