Enquête Exclusive: ARCHIVE : INTERVIEW D'ANNE LUCRÈCE NTEP. " Je suis harcelée, Miss Cameroun 2009 s'exprime sur son conflit avec le COMICA"

ARCHIVE : ARTICLE PUBLIÉ EN 2009. INTERVIEW D'ANNE LUCRÈCE NTEP.
Qu’est-ce qui se passe réellement entre vous le Comité d’organisation de miss Cameroun, au point où
vous étiez absente de la cérémonie de lancement de l’édition 2010 qui doit désigner votre successeuse ?

Il se passe que, depuis mon couronnement le 29 mai dernier, le Comica multiplie les prétextes et fait du dilatoire pour m’empêcher de rentrer dans mes droits. Par exemple, je ne suis jamais entrée en possession de la Logan promise à Miss Cameroun 2009. Tantôt, la présidente du Comica dit que c’est sa voiture, tantôt que je suis mal habillée, mal chaussée. Des histoires qui ne tiennent pas debout.

Le dernier incident en date, avant celui du lancement de la nouvelle édition de Miss Cameroun, le 20 octobre dernier, c’est mon engagement dans la campagne sur la sexualité trans-générationnelle que je mène avec la Gtz et qui était d’ailleurs le thème de mon plan d’action, présenté le jour de l’élection de Miss Cameroun 2009. Après avoir donné son accord verbal, Mme Amougou nous saisit la veille du démarrage de l’opération dans un orphelinat pour demander que l’on reporte la cérémonie d’une semaine, alors que tous les rendez-vous et toute la logistique avaient été calés. Avec le partenaire Gtz, on avait convenu que je me mette à la disposition du Comica toute la journée du 20 octobre afin de prendre part au lancement de Miss Cameroun 2010. Ma campagne devait reprendre le lendemain, 21 octobre, pour s’achever le 24. J’ai signé un contrat avec Gtz que j’ai respecté, et pour tout dire, cette campagne dans les prisons, les orphelinats s’est plutôt très bien déroulée.

Parlant de contrat, que prévoit celui que la présidente du Comica vous accuse de ne pas respecter ?

Il faut d’abord relever le vice du Comica, qui n’a remis ce contrat aux candidates que la veille du concours, alors que nous étions déjà toutes sur site et que le pays attendait l’événement. Bref, impossible de discuter quoi que ce soit dans ce contrat. Mais je l’ai signé parce qu’il n’y avait plus moyen de faire marche-arrière. Le règlement de Miss Cameroun prévoit notamment un tas de lots pour la gagnante du concours : une voiture Logan, un CTPhone, un Laptop, 52 semaines de soins de beauté offertes par les Brasseries du Cameroun, un téléviseur à écran plasma de 32 pouces, une somme d’un million de Fcfa dans un compte ouvert à Ecobank…

Il était prévu que, pour la voiture, le concessionnaire la remettrait à la lauréate une semaine après l’élection, question de finaliser les formalités d’usage. Jusqu’à ce jour, je n’ai toujours pas reçu les clés de la voiture dans laquelle on voit plutôt la présidente du Comica. Bien plus, alors que le règlement prévoit de restituer 20% de tous les lots gagnés par la Miss, le Comica m’a harcelée pour demander aux Brasseries de transformer les 52 semaines de soins en argent liquide, soit 1,3 million Fcfa, parce que, disait-elle, elle avait des problèmes d’argent. Avec le million d’Ecobank, le Comica devait s’attendre donc à 460.000 Fcfa, représentant sa quote-part de 20%. Or, Mme Amougou a envoyé son collaborateur le jour où je prends l’argent à Ecobank, pour m’informer que le Comica, en plus de ses 20%, doit encore prélever 50% de mes 80% restants en prévision de mes éventuels futurs dérapages. Comment peut-on prélever l’argent d’une gagnante sous prétexte qu’on sait qu’elle commettra des fautes à l’avenir ? Et là, j’ai refusé de m’exécuter, mais après de longues discussions à l’intérieur de la banque, j’ai consenti à remettre 600.000 Fcfa au représentant du Comica, contre décharge.

Le Comica semble vous accuser aussi de légèreté, d’apparaître en public dans des tenues indécentes indignes du statut de Miss Cameroun…

C’est bien connu : quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage. La présidente du Comica – dont les accusations ne reposent sur rien – vous a-t-elle dit qu’elle m’a insultée, ainsi que ma mère qu’elle a traitée de ‘’pauvre femme’’, le jour du retrait de mon téléviseur ? C’est la même qui m’appelle un soir, à 23h, pour me dire qu’il y a quelqu’un à son domicile qui voudrait me voir. En août, elle est allée raconter à la Crtv que j’avais déjà reçu ma Logan, que j’étais partie au Congo alors qu’elle avait fait voyager plutôt ma 1ère dauphine. Pour les six mois de formation que je devais suivre en Côte d’Ivoire, elle a exigé que je paie deux billets d’avion aux représentants du Comica. Toutes ces dérives sont prévues dans quel contrat de Miss Cameroun ?

La Miss ne saurait être l’esclave ou l’objet du Comica. J’ai droit au respect. Le 21 août, la présidente m’appelle à 11h pour me dire que je dois aller remettre des lots de fibroscopie à Douala à 16h, alors que je sortais moi-même de l’hôpital, malade, ici à Yaoundé où je réside. Elle s’est mise à me crier au téléphone : «J’ai des contrats à respecter !» Je veux bien, mais il faut commencer par respecter la personne humaine en faisant une programmation sereine des activités.

A vous entendre, la rupture est consommée avec le Comica…

Il y a un contentieux qui doit être vidé. J’ai déjà fait servir une sommation d’huissier au concessionnaire de la Logan qui doit me revenir. Pour le reste, je suis tranquille. Je suis heureuse d’avoir pu, à l’occasion de la semaine de lutte contre le sida cette année, faire une campagne, grâce à Gtz, qui cadrait avec le plan d’action de Miss Cameroun sur lequel j’ai été élue.

Entretien avec E. G. S.

ARTICLE PUBLIÉ EN 2009.INTERVIEW D'ANNE LUCRÈCE NTEP.