La Maison Blanche suprime l'espagnol de son site et vexe Madrid

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a regretté lundi que le site internet de la Maison Blanche ne puisse plus être consulté en version espagnole, celle-ci ayant disparu depuis l'investiture à la présidence de
Donald Trump.
"Nous regrettons que la version espagnole de ce site internet ait été supprimée, cela ne nous semble pas une bonne idée", a déclaré le ministre Alfonso Dastis lors d'une conférence de presse à Barcelone, en marge d'un forum rassemblant les pays riverains de la Méditerrannée.
La Maison Blanche n'a pas livré d'éclaircissements sur ce point et on ignorait lundi soir si une nouvelle version en espagnol serait à terme remise en ligne.
"Compte tenu du fait qu'il y a dans le pays 52 millions de personnes qui parlent (...) l'espagnol, ce n'est pas une bonne idée de renoncer à un (tel) instrument de communication", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis comptent 56,6 millions d'habitants d'origine hispanique, soit 17,6% de leur population et à ce titre la première minorité ethnique du pays, selon le Bureau américain du recensement. Environ 40 millions parlent l'espagnol en famille, selon la même source.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle", a aussi déclaré le ministre de l'Education, par ailleurs porte-parole du gouvernement, Íñigo Méndez de Vigo. "La connaissance de différentes langues dans une société (...) démontre la richesse culturelle d'une Nation", a-t-il ajouté.
L'Espagne met depuis des années l'accent sur la promotion du castillan aux Etats-Unis, notamment à travers l'Institut Cervantès, qui dispose déjà de cinq délégations dans le pays et devrait en ouvrir deux nouvelles rapidement.
Selon une étude de 2015 menée par cet institut, les Etats-Unis sont déjà le deuxième pays au monde comptant le plus d'hispanophones, après le Mexique.
Le site en espagnol de la présidence des Etats-Unis existe depuis 2009 et a été créé par l'administration de Barack Obama. Il est inactif depuis ce week-end.
Pendant sa campagne pour l'élection présidentielle, Donald Trump avait promis de combattre fermement l'immigration clandestine latino-américaine, et avait aussi reproché à son rival pour les primaires républicaines Jeb Bush de parler l'espagnol. Son cabinet ne compte à ce stade aucun Hispanique, une première depuis près de 30 ans.
Lors des élections présidentielles, 29% des hispaniques ont voté pour Donald Trump et 65% pour la démocrate Hillary Clinton.
En Espagne, l'opposition socialiste a demandé lundi au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy de se rapprocher des pays d'Amérique latine pour mener une action diplomatique conjointe auprès de l'administration Trump.
courrierinternational.com