Crise électorale au Gabon: l’UE débat avant le vote d’une résolution

Cinq mois après l'élection présidentielle au Gabon et la crise postélectorale, une résolution est en train d'être débattue au Parlement européen. Les députés doivent voter ce jeudi 2 février ce texte qui dénonce la situation dans le pays, les violations des droits de l'homme, et qui évoque même des sanctions ciblées.

Outre une vive condamnation des violations des droits de l'homme, les députés européens s'en prennent au processus électoral gabonais. Les parlementaires jugent que les résultats de la présidentielle « manquent de transparence et sont extrêmement douteux », ce qui « remet en cause la légitimité du président Bongo ».
Le texte va plus loin. Il demande au Conseil européen de lancer des consultations avec Libreville. Et si aucun accord n'est trouvé, il recommande des sanctions ciblées contre les responsables des violences, abus des droits de l'homme et sabotage du processus démocratique.
Quelles sanctions ? Le texte ne le dit pas, mais des gels d'avoirs et interdictions de voyager sont évoqués. Sur Twitter, le député Jo Leinen a au passage demandé à la France de ne pas bloquer d'éventuelles mesures contre Libreville.
Au Gabon, l'opposant Jean Ping pousse à la fermeté. Il demande à la communauté internationale de prendre ses responsabilités, citant en exemple le cas de la Gambie.La semaine dernière, sa coalition a déclaré attendre des sanctions, l'arrêt de la coopération économique et un boycott diplomatique.
Fin janvier, le porte-porte du gouvernement a estimé, lui, que l’opposition voulait transformer le Gabon en colonie européenne. Alain-Claude Bilie By Nze avait ajouté que le contentieux électoral était terminé et que la souveraineté du peuple gabonais devait être respectée.
Par RFI