Afrique: Le pays le plus corrompu au monde s’apprête à élire son nouveau président

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Plusieurs fois repoussée, l’élection du nouveau président somalien, soutenue par l’Organisation des Nations Unies se tiendra le 8 Février 2017. Cette fois-ci, devrait être la bonne. Le calendrier s’est
enfin stabilisé.

« Un scrutin pas trop démocratique »

L’élection présidentielle ne se fera pas au suffrage universel direct. En effet, ce sont les parlementaires, soit 275 députés et 72 sénateurs, qui doivent désigner le futur chef d’État. Des parlementaires eux-mêmes élus entre octobre et décembre 2016 par seulement 14 000 électeurs délégués. Lesquels délégués sont issus du complexe système clanique qui régit la société somalienne.
Le suffrage universel direct avait été promis aux Somaliens. Il a cependant été abandonné en 2015 vu l’instabilité politique et sécuritaire que connaît le pays depuis plus de deux décennies. Paradoxalement, les élections de 2017 représentent pourtant une avancée démocratique : lors des législatives de 2012, il n’y avait que 135 grands électeurs. Ce scrutin loi d’être démocratique est synonyme d’une certaine avancée vers la démocratie.
Par rapport au scrutin de 2012, celui de 2017 est un peu plus démocratique. Il n’y a que 40% d’anciens parlementaires contre la quasi-totalité en 2012. De plus, il y a des députés beaucoup plus jeunes. Seulement, ils ne sont pas assez expérimentés.

« Une corruption à grande échelle »

On doute cependant de la justice du scrutin. Pourquoi ? Parce que la Somalie est le pays le plus corrompu au monde devant le Soudan du Sud et la Corée du Sud.  Le rapport de Marqaati révèle que des sièges à l’assemblée ont coûté jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dollars en pots de vin, qui ont atteint 2,5 millions de dollars pour un candidat de Hir-Shabelle (sud-est). Aussi un candidat du sud-ouest du pays aurait-il ainsi gagné avec 98 % des votes, après que tous les autres candidats aient été forcés à se retirer, et l’exemple n’est pas isolé.
Sauf surprise, c’est l’actuel chef de l’État, Hassan Cheikh Mohamoud, 60 ans, du Parti pour la paix et le développement (PPD), qui devrait être réélu le 8 février, lors d’un scrutin à plusieurs tours similaire aux élections récentes pour la présidence de la Commission de l’Union africaine.
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