Gambie: Yahya met le cap sur Malabo: le film des trois heures d’escale de l’ex-président gambien à Conakry comme si vous y étiez!

Il est 20 heures à l’aéroport de Conakry ce vendredi 21 janvier 2017. Un petit groupe de badauds mis très tôt en alerte, pris position dans les environs de l’aéroport international de
Conakry-Gbessia, un lieu où devait s’écrire incessament un pan majeur de l’histoire exceptionnelle d’un homme d’Etat déchu, celle Yahya Jammeh après 22 ans de règne sans partage et à travers lui, celles de son peuple et de tout le continent Africain.
 
 
Pendant ce temps, un dispositif sécuritaire composé d’éléments issus de tous les corps d’élite de l’armée guinéenne, y a été déployé avec des armes lourdes et des mitraillettes. Des éléments du Bataillon Autonome Spécial de la Présidence aux policiers en passant par les gendarmes, tous y étaient.
 
Sur place, on pouvait constater des pérégrinations  de certains membres du gouvernement guinéen. Certains parmi eux, ont préféré se retirer des lieux comme si l'événement n'était pas solennel. Ce désintérêt  apparent né du départ de ces hautes personnalités, n’a aucunement entamé la détermination du petit noyau de journalistes qui avait effectué le déplacement pour couvrir cet événement qui a commencé depuis Banjul, capitale de la Gambie.
Les soldats déployés pour la sécurisation des lieux, sont placés directement sous l'autorité directe du chef d'état-major général des forces armées.
L’on sentait la nervosité des militaires montées, à mesure que l’heure de l’atterrissage approchait fatidiquement. Par moments, l’on pouvait les entendre rappeler aux journalistes qui tentaient de déjouer leur vigilance pour être au meilleur endroit, «aucun journaliste n'est admis sur les lieux.»
Pris de peur et en désespoir de cause, il y en a parmi nos confrères qui ont tenté de joindre le Directeur du Bureau de la Presse de la Présidence pour qu’il puisse intercéder en leur faveur auprès de ces soldats qui étaient en faction. Mais en vain.
Il est 21H 30 TU, le vrombissement soudain des réacteurs d’un avion déchire, au dessus de nos têtes, le ciel de l’aéroport de Conakry et focalise toutes les attentions. Et une seule idée habita, sciemment ou inconsciemment, tous les esprits, celle de l’arrivée du vol tant attendu qui doit transporter les présidents Alpha Condé et  Yahya Jammeh.
Aussitôt, les soldats changent de dispositifs. C’étaient les premiers signaux envoyés pour alerter les uns et les autres que Yahya Jammeh et son hôte et frère sauveur Alpha Condé étaient effectivement sur le sol guinéen.
En un intervalle de temps réduit, des vrombissements des réacteurs du second avion de la flotte présidentielle du jour, cette-fois plus assourdissants que pour le premier avion, se font entendre. Il s’agissait en fait d’un Airbus qui portait l’estampille Air Mauritanie de la République Islamique de la Mauritanie, très facilement identifiable.
Trente minutes après, cet appareil reprend l’air, on nous apprend que se sont les bagages de Jammeh qui viennent de prendre la direction de Malabo. Pendant ce temps, Yahya Jammeh, lui-même, était encore sur le sol guinéen.
Il est 22H40, un gigantesque cortège sort de l'aéroport. C'est bien le président Alpha Condé qui venait de quitter l’aéroport, cette fois-ci, avec l’assurance que la vie du Babili Mansa ne court désormais aucun risque. Direction, le palais Sékhoutoureya, situé à Kaloum, à environ une dizaine de kilomètres de l’aéroport.
Il laisse derrière lui, un petit groupe de militaires qui se chargeait encore de veiller sur la sécurité des lieux et surtout sur celle de l’hôte de marque du jour, l’enfant de Kanilaï. Puis, un relâchement total survient dans le dispositif de sécurité. Cela nous a permis de nous introduire dans l'enceinte de l'aérogare sur le tarmac duquel était posé encore l’autre Jet frappé du drapeau de la Guinée  Equatoriale. Yahya Jammeh est à bord, nous confie une source présente sur place.
Le commandant de l'avion descend, fait le tour de l'avion. Puis, il fait un signe en direction du petit groupe d'officiels présent comme si, il leur disait, au revoir avant de remonter rapidement à bord de son appareil.
Il est 23H45. Le petit Falcon décolle de Conakry avec à son bord, l’ex-homme fort de Banjul, le Babili Mansa pour Malabo.
Par ailleurs, il est important de souligner que, contrairement à ce que certains médias de la place voire étrangers ont largement distillé la veille, l'ancien chef d'Etat gambien, Yahya Jammeh n'a jamais quitté ce vendredi nuit l'enceinte de l'aéroport de Conakry avant de reprendre les aires en direction de Malabo.
 
Une dépêche de Bangaly Touré, depuis l'aroport de Conakry Pour Guinéenews