CRISE ANGLOPHONE:SI LA CONSTITUTION A PU ÊTRE MODIFIÉE AU PROFIT D’UNE SEULE PERSONNE EN 2008 (Paul Biya), ELLE PEUT ÉGALEMENT L’ÊTRE POUR DES MILLIONS DE CITOYENS, FUSSENT-ILS ANGLOPHONES! DÉCLARE Alice SADIO, Présidente de l'AFP

Aucun texte alternatif disponible. 
A PROPOS DE LA CRISE DANS LES REGIONS NORD-OUEST ET SUD-OUEST:
SI LA CONSTITUTION A PU ÊTRE MODIFIÉE AU PROFIT D’UNE SEULE PERSONNE EN
2008 (Paul Biya), ELLE PEUT ÉGALEMENT L’ÊTRE POUR DES MILLIONS DE CITOYENS, FUSSENT-ILS ANGLOPHONES!
 
Parti républicain, soucieux du bien-être du Peuple Camerounais et de l’application des lois de notre pays, l’Alliance des Forces Progressistes (AFP) condamne avec la dernière énergie les arrestations récentes commanditées par les autorités gouvernementales en lien avec la crise qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. La campagne d’intimidation et de musellement visant à interdire les débats sur le fédéralisme dans les médias privés et publics est une honteuse atteinte à l’un des droits fondamentaux de la personne : le droit à la libre expression. Un État de droit qui plus est, une démocratie ne saurait agir de la sorte sans jeter aux orties les lois qui garantissent son bon fonctionnement. La Constitution actuelle, celle qui consacre l'unité et l'indivisibilité de la République du Cameroun est la même qui dispose que le Cameroun « reconnaît et protège les valeurs traditionnelles conformes aux principes démocratiques, aux droits de l’homme et à la loi » ; c’est la même Constitution qui dispose que « NUL NE PEUT ÊTRE INQUIÉTÉ EN RAISON DE SES ORIGINES, DE SES OPINIONS OU CROYANCE EN MATIÈRE RELIGIEUSE, PHILOSOPHIQUE OU POLITIQUE » ; c’est la même Constitution qui garantit les libertés de communication, d’expression, de presse, d’association, la liberté syndicale ET LE DROIT DE GREVE. Faut-il appliquer et respecter uniquement les dispositions constitutionnelles qui conviennent au régime actuel ? La limitation des mandats présidentiels était aussi une disposition constitutionnelle. Or les militants du RDPC l’ont supprimée sans pour autant faire face à la police, à la gendarmerie, à l’armée, aux forces spéciales et à la coupure de l’accès à internet. Si la Constitution a pu être modifiée au profit d’une seule personne (Paul biya) en 2008, elle peut également l’être pour des millions de citoyens, fussent-ils anglophones.

L’AFP tient à rappeler que l’Etat fédéral est un ordre systémique qui garantit également l’unité et l’indivisibilité de la République tout comme les Etats Unis d’Amérique, le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord qui sont UN et INDIVISIBLES.

Par ailleurs, l’AFP dénonce et condamne fermement la militarisation des régions du Sud-ouest et du Nord-Ouest. Un dialogue ne se fait pas avec les armes à la main. De même, nous condamnons aussi les dérapages des manifestants qui s’en sont pris aux biens et aux hommes. Ces manifestants ont agi en violation du mot d’ordre de protestation pacifique. La loi doit être respectée par chacun des acteurs en présence. Et, dans cet exercice de respect de la loi, les forces de l’ordre se doivent d’être exemplaires, pour montrer justement l’exemple. Elles doivent agir avec honneur et fidélité. Elles ne doivent pas oublier que les populations qu’elles encadrent ont donné de leur sang, de leur sueur, de leurs biens et de leur intellect lors du différend frontalier opposant le Cameroun au Nigéria au sujet de la presqu’île de Bakassi.

Les forces de l’ordre doivent se rappeler que les populations du Nord-ouest et du Sud-ouest sont camerounaises et ont participé à
l’effort de guerre contre Boko Haram et leurs enfants sont tombés pour notre pays en défendant le drapeau. L’armée camerounaise doit traiter tous les camerounais avec humanité. Aucun camerounais ne doit être violenté pour ses idées, ses opinions ou ses croyances.

L’AFP s’insurge contre la suspension du consortium de la société civile des régions sus-évoquées. Faudrait-il le rappeler, « Consortium » est le nom donné à un regroupement d’associations ou d’entreprises menant des opérations communes. Les syndicats qui ont accepté de venir à la table des négociations avec le gouvernement ont donc logiquement formé un consortium qui a adressé aux négociateurs du gouvernement des demandes comme la libération de tous ceux qui ont été incarcérés dans le cadre des manifestations récentes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Quoi de plus logique qu’une telle demande ? Quoi de plus incompréhensible que le fait de ne pas y donner une suite favorable ? La suspension des syndicalistes en même temps que le mouvement SCNC est perceptible comme une manœuvre visant à assimiler les représentants de la société civile à des sécessionnistes CE QUI, FAUT-IL LE RAPPELER, EST EN TOTAL CONTRADICTIONS AVEC NOS CONVICTIONS ET LES REVENDICATIONS QUE NOUS SOUTENONS. Cette énième tentative de noyer le poisson des légitimes revendications anglophones ne résout aucun problème de fond.

Le passage en force du gouvernement qui entend faire de la reprise forcée des cours, la solution à cette vieille "plaie" jamais soignée, et aujourd’hui infectée, est comparable à une volonté de faire démarrer une voiture en panne tout en violentant, stigmatisant et assassinant les mécaniciens qui ont fait le diagnostic des pannes multi-sectorielles du véhicule. Seul le carburant de la réconciliation et le remplacement des pièces défectueuses, c’est-à-dire la libération des personnes incarcérées sans réel chef d’accusation, l’ouverture d’un débat national sur la pertinence du système de gouvernance centraliste actuel (origines, opérationnalité, perspectives d’avenir du point de vue politique, économique, éducatif, judiciaire et culturel) peut apaiser les tensions et les rancœur afin de nous ouvrir les perspectives d’un futur plus prometteur pour nos enfants.

Très Patriotiquement !

Alice SADIO, Présidente Nationale de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)

Patriotiquement!