Ce que pense Bachar Al-Assad de François Hollande

Au cours d’un entretien accordé à des médias français, le président syrien a fait part de son sentiment peu flatteur vis à vis de François Hollande.

Dans un entretien accordé à TF1 et Europe 1, Bachar Al-Assad a manifesté un certain dédain envers le président français. Invité à commenter la fin du mandat de ce dernier, le président syrien a fait part de son sentiment peu flatteur vis à vis de François Hollande. “Je ne l’ai jamais rencontré et je me fiche de lui pour être franc (…) Sa popularité était à 11% récemment, ce qui est un record pour n’importe quel président.”
Le président français s’est exprimé de nombreuses fois en faveur de la destitution du chef d’État syrien responsable, selon lui, du massacre de son propre peuple. La piètre opinion que semble tenir Bachar Al-Assad sur François Hollande révèle également que le président syrien semble suivre de près la politique française. Ces dernières années, Damas a en effet accueilli des parlementaires français malgré les réprobations du gouvernement socialiste.

Des contacts avec le renseignement français ?

Le président syrien Bachar Al-Assad affirme par ailleurs que des contacts personnels avec les services de renseignement français aurait été établis lors des ces visites. “En fait, lors de la visite d’une délégation parlementaire en Syrie, un des membres de la délégation était du service de renseignement. Donc, ces contacts existent (…) Bien sûr le gouvernement français a déclaré qu’il s’agissait d’une délégation parlementaire, mais qu’il n’était pas concerné et qu’il désapprouvait. Ce n’est pas vrai : il y a bien entendu plusieurs canaux de communications”, ajoute-t-il, sans plus de précisions.
La dernière visite de parlementaires remonte à janvier, lorsque trois députés, Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle, se sont rendu à Damas puis Alep pour y passer le Noël arménien “en solidarité avec les Chrétiens d’orient”. Deux d’entre eux, Thierry Mariani et Nicolas Dhuicq, s’étaient déjà rendus en Syrie à deux reprises depuis novembre 2015, malgré la désapprobation des autorités françaises. Ils avaient notamment rencontré en mars 2016 le président syrien.
Sur le rapport d’Amnesty international
“Ce rapport est bâti sur des mensonges. Pas un seul document, pas une seule preuve”, a déclaré le président syrien. “Nous n’avons que faire d’un tel rapport infantile basé sur du néant”, a-t-il ajouté, en accusant Amnesty “d’avoir interrogé quelques témoins qui sont des opposants et des déserteurs.” 
Dans ce rapport publié la semaine passée, l’organisation de défense des droits de l’homme accuse le régime de Bachar Al-Assad d’avoir exécuté de 20 à 50 détenus chaque semaine dans la prison militaire de Sednaya, au nord de Damas, soit entre 5 000 et 13 000 pendant les quatre premières années de la guerre civile, souvent après les avoir torturés. “Les victimes étaient dans leur immense majorité des civils soupçonnés de s’opposer au gouvernement”, a indiqué Amnesty .