Manuel Valls giflé en Bretagne : Nolan, 18 ans, «n'est pas un gamin méchant»

Âgé de 18 ans, le jeune Breton qui a giflé Manuel Valls, mardi, à la sortie de la mairie de Lamballe (Côtes-d'Armor), pose, sur
son profil Facebook, en faisant une «quenelle», geste à connotation antisémite . 

«Ici, c'est la Bretagne». Ce sont les mots lâchés par Nolan, le jeune homme de 18 ans, lorsqu'il a donné une gifle à l'ex-Premier ministre Manuel Valls ce mardi après-midi à Lamballe (Côtes-d'Armor). Il aurait dit aux forces de l'ordre qu'il n'aimait pas «la manière dont Manuel Valls traitait les citoyens».



Résident de la région, il serait connu pour un rappel à la loi en 2014 pour usage de stupéfiants, selon le parquet de Saint-Brieuc. Violemment immobilisé par la garde rapprochée du candidat à la primaire de gauche, il a ensuite été remis à la gendarmerie de Lamballe, puis placé en garde à vue pour «violences sans incapacité de travail sur une personne chargée d'une mission de service public».

Il pose en faisant une quenelle sur Facebook 


Sur sa photo de profil Facebook, ce jeune homme, décrit par l'entourage de Manuel Valls comme «un jeune proche de l'extrême droite autonomiste bretonne», pose en faisant une «quenelle», geste à connotation antisémite véhiculé par le polémiste Dieudonné. Fin 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, s'était personnellement engagé contre Dieudonné, qui a été condamné à plusieurs reprises par la justice, notamment pour des propos racistes.

Nolan «n'est pas un gamin méchant»


«J'ai découvert les images en rentrant de mon travail. C'est là que j'ai su ce qu'il s'était passé», explique Guillaume, le père de Nolan, contacté par Le Parisien. «Ce geste, il lui appartient. Je ne peux pas me mettre à sa place. C'est encore un ado. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il n'est pas vraiment en phase avec notre société.»

Pour le père de Nolan, ce geste est «une forme de rébellion» mais «ce n'est pas une agression». «Il n'y a pas de haine», poursuit-il. Ce n'est pas un gamin méchant. Je pense que c'est le fait de la proximité avec Manuel Valls qui a fait qu'il est passé à l'acte. Je sais que le système actuel ne lui convient pas. Maintenant, ce qui est fait est fait. Il va devoir assumer.»

Valls va porter plainte

L'ancien Premier ministre Manuel Valls a annoncé, mardi soir, qu'il allait porter plainte contre le jeune homme, pour «ne pas laisser passer un acte de violence». «Je porterai plainte parce que c'est un coup», a déclaré à des journalistes le candidat à la primaire socialiste élargie, dans le train qui le ramenait à Paris.
«L'acte physique est violent, ce n'est pas comme la farine», a-t-il souligné, en référence à un premier incident de campagne le 22 décembre à Strasbourg, où il avait été enfariné par un homme lui reprochant l'usage du 49-3. «Si vous laissez passer un acte de violence, si vous ne portez pas plainte, vous donnez l'impression que c'est possible», a fait valoir l'ancien Premier ministre.

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