Gambie: Après le Sénégal, Yahya Jammeh s’attaque aux médias

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A quelques semaines de la prestation de serment d’Adama Barrow, Yahya Jammeh qui visiblement ne compte pas céder son fauteuil, affûte déjà ses armes pour rester au sommet de l’Etat et s’y maintenir par
tous les moyens. L’on se souvient il y a quelques jours, Yahya Jammeh s’était attaqué aux transporteurs routiers sénégalais et aux commerçants en fermant la frontière qui relie la Gambie au Sénégal.
Dans la perspective de poursuivre ses menaces et sa tyrannie, le président Gambien a décidé de suspendre des radios privées.
»Le président Yahya Jammeh fait suspendre des radios privées. Il a même envoyé des agents des services de renseignements pour faire cesser les programmes dimanche 1er janvier. Il faut dire que Yahya Jammeh montre là sa détermination à conserver le pouvoir même si c’est par la force ». D’après nos confrères de RFI, le président Jammeh a fait suspendre Teranga FM et Hilltop radio.
Il faut dire que la première est très écoutée sur le territoire gambien où la plupart des habitants n’ont pas accès à la presse écrite, peut-être par manque de moyens ou parce qu’ils ne savent pas lire l’anglais. La radio Teranga FM jouait le rôle de relais des journaux en diffusant des revues de presse en langues locales.
Le pouvoir avait d’ailleurs attaqué ce média par le passé en raison de ce travail de relais de l’information qu’il s’attelait à exercer. Rappelons que cette radio a déjà été fermée à plusieurs reprises. Elle avait été rouverte sous conditions. Notre source indique d’ailleurs que son rédacteur en chef avait été arrêté l’an dernier, il est aujourd’hui en fuite et se trouve dans un lieu caché.
Pour ce qui est de la radio Hilltop Radio, un média de divertissement, qui ne diffuse pas d’informations politiques, elle a été également suspendue pour des raisons qui n’ont pas été clairement établies.
RFI a également mentionné qu’un salarié d’Afri Radio, propriété du groupe de téléphonie Africell, avait subi le même sort. Pour les responsables de l’ONG Reporters sans frontières, il s’agit de censure pure et simple : couper les sources d’information avant même que les médias n’aient pu faire quelque chose qui dérange. Yahya Jammeh qui compte rester au pouvoir après la fin de son mandat le 19 janvier.
afrikmag.com